5 leçons de survie tirées d’une vraie dystopie II

#2 Il faut s’adapter au chaos

Le boulot d’Adam l’amena à voyager dans et hors d’Egypte pendant la première transition entre la révolution et le gouvernement quasi-légitime. « La première fois que je suis arrivé au Caire après la révolution de 2011, il y avait un couvre-feu, et j’étais inquiet du fait que l’arrivée tardive de mon vol pourrait poser problème. J’en ai parlé avec ma famille, qui était venue me chercher à l’aéroport, alors même que nous arrivions à un poste de contrôle militaire. J’étais tendu, contrairement à ma famille ; ils se comportaient comme si c’était normal. Pour eux, c’était devenu le nouvel état de fait. »

« Normal » se trouve être un terme tout relatif.

C’est un nouveau type de ‘mauvais’ quand la sécurité de 
tous les jours est assurée par des gars perchés sur des tanks.

La fois suivante quand Adam est revenu au Caire, il y avait des rassemblements politiques et des manifestations à travers le pays ; les routes étaient souvent bloquées, rendant inaccessibles des quartiers entiers de la ville. Les locaux développèrent une application à succès pour aider les utilisateurs à naviguer cet environnement hautement volatile en envoyant des mises à jour sur le ‘trafic,’ telles que « des gens tirent à la kalash dans le ciel – prenez une autre route. »

Adam ne réalisa pas à quel point il était blasé face à la violence quotidienne de la ville jusqu’au jour où il observa deux factions armées livrer bataille autour d’un pont voisin en se demandant si ce raffut allait perturber son trajet de l’après-midi. « Mon principal souci était s oui ou non ils pouvaient en avoir terminé avant que mon boulot soit fini, ou si le trafic allait être un cauchemar à cause de ça ? »

Google dit que c’est rouge sur les 5 prochains km.

C’est comme planifier des vacances, sauf qu’au lieu de la pluie vous essayez d’éviter les feux de la révolution. Jim dit : « Chaque vendredi il y avait des manifs ; vous vous organisiez autour : ‘Oh, il y a une manif vendredi, restons hors du centre-ville.’ Pour l’anniversaire de la Révolution de Janvier nous sommes allés à Dahab [une petite ville à l’autre bout du pays], parce que nous savions qu’il allait y avoir de grandes manifs…vous êtes constamment devant les infos, et vous traitez les rassemblements politiques et les développements comme autant de fronts de tempête s’avançant. »

 

#1 Personne n’est neutre, même quand ils veulent l’être

Vous avez probablement regardé un certain nombre de « débats » entre des membres de la famille aux côtés opposés du spectre politique à Noël ou autre. Imaginez maintenant un débat tout aussi polarisant se tenant au milieu d’une révolution armée se composant d’extrémistes islamistes et de séculiers pro-militaires, et vous finissez dans une situation où même avoir un point de vue « modéré » peut résulter en un coup de couteau pour avoir échoué à soutenir franchement un côté ou l’autre.

Comme on l’a dit, après que le Président Moubarak a été mis dehors et que le pays a vivoté sans président pendant un an, Morsi, récemment sorti de prison, fut élu pour une législature somme toute très courte. Pendant ce temps, Jim enseignait l’anglais à des enfants âgés de 6 à 11 ans, qui est une tranche d’âge qui fait traditionnellement autant attention à la politique nationale qu’aux règles opérant dans la piscine à balle des restaurants Chuck E. Cheese.

Cependant, les gamins sont doués pour répéter n’importe quel vitriol politique qui sort de la bouche de leurs parents, peu importe qu’ils comprennent ce qu’ils disent ou non. Et, quand maman et papa reviennent à la maison en sang à cause de leur rhétorique politique, ou ne reviennent pas du tout, vous avez intérêt à croire que ces gamins vont répéter ce foutu schéma.

Les enfants, ces perroquets de la nature.

« J’enseignais l’anglais, et je leur apprenais le mot ‘voleur,’ et ce jeune de 11 ans sort, ‘Oh, les membres de la Muslim Brotherhood, ce sont des voleurs,’ » dit Jim. Comme si cela faisait partie de la leçon et le gamin rappelait gentiment qu’il ne l’avait pas étudiée. « Vous ne pouviez pas passer une journée sans parler politique. Vous vous présenteriez à quelqu’un, et ils demanderaient presque automatiquement, ‘Que pensez-vous de Morsi ? Que pensez-vous de la Muslim Brotherhood ?’ »

Que penses-tu de mon maquillage ?

Gardez à l’esprit que vous feriez mieux de faire vachement attention à comment vous allez répondre à une telle question dans un pays où un juge a récemment condamné 720 personnes à mort pour être des soutiens présumés de la Muslim Brotherhood à la suite de ce qu’on pourrait à peine appeler un procès. L’année dernière seule, le nouveau gouvernement a tué plus de 1.400 personnes et jeté plus de 16.000 en prison. La plupart était des supporteurs de Morsi – le dernier gars à avoir été foutu dehors – qui veulent qu’il revienne. Si cela arrive, il y aura une liste complètement différente d’arrestations…pour l’autre équipe.

Etc., etc.

Robert Evans

http://www.cracked.com/personal-experiences-1406-5-survival-lessons-from-inside-real-world-dystopia.html

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5 leçons de survie tirées d’une vraie dystopie I

Les films adorent les histoires de héros renversant des régimes maléfiques, et dans ces histoires, il y a trois types de personnages, pas plus :

  1. Les héroïques révolutionnaires
  2. L’empire maléfique
  3. Les civils sans nom courant et hurlant dans le fond

On n’a jamais droit au récit du point de vue de ce dernier groupe – même si la vaste majorité d’entre nous tombe dans cette catégorie, si un changement de régime venait à se manifester sur notre territoire.

Eh bien nous avons parlé avec deux résidents du Caire, en Egypte, qui ont vécu pas une mais deux révolutions en bonne et due forme en moins de temps qu’il n’en faut pour réaliser la toute dernière suite de Transformers. Le premier est Adam, un Égyptien résidant au Caire pendant le renversement de Moubarak en 2011, le second Jim, un étudiant britannique et enseignant au Caire pendant le renversement de Morsi en 2013. Voici ce qu’ils nous ont dit sur leur façon de vivre au quotidien une fois que le monde qui vous entoure perd la boule :

 

#5 Le chaos pst-révolutionnaire est putain de terrifiant

Voilà le truc quand il s’agit d’un renversement de régime, même si ledit régime est plein de cons : c’est en général suivi d’une période pendant laquelle personne n’est en charge. Et si vous pensez que c’est plutôt sympathique, c’est tout simplement parce que vous n’avez jamais vécu cette expérience – imaginez un monde où si quelqu’un rentre chez vous par effraction dans un accès de colère, vous ne pouvez absolument personne. Ouaip, c’est en gros le scénario de The Purge.

Les militaires eux non plus ne sont pas épargnés.

C’était le cas pendant les deux révolutions égyptiennes – il y a eu des périodes où les flics…ont simplement jeté l’éponge et sont partis. Comme vous pouvez l’imaginer, c’était un Noël surprise pour n’importe quel criminel ou aspirant criminel. À ce moment-là, la population a pu prendre le relais et administrer une justice digne du Far West, ce qui en général se traduit par une foule tabassant un homme jusqu’à ce que mort s’ensuive ou une foule lynchant un duo de supposés voleurs.

Comme le cairote Adam nous l’explique : « Imaginez un voleur pendu à un lampadaire. Il a été battu presque à mort. C’est l’euphorie autour de lui ; ceux qui l’ont arrêté se réjouissent de leur application rapide de la justice. Certains prennent des photos avec leurs portables. »

Il n’y a jamais trop de violence pour prendre un bon selfie.

Ces types étaient-ils vraiment coupables ? Qui sait – une foule de révolutionnaires en colère dont la rage est sur le point de déborder est soumise à encore moins de supervision que les flics égyptiens corrompus qui les tabassaient jusque-là injustement. Comme le dit Adam, « ils en sont graduellement venus à appliquer une ‘loi’ qui est essentiellement le résultat de leurs propres opinions et parfois de leurs humeurs. »

Jim, l’étudiant/enseignant britannique qui travaillait au Caire pendant la seconde révolution, devait éviter complètement les manifestations – les blancs ne passent pas vraiment inaperçus en Egypte, et la rumeur circulait que les étrangers étaient des espions en mission, œuvrant pour le dirigeant haï au pouvoir du moment. « Vous preniez un risque ne serait-ce qu’en jetant un coup d’œil. C’était une blague récurrente entre mes amis et moi … que je ressemblais à un espion. » Jim n’était pas juste parano – un étudiant américain a été poignardé à mort lors d’une manif de rebelles pro-armée entourant un bureau de la Muslim Brotherhood. Il n’essayait pas de bloquer l’entrée ou de retenir qui que ce soit, il ne faisait littéralement que passer, n’était à l’évidence pas Égyptien, et il a récolté un couteau dans la poitrine en conséquence.

Le fait est que de vastes groupes de personnes en colère ont tendance à ne pas prendre les meilleures décisions, et tout d’un coup leur donner les rênes du pouvoir après des décennies d’une pacification par le gouvernement fait passer du stade de « juste colère de la révolution » à celui de « colère moralisatrice de la révolution, » jusqu’à qu’au final ce qu’ils vous reste c’est de la colère pure et simple. Et une fois que le gouvernement est hors-jeu, la seule chose qu’il reste pour évacuer cette colère sont les gens pour qui vous prétendiez combattre pour commencer.

