Antony Sutton – Suicide d’État : Aide Militaire à l’Union Soviétique IV

Le Lend Lease ajouta 491 navires à ce total [de la flotte militaire soviétique] : 46 chasseurs de sous-marins de 33 mètres et 59 de 20 mètres, 221 torpilleurs (dont 24 du Royaume-Uni), 77 démineurs, 28 frégates, 52 petits bâtiments de débarquement, 2 grands bâtiments de débarquement du Royaume-Uni, et 6 péniches.  En plus des navires de combat, le Lend Lease a fourni nombre de navires marchands et de moteurs de bateaux.

En termes de tonnage, le Lend Lease a probablement doublé la taille de la marine soviétique. Seul un faible nombre de ces navires ont été rendus, bien que le Lend Lease stipulât qu’ils devaient tous l’être.

Depuis la 2ème GM, l’aide au programme de construction navale soviétique avait pris deux formes : l’exportation d’équipement pour la construction navale et de grues par des pays européens, et dans une moindre mesure des USA, et l’utilisation de plans et designs obtenus des USA et de l’OTAN grâce à l’espionnage. Par exemple, l’équipement sophistiqué de l’U.S.S. Pueblo, transféré à l’URSS par la Corée du Nord, avait quinze ans d’avance sur tout ce que les Soviétiques possédaient à la fin des années 1960. En d’autres termes, la capture du Pueblo fit faire aux Soviétiques un bond des développements techniques de l’après-guerre grâce aux Allemands et au Lend Lease jusqu’à la technologie américaine la plus avancée. p.100

Les USA vendirent de l’équipement pour sous-marins à l’Union Soviétique dans les cinq ou six premières années de la décennie 1930. Une proposition fut reçue par l’Electric Boat Company, Groton, Connecticut, en janvier 1930, pour la construction de sous-marins et d’équipement militaire pour sous-marins avec envoi vers l’URSS. Dans une lettre au Ministre d’État, Electric Boat avança l’argument qu’il n’y avait « pas d’objection » à la construction de sous-marins pour une « puissance étrangère si amicale, » et dit de plus que c’était dans l’intérêt de la Marine étant donné que cela fournissait du travail aux ouvriers des chantiers navals locaux.

L’expansion massive d’après-guerre de la flotte de sous-marins soviétiques a dépendu des conceptions et des ressources et techniques de l’Allemagne et des USA.

Bien que les Allemands aient construit 120 U-boats de type XXI jusqu’au début de 1945, peu d’entre eux ont atteint la mer. Presque tous les sous-marins achevés sont tombés entre les mains des Soviétiques. Ainsi une proportion substantielle, peut-être un quart, de la force sous-marine soviétique a été fabriquée en Allemagne aux standards allemands.

Les premiers sous-marins nucléaires soviétiques sont similaires à  l’U.S.S. Nautilus. Le ‘Y’ (« Yankee ») soviétique est copié du sous-marin à missiles balistiques U.S.S. Polaris, à l’aide de plans obtenus grâce au massif programme d’espionnage soviétique en Grande Bretagne.  p.101-102

Il existe deux faits extraordinaires concernant la gigantesque et stratégique marine marchande soviétique : D’un, plus de deux tiers (68%) du tonnage global a été construit en dehors de l’URSS. Les 32% restants ont été construits dans des chantiers navals soviétiques, dans une large mesure à l’aide d’équipement occidental, en particulier de la Finlande et des alliés de l’OTAN, la Grande Bretagne et l’Allemagne.

Deuxièmement : quatre-cinquièmes (79,3%) des principaux moteurs diesels pour bateaux utilisés pour la propulsion des navires de la marine marchande soviétique furent construits en Occident. En d’autres termes, seul un cinquième des principaux moteurs diesels furent construits en URSS. Mais cette statistique étonnante ne traduit pas la complète réalité de la dépendance soviétique sur la technologie occidentale des moteurs diesels car tous les principaux moteurs fabriqués en URSS sont bâtis à partir de conceptions étrangères.

Origine des moteurs diesels de la marine marchande soviétique

Tonnage du navire                  % des moteurs construits                    % des moteurs construits

/conçus à l’étranger                             en URSS

>15.000                                   100                                                      0

10.000 – 14.999                      87,9                                                     12,1

5.000 – 9.999                          56,9                                                     43,1

[Tous les plus gros navires ont des moteurs étrangers. NdT]

La Tchécoslovaquie n’est pas seulement le quatrième plus gros producteur de moteurs diesels au monde – bien plus important que l’URSS – mais elle exporte également 80% de tous ses moteurs, l’URSS étant de loin le principal acheteur. p.102-103

Tous les gros diesels modernes de plus de 11.000 CV utilisés en Union Soviétique sont construits sur un unique plan étranger – Burmeister & Wain, Copenhague, Danemark. Le Danemark est un allié des USA via l’OTAN. L’exportation de cette technologie danoise aurait pu être stoppée par le Département d’État d’après le Battle Act [de 1951] et l’arrangement du CoCom. Tous les diesels Burmeister & Wain sont conçus sur un ordinateur Univac américain. Les moteurs Burmeister & Wain ont servi à la propulsion des navires soviétiques actifs lors de la crise des missiles de Cuba en 1962 et dans l’approvisionnement du Nord Vietnam de 1966 à ce jour. p.104

Les bâtiments de classe Poltava furent utilisés pour transporter les missiles soviétiques à Cuba en 1962. Les premiers moteurs Poltava furent fabriqués au Danemark en 1959 et les navires entrèrent en service en 1962, quelques mois seulement avant d’être utilisés pour transporter les missiles à Cuba. En d’autres termes, la première utilisation opérationnelle de ces moteurs diesels – approuvés par [le Département d’État] comme étant non stratégiques – fut pour un défi aux USA qui nous amena au bord d’une guerre nucléaire.

En d’autres termes, il n’y aurait pas eu de crise des missiles de Cuba en 1962 si le Département d’État avait suivi les instructions du Congrès et fait le boulot pour lequel il est payé. p.105-106

En d’autres termes, nous avons toujours eu les moyens de stopper la vague soviétique d’agression – si cela avait été notre but. p.109

…37 des 96 bâtiments soviétiques effectuant la route d’approvisionnement de Haiphong possédaient des moteurs occidentaux, fabriqués après 1951 [date du Battle Act imposant des restrictions sur la vitesse et le tonnage des navires fournis à l’URSS], qui auraient pu être interdits par le Département d’État.

