Islam vs Occident – un néo-gladio?

http://www.zerohedge.com/news/2016-07-25/islam-vs-west-has-neo-operation-gladio-been-started

Nous avons régulièrement couvert le mème de « l’islam maléfique » et notre point de vue est que cela est de la propagande – un thème social dominant – destiné à créer des tensions armées, plus d’autoritarisme et même, au final, des guerres plus larges impliquant l’Occident et l’Islam.

Voir ici, ici, et .

Le mensonge est que l’Islam en lui-même, est une terrible menace [j’ajouterais ‘à grande échelle,’ les attentats à petite échelle étant une réalité, NdT] pour le mode de vie des Français – et des Occidentaux.

Les mensonges sont propagés par un petit groupe de gens qui organisent des thèmes fallacieux qui deviennent ensuite des politiques dans leur pays.

Le réchauffement climatique, les mesures économiques des banques centrales, et les dangers de l’Islam sont des exemples de tels thèmes.

Les mensonges sont régulièrement étendus et approfondis.

Voilà une citation de la Direction générale de la sécurité intérieure – Patrick Calvar:

« Nous sommes au bord d’une guerre civile. »

Calvar décrit en réalité une guerre qu’il souhaite probablement. L’idée derrière l’Islam maléfique est de polariser l’Europe pour l’amener à accepter de + en + de solutions mondialistes.

[…] Il y a beaucoup de questions quant aux attaques de Paris et celle de Nice. Pour cette dernière, les photos et vidéos ne semblent pas montrer de sang présent sur lr camion. Allez vérifier vous-mêmes.

Chaque attaque majeure en France a vu des questions fondamentales y être associées. Tout comme aux USA, les preuves se trouvent facilement que ces attaques ne sont pas ce qu’elles paraissent être.

Il est sans aucun doute difficile d’accepter que les force du mal manipulent les événements en Europe et aux USA pour créer artificiellement des tensions entre l’Islam et l’Occident.

Mais c’est ainsi que les guerres sont fabriquées. L’Occident a fait la même chose avec le Japon. Il l’a diabolisé puis a engendrer une guerre de toutes pièces.

Idem deux fois avec l’Allemagne. Ces dernières années il a été prouvé que les banquiers et industriels occidentaux ont financé Hitler.

Pendant une bonne partie de la période post-2ème GM, la CIA et autres officines ont procédé à l’opération Gladio qui consistait à créer des attaques terroristes soi-disant perpétrées par des mouvements de gauche.

De Truthmove:

La principale fonction des groupes de type Gladio, en l’absence d’une invasion soviétique, semble d’avoir été de discréditer les groupes et politiciens de gauche à travers l’utilisation de la « stratégie de la tension, » y compris du terrorisme sous fausses bannières.

La stratégie de la tension est un concept visant au contrôle et à la manipulation de l’opinion publique grâce ‘a l’utilisation de la peur, de propagande, d’agents provocateurs, de terrorisme, etc. Le but était d’instiller la peur dans la population tout en faisant porter le chapeau aux communistes et opposants politiques de gauche pour ces atrocités terroristes.

Une opération néo-gladio a-t-elle été lancée?

[…] Ironiquement, Al Jazeera nous fournit des conclusion pertinentes quant au moyen de faire face aux provocations de ces opérations néo-gladio [à chacun d’estimer la valeur de ces conclusions, NdT].

La seule option pour la France aujourd’hui est de se tenir debout, fière, sur ses valeurs républicaines séculaires, multiplier la satire que les fondamentalistes veulent étouffer, encourager l’inclusion sociale, éduquer et éduquer encore.

Un recours à l’extrême-droite singifierait la victoire des terroristes.

Quelque douloureux que ce soit, le meilleur moyen pour que les Français gagnent est de résister aux tentations populistes.

L’édito est écrit par Rémi Piet, professeur adjoint de politique publqiue, diplomatie et économie politique internationale à l’Université du Qatar.

Deux problèmes avec ça:

La première chose qu’il ne mentionne pas est le fait que les actions terroristes sont la conséquence historique des politiques gouvernementales françaises. Ces politiques remontents loin dans le temps.

Les Français ont occupé l’Algérie, absorbé des musulmans algériens, puis ne leur a pas donné la possibilité de s’intégrer. Le résultat est une génération de musulmans algériens vivant en France et étant vindicatifs face à leur traitement.

Le deuxième problème est que le sujet n’est pas tant le terrorisme islamique d’un point de vue historique que l’État français étant complice d’attaques terroristes sous fausses bannières. […]

Le VÉRITABLE problème , par conséquent, n’est pas comment se défendre contre l’islam radical mais comment empêcher le gouvernement français et plus largements l’Occident de créer des atrocités sous fausses bannières destinées à augmenter les tensions.

Conclusion: Les Français devraient interroger leur propre gouvernement, et les autres peuples européens devraient faire de même. Idem pour l’Amérique. Les gens devraient exiger des réponses et appeler les médias de masse à faire leur boulot au lieu de rester complices dans ce qui est un évident programme néo-gladio.