Adam se souvient : « Alors que je passais à côté de l’un de ces rassemblements, qui avait eu la mauvaise idée d’installer des barricades sur l’une des artères routières … j’ai regardé la joie avec laquelle ils ont commencé à refuser le passage aux voitures qui s’étaient accumulées, les forçant à faire demi-tour et à s’éloigner. Cela a bien pu être pour une cause politique à l’échelle macroscopique, mais à l’échelle microscopique il y avait une impression indéniable de tournis. »

Parfois c’est juste fendant d’ériger des barricades.

Ce tournis était sans aucun doute né du triomphe ressenti lorsque la population a tenu tête à un gouvernement oppressif. Mais au bout d’un moment vous réalisez que certaines personnes dans la foule n’y voyaient qu’une excuse pour harasser les gens sans peur de représailles. C’est pourquoi, on imagine, les révolutions résultent souvent en révolutions supplémentaires – le mouvement est repris par des gens qui veulent simplement que leur tour arrive.

 

#4 Vous devez vous faire un paquet d’amis, et vite

Alors, comment les choses en sont-elles arrivées là ?

Eh bien, en janvier 2011, les Cairotes sont descendus sans les rues pour protester contre le chômage, la corruption au sein du gouvernement, et plus ou moins toutes les humiliations auxquelles les gens déchus de leurs droits sont soumises. Le Président Moubarak, répondant avec la réserve typique d’un dictateur, a envoyé des brigades avec ordre de cogner sur les dissidents pour leur faire changer d’avis. L’apothéose a été atteinte le 25 janvier, le « jour de la rage, » qui ressemblait exactement à ce que le nom suggère.

Ce fut un jour faste pour les vendeurs de torches.

Plusieurs postes de police et prisons furent pris pour cible par les révolutionnaires liés à la Muslim Brotherhood, une organisation internationale qui avait récemment annoncé son soutien au soulèvement, ce qui eut pour conséquence l’évasion systématique de 20.000 prisonniers, y compris une poignée de membres haut placés de la MB (dont l’un d’eux, Mohammed Morsi, allait devenir Président – jusqu’à ce qu’il soit démis un an plus tard quand les événements allaient se répéter). La police réalisa qu’ils étaient dépassés et abandonna les citoyens à leur sort.

Et, au moment même où le dernier flic a laissé tomber son bouclier anti-émeute et s’est enfui en criant, des gangs de pilleurs ont commencé à arpenter les rues tels des pelotons de bikers australiens. Les êtres rationnels comme Adam ont du se grouper pour essayer d’assurer la sécurité de la population une fois que la police s’était retirée. « Les gens sont descendus dans les rues et ont installé des points de contrôle dans leurs quartiers… Si vous ne saviez pas qui étaient vos voisins, alors vous couriez le risque de ne pas savoir qui était ou n’était pas une menace potentielle, et, plus important, il aurait été difficile de déterminer à qui vous pouviez faire confiance en cas de coup dur (comme ça arrivait parfois). »

Si vous ne savez pas quels points de contrôle sont gérés par des cons,
vous devez supposer qu’ils le sont tout.

En d’autres termes, si la seule fois que vous avez discuté avec votre voisin était pour demander qu’il baisse la musique, il y a des chances pour que vous ne soyez pas capables de faire équipe et de forme une Coalition du Nouveau Monde au cas où la société tout entière s’effondrerait. Vous serez livrés à vous-même, et ça va poser problème. « Les communautés les plus soudées s’en sont le mieux sorti ; quand elles joignirent leurs ressources, elles prirent le contrôle de vastes zones et furent capables de contrôle l’accès grâce à une présence permanente… Pourquoi attaquer un endroit protégé par 20 personnes armées quand il y a des lieux avec presque personne dans les rues ? »

Alors si votre stratégie pour l’apocalypse est de vous barricader chez vous avec un fusil et six mois de spaghettis, soyez tranquilles que les escouades de pilleurs qui arpentent la rue dans tous les sens ont bien noté le fait que vous êtes complètement seul. Il vaut toujours mieux faire partie d’un groupe formé de gens qui pensent plus ou moins de la même manière, même si cela veut dire partager vos spaghettis.

 

#3 Stockez des choses inattendues

Si la vérité est la première victime d’une guerre, les pharmacies bien fournies sont très certainement la seconde. Adam se souvient que les livraisons de médicaments pendant la révolution étaient, au mieux, « intermittentes, » qui est un mot signifiant ici « bon courage avec votre diabète, mon ami. » Les couches disparaissent rapidement, et leur absence s’est faite sentir « de la manière la plus…offensant possible. »

Ces trucs bouffants blancs sont l’épée de Damoclès de la civilisation.

Adam était jeune, en bonne santé, et dénué d’enfant au début 2011, juste avant que tout parte en vrille en Egypte, alors vous pourriez penser qu’il aurait été plus ou moins ok à l’intérieur de sa maison avec un ordi portable. Vous auriez complètement tort. Vous voyez, juste avant que le Président Moubarak soit foutu dehors, le gouvernement égyptien en lutte coupa tous les accès internet dans une ultime tentative d’empêcher une révolte généralisée, espérant supposément que le désir des gens de télécharger Game of Thrones surpasserait leur désir de se libérer d’une subjugation trentenaire.

Le black-out s’est étendu au-delà d’internet – les téléphones portables furent également mis hors service. Alors, cela peut sembler être un désagrément mineur, mais pensez à ce qui pourrait se passer si chaque réseau de communication dans le pays tombait soudain en panne. Cela signifie aucune transaction électronique, ce qui veut dire que tout doit être payé en liquide dans un contexte de mécontentement s’exprimant de plus en plus illégalement. Question, combien de liquide avez-vous à portée de main ? Maintenant, imaginez que vous êtes dans cette situation pendant que vous visitez un autre pays, comme ce fut la cas pour Jim.

Chaque retrait au distributeur fait de vous un écureuil 
autour d’un point d’eau dans le désert du Serengeti.

Seuls quelques rares distributeurs fonctionnent encore, mais ils sont dans des lieux publics dans une ville où tout d’un coup la présence policière est devenue quasi-inexistante. Si les gens voulaient payer la nourriture avec quoi que ce soit d’autre qu’en passant par le troc, ils devaient s’aventurer dehors pour retirer de l’argent, ce qui est l’équivalent de nager dans les profondeurs océanes dans un costume de thon.

Vous voyez, c’est le revers de la médaille qui n’est jamais mentionné dans les aventures épiques « Faisons sa fête à l’empereur » telles que Braveheart, Star Wars – le fait que pendant les révoltes historiques, la plupart des gens essaie toujours d’aller au boulot, de faire les courses, et de vivre leur vie. Ce qui veut dire…

Mon riche pays est devenu une dystopie du jour au lendemain II

#3 Les tentatives pour stabiliser l’économie ont engendré une spirale de la mort

On a entamé cet article avec des images d’étagères vides. Mais si faire la queue pour acheter des tampons n’est pas très marrant, laissons notre source établir clairement à quel point les choses peuvent empirer :

« Ma famille comprend de nombreux médecins. Ils ont une clinique. Vous ne pouvez pas trouver d’aspirine, ou de produits de base comme des pompes stomacales et des scalpels. La seule société qui produit de l’adrénaline synthétique a quitté le pays à cause du strict contrôle monétaire. Les sociétés ne peuvent importer de fournitures médicales. Alors vous vous rendez dans n’importe quel hôpital, et vous pouvez voir des gens par terre, saignant et mourant parce qu’il n’y a pas assez de lits, de scalpels, de détergents… »

Une des salles a une serpillière. C’est la meilleure salle.

Sont faites des références à des choses telles que « le contrôle monétaire, » et on n’a pas l’intention de vous ennuyer avec une leçon sur le fonctionnement de l’économie, si ce n’est pour attirer l’attention sur le fait que personne ne comprend vraiment comment une foutue économie fonctionne. Rappelez-vous que les investisseurs les plus riches et les plus intelligents aux USA ont perdu des milliards dans le krach du marché en 2008 parce qu’ils n’avaient aucune idée que ça allait se produire. Les effondrements n’ont du sens qu’avec du recul, et essayer d’en arrêter un en marche équivaut à faire atterrir les pièces de votre Jenga en sorte qu’elles forment une nouvelle tour.

Souffler comme un buffle sur un système économique en déroute ne marche que 10% du temps.

Alors quand les choses ont commencé à partir en couille, le gouvernement a décidé de prendre le volant et de tenter un dérapage contrôlé. Vous imaginez bien comment en période économique difficile, les gens aux USA tendent à blâmer les étrangers (comme ces foutues sociétés chinoises qui volent nos emplois, ou ces Mexicains fainéants qui volent nos impôts) ? Eh bien, c’est arrivé là-bas aussi. Le sentiment était que le Venezuela était exploité par tous ces foutus pays étrangers. Alors le gouvernement a commencé à saisir les actifs des sociétés étrangères faisant des affaires localement. (Ou plutôt, à les « acheter » pour une fraction de leur valeur – Exxon, par exemple, fut obligé de « vendre » 900 millions de $ d’actifs pour 250 millions de $.) Le gouvernement, bien évidemment, n’avait pas la moindre idée de comment gérer ce qu’il avait acquis, et les choses n’ont fait qu’empirer. La monnaie du pays est devenue pour ainsi dire sans valeur, et l’économie a sombré dans le chaos.