Nous pouvons par conséquent en tirer deux conclusions :

  1. L’Union Soviétique n’aurait pas pu approvisionner le Nord Vietnam sans l’assistance des USA et de ses alliés occidentaux. Cette assistance prend la forme de technologie transférée via des accords commerciaux.
  2. Le Département d’État avait les moyens de stopper ce transfert grâce à son droit de veto au CoCom. Il ne l’a pas fait. p.111

« …à la fin de la 2ème GM les Soviétiques n’avaient pas encore produit un seul moteur d’avion ni missile guidé. » Général G. A. Tokaev, Armée Rouge. p.113

Les ingénieurs aéronautiques français et britanniques ont leur propre nom pour le nouvel avion supersonique russe Tu-144. Ils l’appellent le « Konkordskiy. » Un coup d’œil comparatif aux configurations du Concorde anglo-français et du Tu-144 russe suffira – sans même des preuves additionnelles – à expliquer ce surnom. p.113

Entre 1932 et 1940 plus de vingt compagnies américaines fournirent soit des avions, des accessoires, soit de l’assistance technique pour des avions complets ou des usines de fabrication d’avions. p.114

En 1937-1938 la Vultee Aircraft Division de l’Aviation Manufacturing Corporation de Downey, Californie, construisit un avion de chasse pour les Soviétiques à Moscou. p. 116

Concernant les intrants pour l’opération et la construction d’avions militaires, les Soviétiques dépendaient également de de l’aide à la construction et de la technologie américaines. Même après la construction américaine extensive de raffineries au début des années 1930 l’Union Soviétique continua à dépendre de la technologie américaine pour le craquage du pétrole en fractions légères de gazoline. Les livraisons d’équipement du Lend Lease amenèrent la production de gazoline pour l’aviation d’à peine 110.000 tonnes par an en 1940 à 1,67 millions de tonnes en 1944, en dépit du fait que plusieurs unités de cracking du Lend Lease ne purent être livrées avant la fin de la guerre. p.116

La plupart, sinon tous, des accessoires d’avions étaient des copies directes de produits étrangers. p.116

À la demande du Département d’État et des ateliers Buckeye Pattern de Dayton, Ohio, le Ministre de la Guerre accorda « la parution des résultats de tests effectués sur certains tuyaux d’échappement en aluminium à l’Aviation Depot de Wright Field, Dayton, Ohio, au bénéfice du gouvernement de Russie soviétique. » Aucune objection militaire ne fut soulevée quant à la production de moteurs aéronautiques Wright en Russie, et à la requête par Sperry Gyroscope de vendre des instruments de visée pour bombes [bombsights]. p.117

Jenkins, ingénieur en chef de l’United Engineering en Russie déclara à propos de la fonderie [d’aluminium] de Zaporozhe que « l’Aluminum Compagny of America elle-même ne possède pas de machines aussi modernes que celles-là. » Les deux fonderies étaient « entièrement alimentées en énergie et contrôlées par des appareils de General Electric. »

L’installation de Stupino comprenait deux sections : un laminoir à chaud et un laminoir à froid… Tous les équipements de finition furent fournis et mis en opération par United Engineering pour les Soviétiques. Le contrat final valait dans les 3,5 ou 4 millions de $ pour United Engineering. Pour ce montant, les Soviétiques acquirent une usine capable de laminer des feuilles d’aluminium de ~600 m destinées à la fabrication d’avions. United Engineering dit à ce propos : « Rien d’une telle taille n’a jamais été bâti jusqu’à présent. » p.117

Pendant la 2ème GM, les Soviétiques produisirent 115.596 avions à partir de ces matériaux et de ces pièces d’équipement, alors que le Lend Lease ne livra à l’URSS que 14.018 unités supplémentaires. Cependant, les avions produits par l’URSS étaient pour l’essentiel des modèles d’avant-guerre obsolètes, et nombre d’entre eux étaient en bois avec moteur unique dont la qualité même était inférieure. p.118

Henry Wallace, après sa visite de l’importante usine de fabrication d’avions de Komsomolsk, fit le commentaire suivant :

« L’usine d’avions [de Komsomolsk] où les bombardiers Stormovik étaient construits devait tant son existence que sa capacité de production aux USA. Toutes les machines-outils et tout l’aluminium venaient d’Amérique… On dirait l’ancienne usine Boeing de Seattle. » p.118

Les industries d’aviation et spatiale d’après-guerre de l’URSS trouvent leur origine dans les développements allemands dans les domaines des avions et fusées réalisés au cours de la 2ème GM. En 1945 les Allemands avaient encore une industrie de fabrication d’avions et de fusées de taille considérable et relativement épargnée, qui avait été dispersée sous la menace des bombardements alliés vers les régions de l’est de l’Allemagne – la zone plus tard occupée par les Soviétiques – ou transférée aux Soviétiques le 1er juillet 1945. Plus de deux tiers de leur capacité de production tomba, intacte, entre les mains des Soviétiques et furent déplacés en URSS.

Les principales unités de conception de l’industrie aéronautique allemande, incluant la plupart des usines Junkers, Siebel, Heinkel, et Messerschmitt, furent transportées à Podberezhye, à environ 145 km au nord de Moscou… Il y avait onze usines aéronautiques majeures Junkers dans la zone Soviétique [an Allemagne] dont on sait que six ont entièrement été démontées puis remontées en URSS [les ateliers Otto Mader, les usines d’Aschersleben, Bernbourg, Leopoldshall, et Schönebeck]. p.121

Parmi les acquisitions soviétiques en Saxe on trouve les ateliers Siebel de Halle, où l’avion expérimental à moteur-fusée DFS-346 (comparable aux USA avec les Bell X-1 et X-2 et le Douglas X-3) était dans la phase finale d’assemblage. p.122

Les installations aéronautiques enlevées à l’Allemagne comprenaient des équipements uniques. Deux presses Wotan de 15.000 tonnes furent prises et au moins quatre copies furent faites en Union Soviétique, et d’autres unités développées à partir de ces presses. Les usines de fabrication de pièces pour l’aviation incluaient l’ancienne usine Nitsche à Leipzig, utilisée en URSS pour fabriquer des potentiomètres à courbe, et l’usine Karl Zeiss, pour des localisateurs, des pièces de soufflerie, et divers instruments de précision. On estime qu’en 1954 ce segment de l’industrie aéronautique allemand fournissait environ 75% de l’équipement radar et des instruments de précision soviétiques. p.123