Les riches se sont rapidement mis à échanger leur monnaie locale (les bolivars) pour de bons vieux dollars qui maintiennent leur valeur, alors le gouvernement a également rapidement rendu le procédé illégal. Mais les entreprises ne pouvaient plus importer de biens, vu qu’elles ne pouvaient pas utiliser de dollars et que personne en dehors du Venezuela ne voulait de leur PQ monétaire. Et ça, mes amis, est comment vous obtenez une crise de pénurie dans laquelle acheter du PQ coûte un bras et les patients dans les hôpitaux finissent par dormir sur le sol.

La valeur actuelle des bolivars se situe entre l’argent de Monopoly et les jetons Chuck E. Cheese.

C’est aussi comme cela que vous donnez naissance au marché noir. L’élément qui a le plus de valeur ? Les dollars US. « Il existe un site web, Dollar Today…en ce moment, vous pouvez acheter 1$ pour 900 bolivars. Le salaire minimum au Venezuela est de 9.000 bolivars par mois. Il y a des gens qui achètent des dollars, attendent qu’ils montent, puis les revendent. C’est le marché le plus sûr qu’a le Venezuela. Parce qu’ils augmentent en permanence, et vous ne perdrez jamais votre investissement. »

Vous avez bien lu ? Quand ils parient sur le fait que le dollar continuera à augmenter, ils veulent dire par rapport à leur monnaie locale. Ils parient que leur pays va continuer à s’enfoncer dans la merde.

 

#2 Les gens au pouvoir peuvent devenir des criminels

Comme on l’a mentionné, le Venezuela est l’un des pays les plus corrompus au monde, ce qui rend difficile la mise en application du machin « paradis socialiste. » Transparency International ordonne les pays selon leur niveau de corruption, et en 2015 le Venezuela a fini 158ème sur 167, derrière des bastions de la bonne gouvernance tels que la Syrie et le Myanmar. Voilà un exemple rigolo : 90% du Venezuela souffre d’un manque de lait en poudre, parce que la compagnie publique chargée de le distribuer aux enfants atteints de carence a été prise en flagrant délit de le vendre à la Colombie.

Pas la poudre blanche qu’on associe généralement au marché noir sud-américain.

La plupart d’entre vous a la chance de vivre dans un pays où dire « les politiques sont des criminels » n’est souvent pas littéralement vrai. On dit que des sénateurs sont corrompus parce qu’ils acceptent de l’argent des lobbys et accordent des contrats à des sociétés gérées par leurs amis. C’est pénible, mais au moins ils n’essaient pas de vendre directement du crack dans la rue. Mais s’il n’y a pas suffisamment de système policier pour s’assurer que les pneus ne sont pas volés, alors il n’y en a certainement pas assez pour s’assurer que la famille du président ne trafique pas de la drogue.

Ainsi, deux neveux du président actuel ont été pris la main dans le sac en essayant de faire passer 800 putain de kg de cocaïne aux USA via Haïti. Ce n’était pas leur passe-temps. Le gouvernement et les cartels de la drogue se travaillent pas juste main dans la main ; ils font le sexe ensemble et essaient de nouvelles positions que la plupart des gens ne peuvent qu’imaginer. Deux officiers de l’armée ont récemment été condamnés pour trafic de drogue. Le chef actuel de la Garde Nationale a été inculpé pour avoir accepté de l’argent des cartels pour les prévenir à l’avance d’éventuels raids. Deux hauts gradés de la police ont été inculpés pour avoir blanchi de l’argent de la drogue. On pourrait continuer pendant un bail.

On demandera à ce spécialiste de la lutte anti-drogue dès qu’on aura fini de l’inculper.

Alors comment un gouvernement aussi corrompu et incompétent reste-t-il au pouvoir ? Eh bien…

 

#1 La pénurie peut être une arme

L’opposition aux USA et au capitalisme fait partie intégrante de la politique vénézuélienne, en partie parce que les USA font un bouc émissaire idéal et en partie parce qu’on a un tantinet essayé de foutre dehors ou de tuer Hugo Chavez a moult reprises. Désolé. « L’un des premiers et des plus importants accomplissements d’Hugo Chavez a été de créer un état d’esprit national dans lequel le ‘Peuple’ était pauvre, nécessiteux, soutenant ses idéaux, et le reste se composait des dissidents, des traîtres, ou Pitiyanqui.’ »

Cela signifie « petit Yankee, » et Chavez a commencé à se servir de ce mot en 2008, quand l’économie s’est mise à s’affaiblir. L’implication était que si vous étiez un vénézuélien patriote, ces pénuries ne vous dérangeraient pas parce que vous n’en auriez rien à faire des biens matériels. Mais cela fait partie de l’intrusion de la politique dans tout le reste au Venezuela. Le gouvernement se sert des pénuries pour identifier et faire honte aux « dissidents » – ce qui dans ce contexte veut dire quiconque veut une cuisine contenant des en-cas.

La politique anti en-cas de Chavez était de type « Faites ce que je dis, pas ce que je fais. »

On a interviewé notre source au beau milieu d’une élection, et la propagande gouvernementale prétendait que l’opposition se liguait avec les USA pour créer les pénuries. Dans une pub télé, une humble pauvre femme attend sa maison gouvernementale gratuite. Elle demande quand elle sera prête, seulement pour s’entendre répondre que maintenant elle doit la payer. Alors elle se réveille de son horrible cauchemar et décide de voter pour le gouvernement avant que l’opposition ne prenne le pouvoir et ne la condamne. « Si vous votez pour l’opposition, on vous dit que vous allez perdre votre maison, vos privilèges, que vous ne pourrez plus acheter de la nourriture. C’est un message très fort. »

Mais pas assez fort, étant donné que les élections ont eu lieu depuis et ont vu le parti de l’opposition faire une avancée significative. Mais le gouvernement n’est pas resté à rien faire en acceptant la défaite. Deux jours plus tard, notre source nous a dit que le PQ avait une fois encore disparu, même sur le marché noir. Rappelez-vous ça quand vous voterez pour le président, les Américains. Quelque haine que vous ayez pour l’un des candidats, ils ne vont pas vous retirer le PQ juste par mépris.

 

Robert Evans

http://www.cracked.com/personal-experiences-2128-my-wealthy-country-became-dystopia-6-realities.html

Mon riche pays est devenu une dystopie du jour au lendemain I

On aime les histoires apocalyptiques parce qu’une partie de notre psyché pense que ça serait assez marrant. Pas de factures à payer, pas de boulot auquel se rendre en traînant les pieds – la vie  ramenée à ses caractéristiques fondamentales. Vous ne regardez pas The Hunger Games en vous demandant ce que ça ferait d’avoir une rage de dent ou une mycose génitale que vous ne pouvez pas traiter. Et vous ne vous dites certainement pas que c’est quelque chose qui pourrait vraiment arriver.

Mais comme on aime à le dire dans ces articles, il y a toujours une apocalypse quelque part. On parle ici de pays dans lesquels la vie était plus ou moins normale il y a quelques années, jusqu’au jour où tout s’est écroulé. L’exemple d’aujourd’hui : le Venezuela. Un temps en voie de devenir un centre majeur de production d’électricité, le Venezuela est désormais l’un des plus pauvres et plus dangereux pays sur Terre. Nous nous sommes assis avec un de ses citoyens pour apprendre ce qui arrive quand l’économie et le gouvernement de votre pays…s’arrêtent tout simplement.

 

#6 N’importe quelle économie peut soudainement s’effondrer

Ci-dessus et ci-dessous vous trouverez deux images de ce à quoi ressemblent les rayons de la supérette locale de notre contact, en milieu de journée typique.

Rien d’autre que des Doritos. Pire que rien du tout, en fait.

Les photos n’ont pas été prises à la veille d’une fête-nationale-excuse-pour-se-bourrer-la-gueule. La nourriture n’est…tout bonnement plus là. Dans les rares occasions où les magasins ont des stocks, les gens font la queue dans des lignes qui s’étirent sur tout un pâté de maisons et qui font passer celles de l’Allemagne de Weimar pour des petites joueuses. Tout ça pour mettre la main sur de la farine, du savon, ou le mythique Coca-Cola.

Ils parlent des apparitions de stocks comme autant d’apparitions de Bigfoot.

Notre source a pris cette photo en toute illégalité, soit dit en passant. Les photos des queues pour le pain, dit-il, « ‘promeuvent le malaise et donnent une mauvaise réputation au pays.’ J’ai risqué recevoir une amende ou avoir mon appareil photo confisqué. »

Heureusement qu’il y a le zoom.

’est là où vous vous dites, « Eh bien, c’est ce que vous récoltez pour avoir semé les graines du radical-socialisme. Mais ça ne pourrait jamais arriver en Amérique ! » Mais jusqu’à récemment, leurs supérettes ressemblaient exactement aux vôtres, hormis les accents supplémentaires sur les noms de leurs produits. Maintenant, les Vénézuéliens n’ont légalement le droit de faire leurs courses que deux fois par semaine, et ils doivent espérer avoir choisi un jour qui n’apparaît pas sur l’agenda chargé des pilleurs de toutes sortes. Il n’y a pas eu de maléfique complot communiste, tout juste un enchaînement de mauvaises décisions. On ne dit pas qu’il est probable que vous vous réveilliez un jour et subissiez le même sort, mais cela n’est pas impossible. Une économie peut être une chose fragile.

Soyez heureux de pouvoir faire vos courses en ligne…pour le moment.

Mais les catastrophes donnent naissance à des opportunités. L’une des rares industries vénézuéliennes en forte croissance tourne autour du fait d’aider les gens ayant de l’argent à disposition d’éviter les pires pénuries qui soient. Les ‘bachaqueros’ (« insectes voraces, » en gros, alors ce n’est pas vraiment une position respectée) achètent tout ce qu’ils peuvent trouver, puis le revendent au marché noir. Notre contact nous explique, « Une brique de lait se vend 1$. Les bachaqueros la vendent 8 à 9$. Cela sape l’économie parce que le quidam moyen ne peut pas accéder à ces produits. Le salaire minimum que la plupart des gens touche ne suffit pas. »

Les bachaqueros font ami-ami avec les propriétaires des supérettes ou les caissiers pour passer outre les limitations d’achats imposées et suivies grâce aux empreintes digitales. Le pékin moyen ne peut acheter que deux briques de lait par semaines…à moins qu’il n’aille voir les bachaqueros, qui détournent les règles en stockant au maximum. Vous pouvez également payer les bachaqueros pour faire la queue à votre place, ce qui pourrait passer pour de la fainéantise jusqu’à ce que vous découvriez qu’une queue peut durer cinq à six heures. On en arrive au point où les médias sociaux sont utilisés pour discuter de stratégie pour le PQ. « Vous pouvez demander Instagram ou Twitter. Les gens vous trouveront, et là vous pouvez acheter en gros. On a 50 rouleaux à disposition, et on stocke dès qu’on peut, parce qu’on ne sait pas quand arrivera la prochaine pénurie. L’alternative la plus courante est de se doucher juste après être passé aux gogues. Le billet le plus petit de notre monnaie est également utilisé comme PQ parce qu’il n’a quasiment aucune valeur. »

On est pratiquement certains que ce n’était pas une façon de parler.

 

#5 Vous ne pouvez plus tout d’un coup sortir de chez vous quand il fait sombre

Le taux de criminalité au Venezuela est hors de tout contrôle, parce que vous aussi vous songeriez à vous y mettre si vous deviez attendre six heures pour mettre la main sur les ingrédients nécessaires à un sandwich. Caracas, la capitale, est désormais plus mortelle que Baghdâd. On a déjà expliqué à quel point il est terrifiant de vivre là-bas, mais la vie peut être tout aussi dangereuse hors de la ville.

Élément de preuve n°1 : ce qu’on appelle « une contredanse vénézuélienne. »

C’est la voiture de notre source. Alors qu’elle été garée en face de sa maison, quelqu’un s’est tout simplement pointé et est reparti avec ses pneus. Et bien sûr il ne peut pas les remplacer parce que les pénuries ne se limitent pas à la nourriture. C’est de tout qu’il s’agit. « Il n’y a pas de mesures contre les voleurs ; tout le monde peut faire ce qu’il veut. Et je ne peux pas aller à la police parce que soit les policiers sont dans la poche des criminels, soit ils choisissent de ne rien faire. »

Ne demandez pas où ils ont eu ces pneus.

Mais au moins notre contact n’a pas été, vous savez, assassiné. C’est déjà ça. «  Après 18 heures, personne n’est en sécurité. Vous voyez de moins en moins de gens aller dans les boîtes ou au cinéma, parce que sortir est une expérience terrible. Si vous sortez et que vous n’avez rien [de valeur sur vous, les criminels] vous tuent quand-même. Parce que vous n’avez aucune valeur. Les voleurs ont constaté que même s’ils usent de violence, ils sont rarement condamnés pour leurs crimes. Les flics eux-mêmes n’entrent pas dans les zones sous contrôle des gangs. »

Pourquoi la police ferait-elle des efforts pour arrêter de dangereux criminels quand leur récompense serait, au mieux, une augmentation ou un bonus qu’ils pourraient dépenser en…rien ? Mieux vaut être du côté des gens qui ont accès à la nourriture et au PQ, même si pour cela ils doivent assassiner d’autres personnes.

Ok, voilà la question en suspens à la lecture de tout ça : Comment un pays jusque-là stable atteint-il le point où sortir quand il fait nuit est courir le risque de se faire tuer ? Y a-t-il une invasion qui a décimé le gouvernement et les infrastructures ? Une catastrophe naturelle ? Ont-ils parié les finances publiques sur la victoire des Seahawks lors du Super Bowl l’année dernière ? Que nenni ! Et en fait, on parie que c’est quelque chose que vous ne soupçonneriez jamais…

 

#4 Votre essence bon marché est leur cauchemar

Vous vous souvenez comment il y a cinq ans ont été certains que le monde allait être à court de pétrole et que le prix de l’essence a flambé jusqu’à 4$ le gallon [3,8 l] ? Et vous remarquez que maintenant vous ne payez que 1,75 $ pour le même volume (en fonction de là où vous habitez) ? C’est parce que les prix mondiaux du pétrole se sont effondrés. Alors c’est une bonne nouvelle pour les travailleurs qui doivent prendre la route matin et soir, mais une mauvaise nouvelle pour des pays comme le Venezuela.

« On a besoin d’une taxe carbone pour financer les achats de lait des vénézuéliens ! » 
Un plan qui sera populaire auprès de tout le monde.

Vous ignorez probablement que le Venezuela a plus de pétrole que quiconque. Si, si – ils sont assis sur plus de pétrole que l’Arabie Saoudite, et ils ont en plus que l’Iran et l’Irak cumulés. Trois fois plus que la Russie. Alors à l’époque, cela ne semblait pas être une si mauvaise idée quand Hugo Chavez a dépensé des milliards dans des programmes d’aides sociales. Les prix du pétrole étaient au plus haut et les profits croissaient, alors pourquoi ne pas répandre la manne ? Après tout, même le Koweït donne régulièrement du liquide et de la bouffe à ses citoyens avec leurs revenus pétroliers ubuesques. L’Arabie Saoudite également.

Mais quand les prix ont chuté, et continué à dégringolé, et que cela a été un choc imprévu pour le gouvernement vénézuélien, qui avait plus ou moins supposé que le pétrole continuerait à augmenter jusqu’à ce qu’on l’épuise ou que la Terre passe à une utopie post-monétaire de type Star Trek. « Mais, » vous pensez probablement, « pourquoi tout le monde n’était-il pas plein aux as du temps où nos conducteurs payaient comme des vaches à lait ? » Bonne question. Une partie de la réponse réside dans le fait que le pays était ridiculement corrompu même en ces temps de vaches grasses. Pendant des années, le gouvernement autorisa les hommes d’affaire à siphonner des dizaines de milliards de $ de revenus pétroliers. Alors au lieu d’avoir un pécule de côté pour que le pays continue à fonctionner en temps de vaches maigres, le Venezuela s’est retrouvé gros Jean comme devant.

Ci-dessus : l’économie vénézuélienne.

Alors l’argent du pétrole s’est tari, et toutes les choses auxquelles vous vous attendriez qu’un gouvernement socialiste les fournisse – l’eau, l’électricité, la police – sont tout à coup devenues non fiables ou inexistantes, forçant les gens soit à passer par des organismes privés coûteux soit à faire sans. Un système qui semblait non dénué de défauts mais solide (« Ok, il y a de la corruption, mais on nage dans un océan de pétrole putain ! ») s’est révélé être un château de cartes. Et une fois que les choses commencent à dégénérer…

6 mythes sur les flingues que vous devez à Hollywood II

# 3 Les fusils à pompe sont des machines à nettoyer les pièces en tuant tout le monde

Nommez une arme qui déchire plus que le fusil à pompe. Quoi ? Tant que notre patente pour une tronçonneuse faite de piranhas n’est pas approuvée, vous ne pouvez pas ? C’est parce que c’est putain d’impossible (pour l’instant). Et si vous n’êtes pas d’accord, alors Mad Max.

 

Le fusil à pompe a gagné sa réputation du fait qu’il est énorme, possède un gigantesque canon, et tire un essaim de plomb mortel en fusion qui ne nécessite aucune précision de la part du tireur. Prenez cette scène, que l’on doit à John Woo :

La seule raison d’utiliser un autre flingue serait pour le fixer à votre fusil à pompe.

Le fusil à pompe propulse une poignée de billes en plomb dans les méchants avec un rayon si vaste qu’il peut en toucher plusieurs à la fois. C’est l’arme idéale pour décaniller un tas de zombies d’un coup ou atteindre des criminels en tout genre sans prendre la peine de viser. Et alors que vos amis se vantent de leur précision en tirant sur des canettes en alu posées sur des bûches, vous pouvez lancer : « Merde à vos canettes, j’ai fait sauter la bûche et tous les arbres alentour. » Les fusils à pompe sont tellement cools.

C’est la répartition réelle d’un fusil à pompe de calibre 12 bourré de chevrotine de type .00 (pour arrêter un chevreuil en pleine course typiquement). Vous noterez que c’est bien plus étendu que l’impact d’une balle de pistolet. Vous noterez également que c’est bien trop restreint pour toucher autre chose qu’une seule cible, et vue que les grains de chevrotine sont beaucoup plus petits que les balles, il faut être sûr de grouper le tir pour espérer être dangereux.

Alors quoi que vous fassiez ce fusil à pompe avec deux canons ne touchera qu’une personne à la fois. Ou, peut-être, 3 abeilles.