La majeure partie des scientifiques et ingénieurs allemands fut déplacée vers la Russie en train dans la nuit du 22 au 23 octobre 1946 dans ce qui a probablement été le plus important mouvement de masse de cerveaux scientifiques de l’histoire du monde civilisé (ou non civilisé). p.124 [92 trains transportèrent 6.000 spécialistes allemands et 20.000 membres de leur famille. p.131]

En 1946 les Soviétiques achetèrent 55 réacteurs Rolls-Royce à compresseur centrifuge – 25 Nenes et 30 Derwents. Ces moteurs Rolls-Royce, les plus sophistiqués au monde à l’époque, étaient bien adaptés aux méthodes soviétiques de production, et initièrent les Soviétiques à l’utilisation de turbo jets centrifuges. Jusqu’en 1947, les moteurs des avions de chasse russes étaient tous des modèles de compresseurs à flux axial tirés d’une conception allemande. Ces turbines Rolls-Royce se trouvèrent être le meilleur équipement possible pour le MiG-15, qui fut conçu par Siegfried Gunther et produit en série sous le nom des ingénieurs soviétiques Mikoyan et Gurevich. p.126

Origine Occidentale des Avions et Moteurs Soviétiques à Usage Militaire p.127

Modèle                        En service                    Moteur            Origine du moteur

Chasseur MiG 9          1946-47                       RD-20             BMW 003

Chasseur MiG 15        1947-1960s                 RD-45             Rolls-Royce Nene

Chasseur MiG 17        1954 à aujourd’hui     VK-2JA          Rolls-Royce Nene

Chasseur MiG 19        1955 à aujourd’hui    VK-5 / M-205 Rolls-Royce Tay & Derwent

Tu-70 (Boeing B-29)  1950                            4 pistons          Wright 18 cylindres

Tu-16   Badger             1954 à aujourd’hui    AM-3M           Junkers-BMW

Tu-104 (version          1957 à aujourd’hui                              Junkers-BMW

de ligne du bombardier Badger)

Tu-20 Bear                  1955 à aujourd’hui      NK-12M         Junkers-BMW

Tu-114 (version           1957 à aujourd’hui      NK-12M         Junkers-BMW

de ligne du bombardier Bear)

…on peut tracer les réacteurs opérationnels des années 1960 aux prototypes Junkers et BMW pris à l’Allemagne à la fin de la 2ème GM ou à ceux vendus par la société Rolls-Royce au titre du « commerce pacifique » en 1946. Ces deux groupes de prototypes furent développés par des ingénieurs allemands déplacés en Russie et victimes de travail forcé, avec de l’équipement et des instruments importés au nom du « commerce pacifique. » p.128

En septembre 1971 le gouvernement britannique expulsa 105 « diplomates » russes d’Angleterre pour espionnage, et en particulier de l’espionnage militaire et industriel. D’après le London Times, cet espionnage comprenait « des informations sur des pièces électroniques, des transformateurs, des semi-conducteurs, des circuits informatiques, et des détails techniques sur les moteurs Concorde et Olympus 593 » (25 septembre 1971). En fin de compte, Doyle, un ex-membre du PC britannique, admit avoir accepté 5.000 [£ ?] des Soviétiques pour des informations sur le Concorde, « y compris des manuels, des dessins, et de petites pièces détachées. » La sécurité était tellement inexistante à l’usine que Doyle et ses amis soviétiques eurent un temps l’idée de faire sortir en cachette un missile de 5 m déguisé en poteau télégraphique. p.128-129

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Antony Sutton – Suicide d’État : Aide Militaire à l’Union Soviétique II

La communauté scientifique américaine fait également deux poids deux mesures concernant l’aide à l’Union Soviétique.
La communauté scientifique, ou du moins un large fragment, fait la distinction entre différents types de régimes totalitaires, ayant une préférence pour l’un mais pas pour l’autre. En 1939, un groupe de physiciens américains proéminents, incluant Einstein et Weisskopf, se mit d’accord pour limiter la publication d’informations sur l’énergie atomique et ses applications militaires. Cette autocensure fut amenée par la menace du penchant auto-proclamé d’Hitler pour l’agression et son antisémitisme féroce. C’était une décision éminemment acceptable. En revanche, quand on en vient à l’Union Soviétique, qui souffre de ce même penchant pour l’agression et l’antisémitisme, la communauté scientifique (y compris Weisskopf) se déclare en faveur de la publication d’informations sur l’énergie atomique et pour l’aide technique sur les points essentiels. Pour donner un exemple, l’accélérateur linéaire soviétique Serpokhov n’a été rendu possible que grâce à l’assistance soutenue par Weisskopf, président du Comité Consultatif sur la Physique des Hautes Énergies de la Commission sur l’Énergie Atomique. Il existe un élément d’égoïsme dans ceci, parce que si les Soviétiques ont un accélérateur massif (qu’ils ne peuvent pas construire eux-mêmes), les scientifiques américains ont alors un moyen d’aiguillonner le Congrès pour obtenir la construction de machines encore plus grandes aux USA. Cela n’a pas manqué puisqu’en 1970 le Congrès a voté un budget de 250 millions de $ pour l’unité à 200 GeV de Weston, Illinois. À l’évidence, les scientifiques pousseront maintenant pour plus d’assistance technique aux Soviétiques puis reviendront devant le Congrès et, pointant du doigt « le progrès extraordinaire » des Soviétiques, déclareront que les USA ne doivent pas « se laisser dépasser. » Et ainsi de suite, toujours aux frais du contribuable et de la sécurité nationale. p.38

Les usines conçues et construites en 1929-1932 sous le plan Kahn [Albert Kahn, Inc., Detroit] étaient de taille véritablement gigantesque – bien plus grande que les unités conçues et construites par cette même compagnie dans le reste du monde – et, en plus, avaient des ateliers distincts pour la fabrication d’intrants et de pièces détachées. L’usine d’Elmash dans l’Oural, dans le « tringle d’acier » de Staline, multiplia la capacité de fabrication soviétique d’équipements électriques par un facteur de sept. L’usine Khemz à Kharkov, conçue par General Electric, avait une capacité de fabrication de turbines électriques deux fois et demie plus grande que la principale usine de GE à Shenectady. Magnitogorsk, elle aussi dans le « tringle d’acier, » une réplique de l’usine d’U.S. Steel à Gary, Indiana, était la plus grande usine de fer et d’acier jamais construite. p.43