 

# 2 Mortel au stand de tir = Mortel dans la vraie vie

Pensez à n’importe quel film ou l’aspirant dur à cuir doit prouver sa valeur sur le terrain en s’entraînant au tir devant une cible en papier. Quand les flics veulent frimer, une scène dans un tel stand de tir est la manière la plus simple d’établir leur talent. Idem pour « quelqu’un » comme Robocop :

…ou une fille mignonne avec un goût pour les écharpes hors de prix, comme dans Castle :

…Dans le monde réel, les gens ne sont pas aussi cools et précis quand ils tirent sur quelque chose qui n’est pas un bout de papier immobile. Pour spécifier, après avoir étudié plus de 200 interactions violentes, absolument aucun lié n’a été établi entre le talent au stand et l’efficacité en situation de combat réel. Aucun. Hollywood vous enseigne que le type armé qui atteint le centre de la cible à 30 m au stand déchire un max, mais la science prouve que c’est de la foutaise (et l’armée ne conseille même pas de pratiquer le tir à longue distance avec pistolet dans ses manuels de formation).

D’après la source que nous avons donnée, « l’élément le plus important de loin pour la survie d’un officier au cours d’une confrontation armée est l’abri. » Se mettre à couvert. Pas vraiment se cacher mais avoir l’expérience pour reconnaître ce qui pourrait servir de protection la plus efficace. Si vous avez deux types au stand, celui qui peut déterminer le meilleur endroit pour se mettre à l’abri sera 60% plus efficace dans un échange de coups de feu que celui qui touche le centre de la cible 10 fois sur 10…

Heureusement que ces vitres me protègent…

On dirait qu’Hollywood cherche à ce que vous périssiez dans une fusillade.

 

# 1 Les balles réduisent les gens en bouillie

Chaque action engendre une réaction égale et opposée. Quand on applique cette loi élémentaire de la physique, on en arrive à la conclusion que les très gros calibres devraient propulser les gens. Un Desert Eagle .50 est certain de faire basculer la victime à la renverse, alors qu’un fusil à pompe est suffisamment puissant pour envoyer les méchants voler à travers des baies vitrées…Le fameux fusil Barrett de calibre .50 dans Smoking Aces en fait la démonstration :

C’est probablement le premier cliché hollywoodien concernant les armes à feu. Et il viole tellement les lois de la physique qu’on peut penser que son utilisation répétée est le fruit de Syndromes de Stress Post-Traumatique. Regardez cette nana user de son flingue :

Si vous regardez de près, vous verrez bien la réaction égale et opposée. La culasse va en arrière, et le pistolet remonte dans sa main. Notez que son corps ne bouge pratiquement pas, bien que la force totale du recul doive être égale à la force déclenchée par cette balle. Et si vous ne nous faites pas confiance, voilà pour vous l’unité de formation au armes à feu du foutu FBI :

« L’impact de la balle sur le corps n’est pas plus que le recul de l’arme qui l’a tirée. Le ratio masse de la balle vs masse de la cible est trop extrême. »

Plus d’essence…mais quelques balles devraient m’amener jusqu’au boulot.

…Dans une vraie fusillade, n’importe qui peut être John McClane. Ou alors le type meurt sur le coup. On a déjà fait remarquer que les blessures par balle ne sont mortelles que dans 5% des cas. Vous supposez probablement que les autres 95% sont sortis du combat dès qu’ils ont été touchés. Cette supposition ne se vérifie pas dans les faits, comme avec cet échange de coups de feu à Miami, dans lequel 8 agents du FBI vidèrent leurs pistolets (et un fusil à pompe) sur deux cambrioleurs de banque ne portant pas d’armure pendant quatre minutes.

« Même à la fin il a fallu plusieurs coups de feu d’un fusil à pompe et six balles supplémentaires d’un pistolet pour mettre fin à l’échange…certains des grains des cartouches du fusil à pompe atteignirent les assaillants à la tête, mais ne les stoppèrent pas sur le coup. Les flingues ne sont pas les instruments permettant d’arrêter les attaquants d’un seul coup de feu que l’on croit. »

On a rapporté que des assaillants continuaient à se battre après avoir été touchés plus de 100 fois. Au moins un cambrioleur de banque a reçu dans les 60 blessures par balle des autorités et a survécu pour en parler. On a mentionné Roy P. Benavidez qui s’est battu pendant six heures alors qu’il avait reçu 37 blessures sérieuses par balle, shrapnel, et baïonnette. Mais on n’a pas parlé du fait qu’il a également couru 80 mètres après avoir reçu une balle de fusil dans le genou.

Robert Evans

http://www.cracked.com/article_19781_6-stupid-gun-myths-everyone-believes-thanks-to-movies.html

http://www.cracked.com/article_19781_6-stupid-gun-myths-everyone-believes-thanks-to-movies_p2.html

6 mythes sur les flingues que vous devez à Hollywood I

Hollywood veut votre peau. On l’a dit. On ignore pourquoi. On ne sait pas ce qu’ils pourraient en tirer, mais ça reste vrai. Hollywood vous dit des choses à propos des armes depuis des décennies. Hollywood veut que l’intégralité de vos connaissances sur les armes à feu vienne des clichés sur lesdites armes qu’ils affichent dans tous leurs films. Hollywood veut que ces idées reçues soient tellement implantées dans votre cerveau que vous finissiez par les mettre en application dans la vraie vie. Même si faire cela va vous tuer.

C’est exact. Tout ce qu’Hollywood vous a enseigné à propos des armes est faux.

 Mortellement faux.

 

# 6 Un flingue qu’on fait tomber part tout seul

 

La plupart d’entre vous ne possèdent probablement  pas de flingues, mais vous avez une idée du danger qu’ils représentent. Une arme à feu est en gros un long tube en métal bourré d’explosifs, prêt à assassiner à fond n’importe qui à la moindre provocation. Hollywood nous a appris qu’une petite chute transforme l’arme de poing moyenne en une roue de la mort. Prenez cette scène du monde le « plus obscur » de Community, dans laquelle le revolver dans le sac d’Alison Brie tombe au sol et tire instantanément une balle chercheuse d’artère dans la jambe de Chevy Chase :

Ou cette fameuse scène dans True Lies où Jamie Lee Curtis fait tomber un MAC-10 dans les escaliers et tue l’équivalent d’un demi-Guantanamo de combattants ennemis.

La Convention de Genève ne dit que dalle d’armes qui partent toutes seules. Probablement.

Hélas pour tous les scénaristes du monde, les armes à feu modernes ne partent pas quand on les fait tomber. Vous voyez, le truc c’est que les fabricants d’armes sont comme n’importe quel autre business. Quand leurs produits tuent des gens qu’ils n’étaient pas censés tuer, le gouvernement est tout furieux et le cours de leur action tend à se casser la gueule. Ce qui est la raison pour laquelle la Loi sur le Contrôle des Armes de 1968 a rendu obligatoires les tests sur la sécurité en cas de chute.

Ainsi est né le jeu hilarant du lancer de pistolet.

Le mythe hollywoodien nous rend encore plus idiot face aux flingues. Si vous en faites tomber un, votre premier instinct sera d’essayer de l’attraper avant qu’il touche terre, parce que les films vous ont enseigné que flingue + sol = mort. Dans la vraie vie, essayer d’attraper des objets en train de chuter est une action qui manque intrinsèquement de précision, et vous risquez par conséquent d’appuyer sans le vouloir sur la gâchette alors que vous agitez les bras comme un idiot pour essayer de l’attraper. C’est pourquoi les experts sont d’accord : il est beaucoup moins risqué de laisser un flingue tomber que d’essayer de le saisir en vol. Ou si vous voulez éviter de le faire tomber tout court, vous pouvez toujours scotcher, coller, ou fixer par procédure chirurgicale votre flingue à votre main pour toujours l’avoir avec vous. Vous aurez alors des mains-flingues. Cool, non ?

On peut dire que j’ai fait péter le compte des Johnson. Ha ha ha…ils sont tous morts.

 

# 5 Les flingues en céramiques existent

Les terroristes sont au sommet de leur art quand ils amènent des armes mortelles dans des endroits où l’on ne s’attend pas à rencontrer des armes mortelles, comme une école, ou l’aéroport. Alors dans 58 Minutes pour Vivre, quand John McClane fait face à des méchants qui ont apparemment réussi à faire passer des pistolets en dépit de la sécurité de l’aéroport, on sait qu’on est officiellement passé de « essentiellement pas réel » à « ‘tain de réel. »

Voilà les dialogues pertinents : « Ce mec a pointé un Glock 7 dans ma face, vous savez ce que c’est ? C’est un flingue en céramique fait en Allemagne. Ils n’apparaissent pas aux détecteurs de métaux et coûtent probablement plus que ce que vous gagnez en un mois. »

Il va falloir me trouver les noms et adresses de tous les fours de taille de l’état.

D’après nos recherches, le problème n’est pas qu’un flingue allemand en céramique est cher ; c’est que ‘est imaginaire. Tout d’abord, il n’y a pas de Glock 7, mais, plus important, il n’y a rien de tel qu’un flingue intégralement en céramique. Il est facile de faire l’architecture ou le magasin d’un pistolet à partir d’un polymère non-métallique, mais des machins comme le canon ou les petites pièces sont soumis à beaucoup trop de chaleur et de pression pour être fabriqués en autre chose que du bon vieux métal.

« Bien sûr, » dites-vous, « peut-être que cette arme n’est pas accessible aux civils, mais on peut être certain que les riches ou les gouvernements pourraient en faire une. » C’est ce qu’on pensait aussi, jusqu’à ce qu’on lise l’histoire de David Byron. Il a lancé la mode des flingues indétectables lorsqu’il a obtenu une patente pour l’un d’entre eux en 1987. Le Congrès essaya même d’interdire ce pistolet qui n’avait pas même vu le jour. Mais cela n’arrêta pas Byron dans sa tentative d’intéresser des investisseurs et de lancer une société consacrée et faire de ce « flingue en plastique » une réalité.

Mais ce pistolet en plastique ne s’est jamais matérialisé. Et en 1988 David Byron a cessé de faire parler de lui…seulement pour réapparaître et faire la même demande en 2000. Il a créé une autre société, Magnum Technology, et a réussi à dégotter 800.000$ du Ministère de la Défense pour fabriquer une telle arme. Parce que c’est le genre de truc qui est clairement dans l’intérêt des USA et qui ne pourrait pas se retourner contre nous. Jamais.

 

# 4 Les balles causent des étincelles partout

[…]

Les balles ne font pas d’étincelles.

Presque toutes les balles sont fabriquées en cuivre ou alliage de cuivre. Et le cuivre est réputé pour être un métal qui ne provoque pas d’étincelles. Seules les balles sortant de fusils chauffent suffisamment pour causer des étincelles, et même dans ces cas-là elles ne sont pas aussi brillantes qu’on le voit dans les films.

6 soins d’urgence hollywoodiens qui peuvent vous tuer II

# 3 Il est pris de convulsions ! Coincez qqch dans sa bouche qu’il n’avale pas sa langue !

Vu dans :

Urgences, M.A.S.H., Alien

D’après Hollywood :

Prenez Jean Fictif, le jongleur de furets typique :

Un jour il s’occupe de ses affaires, jonglant avec des furets, quand tout d’un coup il voit à la périphérie de son regard un épisode de Pokemon et fait instantanément une crise d’épilepsie. Les gens autour de lui n’ont que quelques secondes pour lui fourrer quelque chose dans la bouche, comme une cuillère en bois ou un de ses furets, afin de l’empêcher d’avaler sa propre langue et d’étouffer jusqu’à ce que mort s’en suive.

Joe subit des spasmes et lutte, mais grâce aux efforts galants des personnes alentour sa voie respiratoire reste dénuée de tout obstacle et il a la vie sauve. En dehors de la crise, il peut quand-même mourir de cela.

Là où ils ont tout faux :

Si on apprécierait tous une bonne excuse pour coincer des objets pris au hasard dans la bouche d’un étranger, il se trouve qu’il est médicalement impossible d’avaler sa propre langue. Du coup ce que vous avez fait pour aider cet homme entrant en convulsions dans le supermarché était techniquement une agression sexuelle.

 

Il est vrai qu’une victime d’épilepsie voit sa mâchoire se serrer pendant une crise, et si cela pouvait résulter en dégâts à la langue, tout ça est peu de choses comparé à la blessure infligée en immobilisant quelqu’un au sol et en forçant sa bouche ouverte en insérant un objet à l’intérieur.

La mâchoire humaine a la force de Musclor, et quand elle se ferme involontairement, elle peut et doit rester ainsi. Essayer de la maintenir ouverte peut aisément causer des dégâts mécaniques aux dents, aux gencives, à la langue ou à vos propres doigts. Encore pire, si quelqu’un souffrant d’une crise mord quelque chose cela peut potentiellement bloquer leur voie respiratoire et les suffoquer, ce qui est, rappelez-vous, exactement ce que vous vouliez empêcher au départ.

En vérité, à moins d’être formé par le SAMU, la seule chose que vous devriez faire et de protéger la tête de la victime et d’attendre une ambulance.

« …pourquoi y a-t-il des bouts de furets dans la bouche de cet homme ?! »

 

# 2 Arrêter une hémorragie à l’aide d’un garrot

Vu dans :

M.A.S.H., Piège de Cristal, Jurassic Park, nombre de séries policières.

D’après Hollywood :

D’après la logique télévisuelle, quand quelqu’un est poignardé ou reçoit une balle et commence à répandre son sang comme une canette de soda qu’on a fait tomber, la première chose à faire est d’arracher ses vêtements pour mettre à jour ses abdominaux bien formés et reluisants. Ensuite, vous prenez des morceaux de tissu et vous les attachez en serrant très fort au-dessus de la fuite, fabriquant un garrot fait maison qui empêche le sang de s’évader et maintient la victime en vie. Si la victime est une blonde, votre récompense devrait être les nénés :

Là où ils ont tout faux :

Le problème avec l’utilisation d’un garrot pour empêcher une blessure de vider le sang d’une victime c’est que couper la circulation d’autres parties du corps vers la partie blessée revient un peu à faire sauter le système d’alimentation en eau de votre ville parce que vous n’arrivez pas à arrêter la petite fuite de votre robinet dans la cuisine. C’est un tantinet drastique et quelqu’un va probablement en mourir à cause de ça.

Effectuer un garrot à un membre perdant du sang devrait être le dernier recours, la mesure en cas désespéré le plus absolu. Couper la circulation à une zone de votre corps peut mener à des nécroses, un mot qui fait penser à ‘zombie’ et pour cause vu qu’il signifie « votre peau est en train de mourir, elle pourrit, et doit être amputée. » Et croyez-nous, quoi que ce soit la perfection de vos abdos, être responsable de la perte d’un membre d’une jolie fille c’est un carton rouge direct.

La meilleure option est d’appliquer une pression directement sur la blessure avec un morceau de tissu ou de la gaze tout en dépêchant la victime vers un foutu hôpital. Les garrots ne marchent véritablement que quand vous avez déjà perdu un membre, parce qu’ils coupent la circulation et empêchent par conséquent la perte de votre sang via votre moignon.

 

# 1 Il a reçu une balle ! Il faut qu’on l’enlève !

Vu dans :

Urgences, M.A.S.H., absolument tous les films d’action jamais réalisés.

D’après Hollywood :

À regarder des films on croirait que la plupart des balles sont du poison radioactif, vu à quelle vitesse les docteurs fictifs essaient de les ôter des corps des victimes. Quelqu’un reçoit un projectile et avant que leur corps ne touche le sol, cinq soignants apparaissent et commencent à creuser la blessure avant que la vie du héros ne quitte son corps.

Là où ils ont tout faux :

Il se trouve que vous devriez laisser la balle exactement là où elle est. Une fois tirées, les balles chauffent rapidement et atteignent des températures très élevées, si élevées que du temps qu’elles se logent dans le corps de 50 Cent, elles sont complètement stériles et ne posent pas de risque de septicémie quel qu’il soit. En revanche elles peuvent effectuer une pression sur des vaisseaux sanguins vitaux qui pourraient facilement être sectionnés par une tentative d’enlèvement, et, comme on l’a souligné plus tôt, vous avez un chouïa besoin de sang pour vivre.

Si vous ne voulez pas que des balles flottent à l’intérieur de votre corps pour le restant de vos jours, vous pouvez choisir une procédure pour les enlever au bout d’un moment, mais c’est rarement une priorité absolue.

Ironiquement, certains spécialistes sont persuadés que les Présidents Garfield et McKinley auraient pu survivre à leur assassinat si les foutus toubibs n’avaient pas farfouillé tout de suite dans leur abdomen avec des instruments sales et des mains non lavées en cherchant à ôter les balles. Et quand Teddy Roosevelt se fit tirer dans la poitrine, il refusa de se faire extraire le bout de métal, une décision qui lui sauva probablement la vie.

La balle est descendue plus tard pour former un 3ème testicule.

Cezary

http://www.cracked.com/article/18363_6-life-saving-techniques-from-movies-that-can-kill-you/

http://www.cracked.com/article/18363_6-life-saving-techniques-from-movies-that-can-kill-you_p2/

6 soins d’urgence hollywoodiens qui peuvent vous tuer I

On s’attend à ce que le niveau médical à la télé soit un peu tiré par les cheveux, comment la manière grâce à laquelle Dr. House parvient à retenir l’ordre des médecins de saisir sa licence et d’y mettre le feu.

Mais ce manque de réalisme ne fait de mal à personne en dehors de notre intelligence, contrairement à ces mythes médicaux d’Hollywood qui peuvent entraîner la mort :

 

# 6 La RCP (réanimation cardio-pulmonaire) fonctionne quand tout le reste échoue

Vu dans :

Abysse, House, Urgences, Grey’s Anatomy, Chicago Hope.

D’après Hollywood :

Parfois les docteurs doivent s’investir de près pour empêcher la mort de voler leurs patients avant qu’ils aient une chance de payer leurs factures médicales. En chevauchant lesdits patients, en leur faisant du bouche-à-bouche et en cognant sur leur poitrine tel Alex Van Halen [batteur du groupe éponyme], un docteur peut ramener quelqu’un des Champs Elyséens, toussant et postillonnant mais vivant et en plutôt bonne forme.

Une tournante de CPR ne marche pas non plus.

Là où ils ont tout faux :

On ne dit pas que vous ne devriez pas effectuer une RCP dans la vraie vie – la RCP fonctionne, plus ou moins, en oxygénant le système et occasionnellement en réimprimant un rythme régulier au cœur. Cependant, il n’y a pas grand-chose que la procédure puisse faire pour quelqu’un qui a déjà cessé d’être vivant.