D’après les documents de Clemenceau, Raymond Robins, un acteur richissime de Wall Street, « fut capable d’envoyer une mission subversive de Russes Bolchéviques en Allemagne pour lancer une révolution là-bas. »
William B. Thomson, directeur de la Banque de la Réserve Fédérale de New York, d’après ses propres déclarations à la presse (Washington Post, 2 février 1918), délivra 1 million de $ afin d’aider les Bolchéviques.  p.47

…les interventions à la foi de Mourmansk et en Sibérie, notées dans les livres d’histoire modernes comme toutes deux des interventions hostiles, furent accomplies par les alliés occidentaux avec la permission express et la coopération des soviétiques. La véritable histoire de la participation américaine dans la révolution bolchévique reste encore à être découverte. p.47-48

En mars 1939, le Département d’État approuva une proposition (déjà approuvée par le Ministère de la Marine) par laquelle l’Electric Boat Company de Groton, Connecticut, fournirait les plans, les spécifications, et l’aide à la construction à l’Union Soviétique pour un sous-marin. p.50

 

Les fournitures américaines à l’Union Soviétique via l’accord Lend Lease 1941-1946

La Catégorie I incluait les avions et équipements pour avions. Un total de 14.018 avions furent envoyés, dont des avions de chasse, des bombardiers légers, des bombardiers moyens, un bombardier lourd, des avions de transport, des hydravions à coque, des avions d’observation, et des avions d’entraînement. De plus, des simulateurs de vol, une quantité considérable de plaques en acier perforées utilisées pour des pistes d’atterrissage improvisées ainsi que de l’équipement de communication furent envoyés.

La Catégorie II comprenait des fournitures militaires de tous types. Quelques 466.968 véhicules furent fournis. Les véhicules de combat comprenaient 1.239 tanks légers, 4.957 tanks moyens, 2.000 canons automoteurs, 1.104 autochenilles blindées [half-tracks], 2.054 Scout Cars blindés. Les 2.293 véhicules militaires de service incluaient 1.534 camions de réparation, 629 transporteurs de tanks. Les camions comprenaient 47.728 jeeps, 24.564 camions de 750 kg, 148.664 camions de 1,5 T, 182.938 camions de 2,5 T, et des quantités plus petites de camions amphibies de 2,5 T, de camions de 5 T, et de camions spécialisés. On envoya également 32.200 motos, 7.570 tracteurs à chenilles avec 3.216 moteurs de tracteurs supplémentaires. Tous les véhicules étaient fournis avec des pièces détachées et des munitions en accord avec les standards de l’armée US.

325.784 tonnes d’explosifs furent envoyées, dont 129.667 tonnes de poudre ne produisant pas de fumée, et 129.138 tonnes de TNT. L’équipement de communication sans fil incluait pas moins de 35.779 stations radio (1 kW et moins) et les équipements connexes, y compris des stations radio plus puissantes, des localisateurs radio, 705 appareils pour déterminer la direction radio, 528 altimètres radio, 800 boussoles radio, 63 relais radio, et de grandes quantités de tubes radio, de composants, d’accessoires, et d’équipement pour les tests et mesures. Des machines de construction d’une valeur supérieure à 10 millions de $ comprenaient 5.599.000 $ d’équipement destiné à la fabrication de routes et d’avions, 2.459.000 $ en équipement à fixer à l’avant de tracteurs, 2.099.000 $ de bétonnières et de machines à poser des pavés, et 365.000 $ d’équipement destiné à la construction de chemins de fer. L’équipement pour chemins de fer incluait 1.900 locomotives à vapeur, 66 locomotives à moteur électrique-diesel, 9.920 wagons plats, 1.000 wagons à déversement latéral [Modalohr], 120 wagons-citernes, et 35 wagons [heavy machinery], pour un total de 13.041 unités. Les autres éléments militaires envoyés comprenaient 15 ponts par câbles, 5 pipelines portables, 62 citernes de stockage portables, 100.000 lampes-torches à piles, et 13 ponts flottants.

La Catégorie III comprenait les équipements de la marine. Les navires non destinés au combat incluaient 90 vaisseaux [dry-cargo], 10 tankers, 9 tankers Wye, 3 brise-glace, 20 remorqueurs, 1 schooner à vapeur, 2.398 bateaux pneumatiques, 1 motor launch [navire militaire], 2 ateliers de réparations flottants.  Les navires de combat envoyés à l’Union Soviétique comprenaient 46 chasseurs de sous-marins de 33 mètres, 57 chasseurs de sous-marins de 20 mètres, 175 torpilleurs, 77 démineurs, 28 frégates, 52 petits bâtiments de débarquement, 8 bâtiments de débarquement de chars, et 6 péniches. La machinerie de propulsion des navires incluait 3.320 moteurs diesels, 4.297 moteurs gasoil, 108 moteurs au gaz de bois, 2.150 moteurs hors-bord, 254.000$ d’hélices pour bateaux et d’arbres mécaniques, 50.000 $ d’instruments de direction, 40 batteries de stockage pour sous-marins, et diverses pièces et équipements (pour une valeur de 2.744.000 $) pour la machinerie de propulsion de navire. Les équipements de marine spécialisés comprenaient 1.047.000 $ d’équipement de plongée et de stations de sauvetage, 109.000 $ d’appareils pour l’embarcadère/débarcadère, une chambre de secours sous-marine, un évaporateur [pour faire de l’eau douce à partir d’eau de mer] évalué à 36.000 $, et divers équipements pour 44.000 $.  Furent envoyés également des équipements de chalutage pour démineurs pour 3.778.000 $, des équipements mécaniques et électriques pour remorqueurs pour 545.000 $, des équipements mécaniques et électriques pour transbordeurs pour 1.717.000 $. Une grande quantité de pièces d’artillerie de marine et de munitions comprenait 1.849 canons Oerlikon et pour 2.692.000 $ de canons pour navires [naval guns]. p.51-52

 

Pourquoi le Département d’État a-t-il passé un accord en 1966 pour permettre à un ingénieur soviétique d’entrer aux USA et d’étudier la fabrication d’accéléromètres seulement quelques mois après qu’un autre Soviétique a été empêché par le FBI d’acheter un accéléromètre? p.56