CPR

Enfoiré! Je t’avais dit que je le ferais!
T’es le prochain sur la liste!

Aussi, la RCP est loin d’être aussi sexy qu’à la télé ou dans les films. Une RCP correctement effectuée finit en général par péter la cage thoracique du patient, ce qui ne colle pas idéalement avec une bande originale sur laquelle joue un orchestre philharmonique prenant. Et le taux de réussite est étonnamment bas, quelque chose comme 2 à 4%. En fait, la plupart des sites sur la ressuscitation manuelle vous diront d’emblée qu’elle ne marche presque jamais.

Une mort certaine semble alléchante quand l’alternative est une probabilité de 2 à 4% de faire l’expérience d’un étranger vous perforant la cage thoracique et bavant dans votre gorge.

Dans la même veine…

 

# 5 Les défibrillateurs peuvent vous ramener d’entre les morts

Vu dans :

Toutes les séries médicales ayant jamais existé.

D’après Hollywood :

Le défibrillateur permet apparemment de ramener n’importe qui dont le cœur s’est arrêté de battre du royaume d’Hadès, à condition qu’au moins 75% de leur corps soient intacts.

Vite, le défibrillateur !

Avec cet appareil incroyable fruit de la technologie moderne, nous sommes capables de rire au visage de la mort, puis de lui cracher au même visage, puis de passer de coups de fil obscènes à sa femme à 3 h du mat, de lui voler son journal du matin et de chier sur son porche. Grâce à la science.

Là où ils ont tout faux :

Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir pourquoi ils l’appellent un défibrillateur au lieu d’un dé-tuant ou d’un dé-loisdelanaturisant ? C’est parce que les défibrillateurs ne fonctionnent pas comme ça : ils ne peuvent pas ramener les gens à la vie. Ils sont un peu comme Sean Connery : suaves et sexy dans les films, mais ils ne payent pas de mine dans la vraie vie (aussi vieux et poilus).

En gros, ce que les défibrillateurs peuvent faire c’est aider un patient à retrouver un rythme cardiaque régulier quand leur cœur est en voie de s’arrêter, ce qu’il fait en arrêtant leur cœur. Avec un peu de chance, il repart alors avec un rythme normal. Si le patient est déjà en état de mort clinique, c.-à-d. que leur cœur a cessé de battre, se servir d’un défibrillateur pour le faire cesser encore plus fait autant de bien qu’un d’enlever une tumeur maligne avec une décharge de fusil à pompe.

 

# 4 Les blessures par balle à l’épaule ou la jambe sont bénignes

Vu dans :

Piège de Cristal, Rambo, absolument chaque film d’action jamais réalisé.

D’après Hollywood :

Dans les films et à la télé, se prendre une balle dans le bras ou la jambe à simplement pour conséquence un léger saignement et un boitement avec les dents serrées, ce qui vous donne l’air un dur à cuir de première…

Là où ils ont tout faux :

Concernant les balles et votre corps, pensez moins en termes de « faire un tourniquet de mon bandeau et abattre une douzaine de terroristes supplémentaire » et plus en termes « dépenser des milliers de $ en douloureuses greffes de nerfs. » Par exemple, une étude portant sur 58 patients avec blessure par balle à l’épaule a trouvé que 4 mois après la blessure initiale, 51 d’entre eux souffraient de douleur persistante due à des dommages vasculaires, et la moitié finissait avec une perte de mobilité partiale ou complète de leur bras, réduisant ainsi leur capacité à cogner les terroristes de 50%.

Seulement si ce sont des fiottes!

Pour la jambe ce n’est pas mieux. Dû aux artères qui peuplent densément l’essentiel du corps au-dessus de la rotule, n’importe quel projectile pénétrant cette zone est susceptible de couper quelque chose de vachement important. Sans des soins médicaux immédiats, tirer sur quelqu’un dans la jambe peut lui faire perdre plus de sang que de jeter un orphelin hémophile à travers une baie vitrée.

Cet orphelin.

Honnêtement, si vous devez vraiment prendre une balle, le meilleur endroit semble être le postérieur. Avec ses couche de graisse et l’absence d’artères majeures ou de nexus nerveux, une balle dans les fesses est votre meilleure chance d’éviter des dommages permanents en dehors d’éviter purement et simplement les fusillades.

5 mythes sur les armes à feu auxquels tout le monde croit grâce à Hollywood II

# 2 Armer son Pistolet pour le Plaisir

Où vous l’avez vu :

Boondock Saints, Piège de Cristal, Reservoir Dogs, tous les films sur cette liste.

Le Mythe :

Les films traitent le fait d’armer son pistolet comme un point d’exclamation. Quand Hardass McBadCop interroge le dernier homme de main ayant survécu, vous pouvez être certain qu’à un moment donné vous allez entendre le ‘click’ que fait son revolver quand il l’arme, signifiant à la pauvre âme qu’il est sérieux à mort. Le son produit est si caractéristique et terrible que les frères MacManus s’en servent à la fin de leur petite homélie dans Boondock Saints :

Le Problème :

Ce ‘click’ est le son du chien qu’on arme, et les films semblent vouloir dire : « Cela signifie que le pistolet est prêt à tirer, ducon ! » Ce n’est pas le cas. Cela ne signifie rien. Le pistolet était déjà prêt à tirer avant qu’on l’arme.

Par exemple, le flingue que les assassins irlandais utilisent (le Beretta 92F – le même que John McClane dans Piège de Cristal) est fait en sorte que quand vous appuyez sur la détente, cela arme le chien pour vous, vous épargnant cette tâche supplémentaire et économisant les deux secondes que cela prend à exécuter pendant lesquelles vous pourriez vous faire tirer dessus. « Armer son flingue pour bien faire passer le message que vous n’êtes pas un branque » doit dater de l’époque des westerns, quand les vieux revolvers requéraient que vous les armiez d’un coup de feu à l’autre (quelque chose qui est devenu obsolète il y a +/- 150 ans – alors oui, Hollywood met encore plus de temps à rattraper la technologie des armes que celle des ordinateurs).

Ils vous ont hacké !

En passant, quand vous tirez avec l’un de ces flingues qu’ont les Saints ci-dessus, ils sont faits pour laisser le chien armé entre deux tirs (la raison en étant que cela rend la pression sur la détente un peu plus facile). On le mentionne parce que cela veut dire que les frères MacManus ont désarmé leurs flingues à dessein avant de tirer sur le mafieux, simplement pour pouvoir faire ce bruit.

C’est pire. Quand les films montrent un personnage avec un fusil qui ne dispose pas d’un chien (par exemple un fusil à pompe ou un fusil d’assaut), ils substituent soit l’actionnement du fusil à pompe soit l’actionnement de la culasse/glissière pour les fusils automatiques. C’est la seule manière d’obtenir un son cool et dramatique.

Le problème est que pour ce genre de fusil cela ne sert qu’à éjecter une douille de ou insérer une nouvelle balle/cartouche dans la chambre – ce qui s’est déjà produit la dernière fois que vous avez tiré. Donc chaque ‘click’ cool serait accompagné par le son vachement moins cool de vos balles en parfait état tombant sur le sol.

 

# 1 Les Balles Font Tout Exploser

Où vous l’avez vu :

Les dents de la mer, Casino Royale, Matrix II

Le Mythe :

Dans les films, les balles et quoi que ce soit de légèrement inflammable ont une relation de type matière/antimatière. La seconde où du plomb brûlant touche le réservoir d’une voiture, ledit réservoir et tout le monde dans le véhicule s’enflamme. C’est incroyablement pratique comme quand Morpheus essaie de griller deux inquiétants albinos et leurs dreadlocks.

On parie que les dreadlocks grillées ont le goût de chips.

Le propane, l’hydrogène, et l’oxygène fonctionne de même. Tant que c’est sous pression à l’intérieur d’un long cylindre métallique, vous pouvez être certain que tirer dessus résultera en une explosion suffisamment énorme pour propulser les protagonistes à travers toutes les embûches semées par le scénariste. Tirez sur une bonbonne d’oxygène dans la bouche d’un requin et il explosera comme s’il avait passé la semaine à mâchouiller de la dynamite.

Le Problème :

Les fabricants de véhicules et de bonbonnes pressurisées n’aiment vraiment pas les procès pour malfaçon. Si leurs produits pouvaient se transformer en boules de feu de la taille d’un pâté de maisons sous le coup d’un bête impact de balle, n’importe quel accident de la route ressemblerait au feu d’artifice du 4 juillet, chaque carambolage à un film de Michael Bay.

Mythbusters a bien montré l’impossibilité de faire exploser une bonbonne de gaz avec une seule balle [il faut que le gaz se mélange à de l’air avant de pouvoir exploser – NdT], et ont démonté un paquet d’autres mythes se rapportant aux armes à feu dans deux de leurs épisodes. Il se trouve que vous devez forcer l’explosion d’une voiture en faisant des choses particulières. Si vous pouvez faire un trou dans le réservoir, allumer un feu à l’extérieur, et vaporiser le gaz à l’intérieur au point que le réservoir est en surpression, alors vous pourriez faire que le carburant s’enflamme. En supposant que vous utilisiez des balles traçantes.

Pas ce genre-là.

Ce qui est tellement illogique dans l’idée hollywoodienne que « les pistolets peuvent faire exploser une voiture » c’est que leurs balles ne peuvent pénétrer rien d’autre. Voici John Cusack se cachant derrière un stand de chips dans une supérette, protégé des dizaines de balles fonçant vers lui :

Et si le gentil se met à couvert derrière une portière de voiture ? ‘Tain, il pourrait aussi bien être à l’intérieur de Fort Knox. Ironiquement, si les balles ne peuvent pas faire exploser un réservoir, elles passeront à travers une portière de voiture avec facilité.

Tout ce que nous savons est faux. Si ceux d’entre nous qui ont grandi avec les films d’action doivent faire face à une invasion de style Red Dawn, ce sera un beau foutoir !

Robert Evans

http://www.cracked.com/article_18576_5-ridiculous-gun-myths-everyone-believes-thanks-to-movies.html

http://www.cracked.com/article_18576_5-ridiculous-gun-myths-everyone-believes-thanks-to-movies_p2.html

5 mythes sur les armes à feu auxquels tout le monde croit grâce à Hollywood I

Même dans une Amérique fan de flingues, la plupart d’entre nous ne tirons pas des coups de feu tous les jours. Du coup la plupart des Américains s’y connaissent peu en armes. Les scénaristes s’en sont rendus compte il y a longtemps et, étant des écrivains, s’en sont servis comme d’une excuse pour ne plus jamais vérifier les faits.

 

# 5 Un Silencieux Transforme les Coups de Feu en Légers Murmures

Où vous l’avez vu :

Dans la ligne de mire, 58 minutes pour vivre, no country for old men, shooter, presque chaque James Bond [et bien sûr Les Tontons Flingueurs].

Le Mythe :

Les espions et assassins précautionneux savent que si vous devez tuer un méchant dans un bureau ou une bibliothèque, soyez certains d’utiliser un silencieux. Cela transforme un « bang » bruyant en un « ptew » neutre.

Ci-dessus : furtivité.

Les petits pistolets ne sont pas la seule chose que vous pouvez étouffer. De massifs fusils à pompe peuvent également être équipés d’un silencieux spécial qui les rend inaudibles dans les quartiers résidentiels urbains.

Aussi, alors que les silencieux ont l’air bien léchés, chers et sophistiqués, Hollywood nous dit que plus ou moins n’importe quel tube long et creux fera l’affaire. Attrapez une bouteille de 2 L, bourrez-la de chaussettes ou autres, et vous pouvez être aussi furtif que Mark Wahlberg dans Shooter.

Le problème :

La poudre qui explose est bruyante. Extrêmement bruyante. Aussi bruyante qu’un réacteur d’avion. Un petit tube en métal ne fera pas grand-chose pour empêcher cela. Voilà à quoi ressemble vraiment un pistolet équipé d’un silencieux :

En gros, on dirait toujours un foutu flingue ! Cela ne fait pas un gentil ‘phut’ qu’on pourrait confondre avec un chaton atterrissant sur un coussin.

Un coup de feu sans silencieux varie entre 140 et 160 décibels – cela correspond aux niveaux à partir desquels en entendre un seul peut endommager votre audition de manière permanente. Si vous n’avez jamais entendu un coup de feu, croyez-nous quand nous disons que c’est suffisamment bruyant pour que votre corps tout entier tressaille au son d’un. Un silencieux peut faire descendre le niveau sonore vers 120 à 130 décibels [dans l’échelle des db, chaque incrément de 3 signifie un doublement / division par 2 du son. Ainsi, 120 db et deux fois plus bruyant que 117 db. NdT], c.-à-d. le son de marteaux-piqueurs. Suffisamment bruyant pour causer une douleur physique si c’est assez proche.

Par conséquent un silencieux fait passer un gros flingue pour un flingue plus petit. Si vous êtes James Bond essayant d’infiltrer le camp ennemi avec un pistolet et un silencieux, vous croisez en gros les doigts pour que les gardes décident que votre flingue est trop petit et faible pour représenter une réelle menace, et vous laissent ainsi à vos affaires.

Beaucoup de gardes dans Goldeneye ont fait cette erreur.

Alors pourquoi les silencieux existent-ils tout court ? Eh bien si vous êtes dans un environnement extérieur bruyant, ils peuvent faire une différence non négligeable. En particulier, ils rendent difficile l’estimation de vos position et distance exactes.

Quant aux fusils à pompe avec silencieux, ils existent bel et bien :

Ouaih, on dirait que c’est encore plus bruyant !

 

# 4 Les Mitraillettes sont des Faucheuses Magiques

Où vous l’avez vu :

Starship Troopers, la momie, Max Payne, Commando, chaque film de John Woo, Scarface.

Le mythe :

C’est une blague galvaudée que personne n’est jamais à court de munitions dans les films d’action (à moins que cela ne serve le scénario). Hollywood fait attention avec les revolvers – en général pas plus de 10 ou 11 coups par cylindre de 6 balles – mais ‘tain, qu’ils se font plaisir avec n’importe quoi qui puisse tirer en automatique. À tel point que la plupart d’entre nous sommes complètement biaisés quant au fonctionnement de ces armes. Ils montrent vraiment ces machins tirer cent fois plus de balles que les magasins ne contiennent.

Comme vous ne pouvez pas voir les balles dans une mitraillette, Hollywood prend la liberté d’imaginer leur intérieur comme une usine magique de production de balles. Ainsi dans Commando on voit Arnold faire feu sans changer de magasins pendant ce qu’on dirait la moitié du film :

Le problème :

Si vous avez déjà vu les infos à propos des troupes US en Irak, ou joué Modern Warfare, vous avez vu ce flingue :

C’est un M4 Carbine. Le magasin contient 30 balles. Voilà une vidéo d’un enfant tirant en mode automatique :

Il n’a pas arrêté au bout de 4 secondes parce qu’il était fatigué. Il était à court de munitions. Ok, quid du flingue que tous les méchants utilisent, l’AK-47 ?

Voilà quelqu’un s’en servant en automatique :

Là encore, il se vide en 4 secondes. C’est parce que les armes automatiques tirent putain de de vite, à environ 700 balles par minute. Mais vous n’avez pas 700 balles dans votre fusil, vous en avez 30. Faites le calcul.

En fait, les soldats de l’infanterie US ne transportent jamais que 210 balles sur eux, ce qui veut dire qu’un combat en mode automatique serait terminé en moins d’une minute même en comptant le temps qu’il faut pour changer les magasins. Heureusement, ils tirent si rarement en automatique que nombre de fusils de l’armée n’ont même pas cette capacité.

« Une seconde, » vous me dites, « j’ai vu des images de guerre du Vietnam ou de l’Irak et ailleurs et on peut distinctement entendre les mitrailleuses dans le fond, tout le temps. Quelqu’un doit bien les utiliser, bordel ! »

C’est vrai, c’est juste qu’ils ne tirent pas sur des gens avec. Le mode automatique n’est vraiment utilisé que pour la suppression, c.-à-d. pour que les hostiles se mettent à couvert pendant que vos troupes se mettent en position. En fait, virtuellement toutes les balles ne sont utilisées que pour ça. Pour chaque insurgé tué en Irak et Afghanistan, 250.000 [deux cent cinquante mille] coups de feu sont tirés qui ne touchent absolument rien. Environ 3 tonnes de munitions pour chaque type tué ! Imaginez Arnold trimballant ce fatras avec lui…

 

# 3 Les Gilets Pare-Balles Sont des Champs de Force Magiques

Apparemment votre plan a foiré, et maintenant un tas de Libyens dans un van Volkswagen veulent votre peau. Ils planifient de vous tirer dessus de manière répétée avec leurs AK-47, mais vous avez encore un atout en poche : un gilet pare-balles.

Dans les films, l’armure corporelle (en kevlar) transforme n’importe quel flingue de baguette magique de la mort en flingue airsoft rigolo. Une rafale d’AK-47 à bout portant changerait le torse de n’importe quel homme en une pâte gluante bonne à être répandue sur des crackers, mais ajoutez une couche de kevlar et cela équivaut à avoir une bulle de protection magique de ce bon Gandalf autour de vous.

C’est bon, les protagonistes ne se font jamais tirer dessus au niveau de la tête.

Le problème :

Dans la vraie vie, le gilet qui protégeait Emmett Brown dans Retour vers le Futur des terroristes aurait juste suffi à garder ces différents membres en un seul morceau plus pratique à transporter et à traiter (pour les pompes funèbres). En fait, en dépit de 25 ans de progrès en termes de protection corporelle, aucun gilet à ce jour n’existe qui protégerait Doc de ce genre d’assaut :

Les gilets pare-balles que vous pouvez acheter et dissimuler sous vos vêtements offrent une protection exceptionnelle contre la majorité des pistolets. Mais contre les fusils d’assaut comme ceux que les terroristes utilisaient ci-dessus ? C’est à peine plus efficace que de la peinture de guerre et des prières à Khorne.

En revanche les prières à Khorne et des armures géantes vont bien ensemble.

Nos troupes ont bien leur propre armure corporelle, destinée à les protéger de ce genre de choses. C’est beaucoup plus lourd et rigide. Mais même là elles en sont efficaces que si les tirs viennent de plus de 14 m de distance. Quand les policiers en portent (ce qui n’est pas le cas de 45% d’entre eux) ils ne portent pas en général une protection totale. Probablement parce que ça pèse 15 kg et coûte des milliers de $. Vu que moins d’1% des crimes liés à des armes à feu implique des fusils de type militaire, c’est un bon compromis.

En général.