Les roulements à billes font partie intégrante de tous les systèmes d’armement ; aucun substitut n’est connu. L’intégralité de la capacité de production de roulements à billes de l’Union Soviétique trouve son origine en Occident…Tous les tanks soviétiques et les véhicules militaires fonctionnent à l’aide de roulements à billes fabriqués sur des machines occidentales ou sur des copies de machines occidentales. Tous les missiles soviétiques et les systèmes connexes dont les systèmes de guidage ont des roulements à billes fabriqués sur des machines occidentales ou sur des copies soviétiques de ces machines. p.56-57

Où est le Congrès ? Où est la presse ? On est tellement avancé sur le chemin du suicide d’État que nous fournissons désormais des roulements à billes pour les systèmes de guidage des missiles soviétiques et personne ne prend la peine de s’insurger. p. 62

Antony Sutton – Suicide d’État : Aide Militaire à l’Union Soviétique I

…si les navires effectuant la route de Haiphong [approvisionnement des Nord-Vietnamiens par l’URSS] arborent le pavillon soviétique, la majorité d’entre eux ne sont certainement pas de construction soviétique. De plus, leurs systèmes de propulsion sont originaires de l’extérieur de l’Union Soviétique. p.8

La tendance à tendre la main aux Soviétiques commença en 1918 sous la présidence de Woodrow Wilson, avant que les Bolchéviques n’aient gagné le contrôle physique de plus d’une fraction de la Russie. En conséquence de cet échange, les Bolchéviques furent capables de consolider leur régime totalitaire. p.8

…en juin 1944, W. Averell Harriman, relatant au Département d’État une discussion avec Staline, fit la déclaration suivante :
« Staline reconnut l’aide fournie par les USA à l’industrie soviétique avant et pendant la guerre. Il déclara qu’environ deux tiers de toutes les grandes entreprises industrielles de l’Union Soviétique avaient été construits avec l’aide ou l’assistance technique des USA. »
Staline aurait pu ajouter que le tiers restant des grandes entreprises industrielles et usines militaires de la Russie avait été bâti avec « l’aide ou l’assistance technique » allemande, française, britannique, suédoise, italienne, danoise, finlandaise, tchèque, et japonaise. p. 9

Pendant la 2ème GM les USA accordèrent la première priorité aux Soviétiques pour les approvisionnements. Un tiers des livraisons du Lend Lease à la Russie se composait de  fournitures industrielles destinées à la reconstruction d’après-guerre. Le Lend Lease continua à affluer après la guerre jusqu’à la fin 1946 sous la forme de crédits sur 20 ans à 2,375% – un taux plus intéressant que celui que les GIs revenant chez eux pouvaient obtenir. p.13

…[en 1945] sous le président Roosevelt, les USA et la GB coopérèrent dans l’organisation du retour brutal et forcé de Russes sous le régime tyrannique de Staline. D’après le Wall Street Journal (24 novembre 1972), les USA et la Russie, en 1945, « signèrent une convention spéciale pour le retour forcé vers l’URSS de quatre millions de sujets soviétiques anti-communistes qui avaient fui en Occident. » Cet accord (connu sous le nom d’Opération Keelhaul) était une violation non seulement de l’esprit de liberté traditionnel américain, mais aussi de la Convention de Genève. p.16-17

En 1962, les Russes tentèrent de placer des missiles longue portée à Cuba, précipitant ainsi la Crise des Missiles et amenant les USA et l’URSS au bord du conflit. Ce geste stratégique montre que les Soviétiques n’ont pas abandonné leurs ambitions internationales. Et pourtant, l’année suivante, « l’accord du blé » fut conclu, là encore vanté comme un instrument permettant « d’amollir » les Soviétiques. Cela coûta aux contribuables américains au bas mot 75 millions de $ en subventions. Le don de blé amollit-il les Soviétiques ? L’année suivante, en 1964, ils augmentèrent vigoureusement leur support logistique au Nord Vietnam dans ses efforts pour conquérir le Sud, et attisèrent par là ce qui allait devenir un cauchemar de huit ans. p.17

Les membres [du Comité du Sénat Américain sur le Pouvoir Judiciaire] trouvèrent que dans les 38 ans depuis la naissance de l’Union Soviétique, son gouvernement avait trahi sa parole avec virtuellement chaque pays auquel il avait jamais donné une promesse écrite. p.22

Entre 1958 et 1968, les fournitures d’armes soviétiques furent les suivantes :

Algérie :          200 jets, des tanks et des navires

Égypte :           800 jets, 1.200 tanks, 15 navires de guerre

Irak :                200 jets, 500 tanks, plusieurs navires

Syrie :              250 jets, 500 tanks, plusieurs navires

Dans les pages qui suivent il sera montré que les MiG-15 se servent de copies de moteurs Rolls-Royce et de moteurs allemands, que les tanks soviétiques sont lourdement dérivés de l’aide et la technologie occidentales, et que deux tiers des navires marchands de la Russie et quatre cinquièmes des principaux moteurs diésels de ces navires ont été construits hors de l’URSS. p.25

 

La Guerre du Vietnam (1961-1973) p.26

Tués                 Blessés

1961                11                    2

1962                31                    41

1963                78                    218

1964                147                  522

Puis en 1965 les Soviétiques accélérèrent les approvisionnements au Nord Vietnam, le président Johnson accéléra le flux de technologies aux Soviétiques, et le bilan américain s’envola rapidement :

1965                1.369               3.308

1966                5.008               16.526

1967                9.378               32.371

1968                14.592             46.799

Après la prise de pouvoir par Nixon en 1969, le bilan américain fut le suivant :

1969                9.414               32.940

1970                4.221               15.211

1971                1.380               4.767

1972                300                  587

…La capacité technique de faire les guerres de Corée et du Vietnam trouve son origine dans les deux cas dans la technologie occidentale, principalement américaine, et l’illusion politique du « commerce paisible » a été le vecteur de cette technologie orientée vers la guerre…

Les administrations à la fois de Johnson et de Nixon ont toutes deux choisi irrationnellement et illogiquement d’étendre le commerce – le véhicule de la technologie nécessaire pour alimenter le côté Nord Vietnamien de la guerre – et ont ainsi voté pour la continuation de la guerre. p.28

Il fut trouvé que tous les principaux moteurs diésels et les systèmes de propulsion par turbine à vapeur des 96 navires soviétiques effectuant la route d’approvisionnement de Haiphong qui purent être identifiés (soit 84 sur 96), soit leur conception soit leur construction venait de l’extérieur de l’URSS. On peut par conséquent en conclure que si le Département d’État et le Ministère du Commerce, dans les années 1950 et 1960, avaient fait respecter à la lettre la législation votée par le Congrès en 1949, les Soviétiques n’auraient pas eu la capacité d’approvisionner la Guerre du Vietnam – et plus de 50.000 Américains ainsi que nombre de Vietnamiens seraient encore vivants à ce jour. p.34

En 1966, le Département d’État US produisit une superbe brochure, illustrée de manière extravagante, d’outils américains. Elle fut imprimée en russe, pour distribution en Russie, avec une préface – en russe – par Lyndon Johnson. Une demande de cette brochure auprès du Département d’État est restée sans réponse. Elle n’est pas répertoriée dans les catalogues officiels des publications gouvernementales. Elle n’est pas disponible au ni même connue du grand public. Le nom de l’imprimeur n’apparaît pas au dos. L’éditeur n’est pas connu. [L’auteur  obtenu une copie directement de la Russie.]  […]

Le point de contention ici n’est pas la sagesse de cette publication, mais le fait qu’elle ait été cachée du public. Ce dernier est maintenu dans l’ignorance car il pourrait s’offusquer. En d’autres termes, on ne peut pas faire confiance au grand public pour voir les choses de la même manière que les dirigeants, et ces dirigeants ne désirent pas défendre leur position. C’est de la dictature. p.36-37

La Fabrication de l’URSS par les USA grâce au Lend Lease – Major Racey Jordan III

Suite des billets précédents numéro I et numéro II.

p. 109 Charité

En 1942 ils reçurent $10.457.417.

En 1943 ce fut $19.089.139.

En 1944 le total était de $25.479.722.

En 1945 ce fut $33.674.825.

Le total de cette aumône en 4 ans: $88.701.103

[…]

Parmi les nombreuses choses que j’ai trouvées dans les valises noires à Great Falls étaient les plans des principales usines du pays. J’ai ouvert une valise, pour donner un exemple, et ai trouvé les plans complets de l’usine General Electric à East Lynn, Massachussetts.

Je me suis renseigné depuis sur cette usine et ai appris qu’elle se trouve sous surveillance constante, étant donné que c’est là-bas que nos nouveaux turbo chargeurs pour avions sont fabriqués. Des gardes armés s’assurent que les Américains n’y entrent pas – mais tous les plans ont été envoyés à notre ennemi le plus dangereux avant même que l’usine soit construite ! Nous avons également trouvé des plans pour l’Electric Board Corp., de Groton, Connecticut, où nos nouveaux sous-marins atomiques sont construits.

p. 110 L’Union Soviétique a refusé de donner une seule de ses patentes depuis 1927. Mais notre Bureau des Patentes a été grand ouvert à une équipe d’experts techniques de l’Amtorg Trading Corporation. Ils travaillaient à plein temps et passaient leurs jours et survoler les dossiers pour choisir ceux qu’ils voulaient. Les documents étaient fournis par le Bureau des Patentes lui-même. Plus tard la tâche a été confiée à une autre agence du gouvernement soviétique, la Maison d’Édition des Quatre Continents [Four Continent Book Company], qui abandonna le procédé de sélection des dossiers et prit carrément tout ce qu’elle trouvait. Les photostats furent payés par des chèques réguliers, entre 1.000$ et 4.000$ chacun [à 0,5$ la patente].

Le Comité de la Chambre sur les Activités Anti-Américaines déclara en 1949 que le nombre de patentes acquises « allait dans les milliers. » Il déclara également que :

« Les officiels russes ont réussi à récolter un grand nombre de nos inventions industrielles et militaires à travers le Bureau des Patentes du gouvernement. Cela s’est fait en plein jour et avec notre permission. »

Parmi les copies de patentes fournies à la Russie, le comité lista : instruments de visée pour bombes, tanks militaires, avions, appareils de navigation, équipement de largage de bombes, hélicoptères, démineurs, munitions, armures pare-balles.

…John Marzall, Commissaire des Patentes, ordonna la fin de cette pratique le 13 décembre 1949.

p. 110-111 Un autre chargement « diplomatique » qui arriva à Great Falls fut un avion plein à craquer de films. Le Colonel Stanislav Shumovsky, le Russe en charge, essaya de m’empêcher d’inspecter le chargement en agitant devant ma figure une lettre du Département d’État. Je lui dis que cette lettre ne s’appliquait pas à moi. C’était une lettre l’autorisant à visiter toutes les usines d’accès limité, et d’y faire des films des machines et des procédés de fabrication. J’ai jeté un coup d’œil à une demi-douzaine des centaines de boîtes contenant ces films. Cet avion à lui seul transportait vers la Russie une quantité phénoménale du savoir-faire technique américain.

p. 113 Quand Harry Hopkins se tint sur Madison Square Gardens le 22 juin 1942, et déclara au peuple russe : « Nous sommes déterminés à ce que rien ne nous empêche de partager avec vous tout ce que nous avons, » il savait exactement comment il allait y parvenir. C’était à travers le Lend Lease, sur lequel il avait un contrôle tout-puissant, que personne ne pouvait l’empêcher de partager avec les russes tout ce que nous avions.

[Suit la liste établie par les Russes et copiée par le Major Jordan de tout ce qui fut fourni à l’URSS par les USA à travers du Lend Lease et Harry Hopkins. Cette liste – qui fait 50 pages ! – n’existe dans aucun archive américaine. Voilà la première page concernant tout les matériaux ayant trait à l’atome:

LL 01

Les quantitées indiquées sont en ‘pounds’ [diviser par 2 en gros pour les avoir en kg], « n.e.s. signifie ‘non spécifiquement indiqué’.]

p. 138 Lors de notre discussion d’adieu, le Colonel Kotikov mentionna « l’avion argent » qui s’était écrasé en Sibérie et avait été remplacé. Je lui demandai ce qu’il voulait dire par « avion argent. » Il expliqua que le Trésor américain envoyait les plaques gravées et d’autres matériels à la Russie, afin qu’ils puissent imprimer les mêmes billets de la monnaie d’occupation pour les Allemands que les Américains.

J’étais sûr qu’il se trompait. J’étais certain qu’à aucun moment dans l’histoire nous n’avions laissé sortir du pays des plaques gravées destinées à l’impression de monnaie. Comment aurait-on pu contrôler leur utilisation ? « Colonel, » dis-je, « vous voulez dire que nous avons imprimé des billets de l’argent d’occupation allemand pour la Russie et vous les avons envoyés. » « Non, non, » répondit-il. Il insista sur le fait que des plaques, des encres colorées, du vernis, du papier – ceci et d’autres équipements étaient passés par Great Falls en mai en deux envois de cinq C-47 chacun. Les livraisons avaient été arrangées au plus haut niveau à Washington, et les avions avaient été chargés au National Airport.

p. 139 La somme d’argent que nous avons perdue en échangeant les marks que les russes imprimaient à tour de bras, sans rendre de compte à personne, semble avoir été de 250.000.000$ ! Ce n’est qu’en septembre 1946 que nous avons mis fin au siphonnage de notre Trésor en refusant l’échange supplémentaire de marks. A ce moment-là, les plaques avaient été entre les mains des Russes pendant deux ans.

p. 152 Une facture de 18.102,84 $ fut présentée à l’Ambassade Soviétique pour couvrir les coûts des plaques gravées et des divers matériaux pour les trois livraisons de 1944. La facture fut ignorée et reste impayée à ce jour.

p. 156-157 En mai 1949, l’information selon laquelle une fraction d’un peu plus de 30 g d’U-235  avait été perdue ou volée au Laboratoire Argonne agita le pays pendant plus d’un mois. Les gros titres crièrent au scandale et le Congrès ragea.

Ma réaction propre fut l’indignation. Au regard de la quantité infime considérée, une réaction si viscérale semblait absurde et fausse. Que pesaient 30 g d’U-235 comparés aux centaines de kilos qui étaient passés par Great Falls ? Et pourquoi s’offusquer de l’espionnage soviétique quand Washington elle-même avait livrée à l’Union Soviétique un chargement de 190,5 kg et un autre d’une demi-tonne ?

[…]

Les 664,5 kg de produits chimiques d’uranium fournis par le Lend Lease à l’Union Soviétique renfermaient un potentiel de pas seulement 30 g d’U-235 mais 2,8 kg.

p. 167 Colonel Gardner : Chaque fois que les Russes n’étaient pas satisfaits de comment les choses allaient – autant dire fréquemment – ils téléphonaient à leur Ambassade à Washington qui à son tour contactait Harry Hopkins. Toutes les difficultés étaient alors instantanément dissipées.

—–

Conclusion: voilà un résumé de la politique US à long terme vis-à-vis de l’URSS initiée pendant la 2ème GM:

Sin_City

La Guerre Froide fut une fantastique opération de propagande. La course aux armements, à l’espace, etc., était pensée en haut lieu et exécuté par les intermédiaires pour faire peur au peuple et soutirer de l’argent pour financer les différents programmes.

Comme le montrera plus tard Antony Sutton, c’était bien évidemment voulu et organisé depuis le sommet…de la pyramide.

La Fabrication de l’URSS par les USA grâce au Lend Lease – Major Racey Jordan II

Suite du billet précédent.

p. 100-101

Armement

1. Avions et pièces détachées $1.652.236.000

2. Véhicules motorisés et pièces détachées $1.410.616.000

3. Matériel de guerre et munitions  $ 814.493.000

4. Tanks et pièces détachées $ 478.398.000

5. Navires * $ 295.839.000

_____________

TOTAL $4.651.582.000

 

En plus d’une marine marchande, nous avons donné aux Russes 581 navires.

Bien qu’ils aient été d’accord pour rendre tous les bateaux à la fin de la guerre, ils sont toujours en possession de la plupart d’entre eux.

Parmi ceux qui ont été rendus : le croiseur léger Milwaukee équipé de radar, 4 frégates, deux brise-glace endommagés.

La liste originale comprenait : 77 démineurs, 105 bâtiments de débarquement, 103 chasseurs de sous-marins, 28 frégates, 202 contre-torpilleurs, 4 docs flottants, 4 barges de 250 tonnes, 3 brise-glace, 15 remorqueurs, et le croiseur léger.

 

Non Armement

Produits du Pétrole – $111.075.000

Produits Agricoles – $1.674.586.000

Produits et Matériels Industriels – $3.040.423.000

_____________

TOTAL $4.826.084.000

 

p. 102-103

Il reste le chiffre le plus important de tous, $3.040.423.000. On s’aperçoit qu’un tiers des 9,5 milliards de dollars du Lend Lease à la Russie se trouve sous la désignation « Produits et Matériels Industriels. »

C’est cette catégorie qui regroupe une multitude de péchés, couvrant toute la gamme, des secrets militaires tel que l’uranium et les autres composants de la bombe atomique, jusqu’au parc d’attraction de Moscou qui, comme je le montrerai, a été payé par le Lend Lease.

[…]

Étuis à cigarettes

Disques vinyles

Équipements du foyer

Rouges à lèvres, parfums

Matériel de pêche

Poupées

Coffres de banque

Poudriers pour femmes

Partitions musicales

Équipements de terrain de jeu

Et pourtant ce sont des choses que nous avons envoyé à la Russie par le Lend Lease, comme je vais le montrer en détail bientôt. Et pour mentionner en passant d’autres objets fantastiques, nous avons aussi envoyé des pianos et divers instruments de musique, des calendriers, 13.328 dentiers, des brosses à dents, bien sûr, des bijoux féminins, etc…Pourtant la loi autorisant le Lend Lease excluait spécifiquement « les biens fournis dans le cadre d’une aide ou d’une réhabilitation. »

p. 104 Les Russes révélèrent que dans le cadre du Lend Lease ils reçurent tout un tas de fournitures qui ne peuvent être trouvées dans aucune archive gouvernementale.

p. 106-107 Juste après Pearl Harbor, la Marine avait besoin de réparer ses navires endommagés et passa une commande de première priorité pour des fils en cuivre convenant à des navires de guerre. Mais la Marine ne bénéficiait pas d’une priorité suffisamment élevée pour s’assurer la livraison des fils dont elle avait besoin, car une commande russe pour des fils de cuivre avait une priorité encore plus élevée.

La Fabrication de l’URSS par les USA grâce au Lend Lease – Major Racey Jordan I

From Major Jordans Diaries – The Truth About the US and USSR

Le Major Jordan fut responsable du programme Lend Lease (ou Prêt Bail), un programme destiné à armer l’URSS entre 1941 et 1945 afin de lutter contre l’Allemagne. D’abord basé à Newark, puis transféré à Great Falls dans le Montana, le Major Jordan supervisa le ‘pipeline,’ soit la noria aérienne qui alimenta l’URSS depuis les USA en passant par la Sibérie. Très vite, cependant, il se rendit compte que le Lend Lease était utilisé pour bien d’autres choses que de l’armement pur et simple, et ceci avec la bénédiction du chef du programme et alors deuxième homme le plus puissant des Etats-Unis: Harry Hopkins.

Le livre commence bien : dans le premier chapitre, le Major Jordan explique comment son homologue russe, le Colonel Kotikov, fit fermer l’aéroport de Newark à l’aviation civile après qu’un pilote eut légèrement endommagé un avion fraîchement donné à l’URSS (et payé par les contribuables américains) par le Lend Lease!

De l’uranium aux pianos, et des patentes axu secrets militaires en passant par la vodka (oui, même la vodka), rien n’était hors de portée des russes. Cet ouvrage est le précurseur du point de vue gouvernemental des travaux de Sutton de 1917 à 1965 sur les entreprises privées.

p. 6 « Nous sommes déterminés à ce que rien ne nous empêche de partager avec vous tout ce que nous avons… »

Harry Hopkins, au rassemblement pour l’aide russe,

Madison Square Garden, Juin 1942

 

p. 30 Le Colonel Gardner arrangea mon transfert de Newark à Gret Falls [Montana]. Mes ordres me désignaient comme “Représentant des Nations Unies.” Peu de gens réalisent que bien que l’ONU n’ait pas été établie à San Francisco avant septembre 1945, le nom “Nations Unies” était utilisé par l’organisation du Lend Lease dès 1942, comme dans mes ordres originaux à Newark.

p. 32 Le président a décrété que « les avions soient livrés en accord avec les programmes prévus par le protocole de la manière la plus expéditive. » Afin de mettre en œuvre ces directives, la modification, l’équipement et le mouvement des avions russes ont reçu la première priorité, devant même les avions de l’US Air Force…

p. 66 Et pourtant les Russes avec qui je travaillais côte à côte à Great Falls connaissaient la bombe A au moins dès mars 1943, et le Général Groves avait raison de ne pas faire confiance aux Russes en octobre 1942 ! Comme l’Américain moyen, j’ai eu la connaissance de la bombe atomique pour la première fois après l’annonce d’Hiroshima, le 6 août 1945 par le président Truman.

p. 75 Ce n’est qu’à la fin de 1949 qu’il a été prouvé définitivement, par des archives irréprochables, que durant la guerre des agences fédérales livrèrent à la Russie au moins trois envois de produits chimiques d’uranium, pour un total de 664,5 kg. Une livraison d’un kilo d’uranium métal, à un moment où le stock total américain était de 2 kg, a également été confirmée.

p. 77 à 79 Après une recherche approfondie, les factures de cargo et d’avions apportèrent la preuve incontestable que 15 boîtes de produits chimiques d’uranium furent livrées à Great Falls le 9 juin 1943, et furent expédiées en suivant par un avion du Lend Lease à l’Union Soviétique.

[…] L’histoire dans l’histoire est comme suit : le 1er février 1943 Hermann H. Rosenberg de Chematar Inc. New York, reçut la première requête pour de l’uranium à jamais atteindre son bureau. Le demandant était la Commission Soviétique d’Achat qui souhaitait 100 kg d’oxyde d’uranium, 100 kg de nitrate d’uranium, et 11 kg d’uranium métal. A cette date-là Oak Ridge [usine créée dans le cadre du Projet Manhattan et spécialisée dans le nucléaire] était en construction, mais n’allait pas entrer en service avant un an.

[…] L’uranium métal n’était pas disponible. Le 23 mars, à la demande de Rosenberg, la S. W. Shuttuck Chemical Co. de Denver envoya quatre caisses, d’un poids total de 313,4 kg, au Colonel Kotikov à Great Falls.  La lettre de connaissement des chemins de fer de Burlington décrivit le contenu comme étant simplement des « produits chimiques, » mais elle était accompagnée d’une lettre de Rosenberg à Kotikov désignant le contenu comme étant 100 kg de nitrate d’uranium et 90 (pas 100) kg d’oxyde d’uranium. Comme c’était une transaction Lend Lease, payée par des fonds américains, aucune licence d’exportation n’était nécessaire.

p. 82 Il déclara qu’il était impossible aux Russes de mettre la main sur des produits d’uranium dans ce pays « sans le soutien des autorités US d’une manière ou d’une autre. »

p. 87 Les archives prouvent que le 23 août 1943, Hermann Rosenberg de Chematar reçut une demande de la Commission Soviétique d’Achat d’1 kg d’oxyde de deutérium [eau lourde]. L’objectif déclaré était « pour la recherche. »

Le fournisseur trouvé fut Stuart Oxygen Co. de San Francisco, qui envoya la marchandise le 30 octobre, par train express, au bureau de Chematar à New York. Rosenberg fit suivre l’envoi à la Commission d’Achat à Washington, qui l’expédia le 29 novembre par la voie du Pipeline [le Lend Lease] à Rasnoimport, URSS, Moscou U-1, Ruybshova-22.

L’exportation d’eau lourde à l’URSS fut approuvée par un certificat de libération, n° 366, daté du 15 novembre, portant la signature de William C. Moore, Division des Fournitures Soviétiques, Bureau de l’Administration du Lend Lease.

p. 91 J’appris pour la première fois qu’une pile au plutonium consiste en d’immenses blocs de graphite, entourés par d’épais murs de béton, et une structure en nid d’abeilles de tubes en aluminium. Il était rapporté que dans ces tubes sont insérées des cartouches d’uranium naturel, contenant 1% d’U-235. L’intensité de l’opération était régulée au moyen de tiges en cadmium.

Graphite, cadmium, tubes en aluminium – où avais-je déjà vu ces mots ? Dans les chiffres du Lend Lease russe que j’avais ajoutés au Journal de Jordan. En revenant sur ces pages, je découvris que sur la période de quatre ans de 1942 à 1945, nous avons fourni à l’Union Soviétique 3.692 tonnes de graphite naturel, 417 tonnes de cadmium métal ainsi que des tubes désignés comme « tubes en aluminium » pour 6.883 tonnes.

p. 92 Mais le thorium, qui est relativement abondant, devrait, selon les physiciens, rivaliser avec l’uranium un jour, voire même le remplacer en tant que source d’énergie atomique.