La Trilatérale en Amérique – Antony Sutton

…quand on examine l’idéologie politique du Trilatéralisme comme exprimé par Crozier, Huntington, et Watanuki dans La Démocratie en Crise :

  • Le système politique démocratique n’a plus aucune finalité.
  • Les concepts d’égalité et d’individualisme posent des problèmes à l’autorité.
  • Les médias ne sont pas suffisamment soumis aux élites.
  • La démocratie doit être « équilibrée » (c.-à-d. restreinte).
  • L’autorité et le pouvoir du gouvernement central doivent être accrus. p.21

 

[Carroll] Quigley croyait sincèrement au Nouvel Ordre Mondial mais n’était pas conscient du côté obscur des globalistes jusqu’à ce qu’ils refusent de réimprimer son livre [Tragedy & Hope] et détruisent les épreuves ; Quigley alertait beaucoup trop d’honnêtes universitaires à la face sombre du NOM. p.25

 

Afin de pleinement comprendre les implications d’un système d’impôts sur les revenus vicieusement graduel à l’encontre des petite et moyens entrepreneurs américains, ainsi que la classe moyenne en général, et afin de comprendre également le rôle des multinationales et des banquiers internationaux qui composent l’élite au pouvoir derrière la Commission Trilatérale, nous devons revenir en arrière à 1847 et au Manifeste du Parti Communiste de Karl Marx et Friedrich Engels. Marx et Engels écrivirent à propos de la révolution communiste : Dans le premier temps, elle ne peut être affectée que par des mesures despotiques contre les droits de la propriété, et par l’interférence despotique avec les méthodes bourgeoises de production ; c.-à-d. par des mesures qui semblent inadéquate et intenables du point de vue économique, mais ont des effets d’une grande portée, et sont nécessaires comme moyens de révolutionner le système de production dans son intégralité.

En résumé, l’élimination des détenteurs de propriété ainsi que des petits et moyens entrepreneurs (« méthodes bourgeoises de production ») hors de l’influence des multinationales et des banques internationales est un prérequis essentiel du socialisme. [Ceci tient bien avec l’analyse de Miles Mathis sur Marx étant un agent infiltré des industriels.]

Ensuite Marx et Engels décrivent les fameuses dix « mesures » afin de faire aboutir la révolution dans les pays développés afin de faire prévaloir le socialisme.

Ces mesures sont décrites comme étant les suivantes :

Dans les pays les plus avancés elles prendront en général les formes ci-dessous :

  1. Expropriation des biens immobiliers détenus en nom propre, et utilisation des loyers pour faire face aux dépenses de l’État.
  2. Un impôt sur les revenus graduel.
  3. L’abolition des droits à l’héritage.
  4. Confiscation de la propriété de tous les émigrés et les rebelles.
  5. Centralisation du crédit entre les mains de l’État, au moyen d’une banque nationale avec des capitaux de l’État et un monopole exclusif.
  6. Centralisation des moyens de transport entre les mains de l’État.
  7. Augmentation des usines publiques et des moyens de production, culture des terres non cultivées, amélioration des [rendements] des terres cultivées en accord avec un plan général.
  8. Obligation universelle et égalitaire de travailler ; organisation d’armées industrielles, en particulier pour l’agriculture.
  9. L’agriculture et l’industrie urbaine doivent travailler main dans la main, de telle sorte que, par degrés, la distinction entre ville et campagne disparaisse.
  10. Éducation publique et gratuite pour tous les enfants. Abolition du travail en usine pour les enfants sous sa forme actuel. L’éducation et la production matérielle devront être combinées.

[…]

…Les marxistes en particulier devraient relire Marx. L’ennemi du marxisme totalitaire n’est pas le capitaliste mais plutôt la bourgeoisie, la classe moyenne. Marx considère la bourgeoisie comme la source de tous les maux, mais il n’inclut pas l’establishment au pouvoir dans la liste de ceux marqués pour être exterminés. Au contraire, quand la guerre des classes est sur le point de se terminer, Karl Marx envisageait un curieux événement : « une petite partie de la classe dirigeante se détache pour faire cause commune avec la classe révolutionnaire, la classe qui tient le futur entre ses mains. » [cf. Mathis là encore] p.71-72

En 1976 le gouvernement marxiste d’Angola réorganisa Diamang, son monopole de production de diamants. Le gouvernement marxiste de Neto en détiendra désormais 60,8%, le reste sera détenu par les anciens détenteurs composés de capitalistes étrangers. Ce sera une compagnie mixte. Mais quels détenteurs seront expropriés pour faire la place aux nouveaux actionnaires marxistes ? Pas les gros capitalistes avares dont on entend tant parler dans la littérature socialiste, mais, selon le gouvernement Neto, « un grand nombre de petits actionnaires. » Les principales « compagnies étrangères, » c.-à-d. les grandes multinationales, les capitalistes dirigeants, ne seront pas touchés par cette ‘prise de participation.’ En d’autres termes, la classe dirigeante se joint aux révolutionnaires marxistes contre les petits propriétaires bourgeois. p.73

 

Les programmes biologiques de Fort Detrich dans les années 1960

Fort Detrich, dans le Maryland, est la base des USA pour la guerre biologique et bactériologique. Appelée à l’origine Laboratoires Biologiques de l’Armée des États-Unis, elle s’appelle désormais Institut de Recherche Médicale de l’Armée des États-Unis sur les Maladies Infectieuses (USAMRIID).

L’armée maintient une Division des Opérations Spéciales (SOD) à Fort Detrich avec un accord formel avec la CIA (mémorandum signé en mai 1952). La CIA et l’armée ont toutes deux bien masqué leurs traces mais des documents originaux ont survécu qui racontent une histoire horrible.

Au début des années 1960, des membres de la SOD de l’armée US se servirent de valises spécialement conçues pour contaminer des civils américains qui ne s’y attendaient pas avec le bacillus subtilis, aux terminaux de bus Greyhound de Washington, Chicago, et San Francisco.

Des opérations similaires furent menées à des aéroports à Washington DC, New York, Boston, et Los Angeles. Le nombre d’allers simples vendus au moment de la contamination fut utilisé pour estimer la distribution des agents bactériologiques. (Le bacillus subtilis peut s’acheter dans des laboratoires spécialisés. Il n’est pas listé comme pathogène mais peut causer des infections respiratoires, des empoisonnements du sang ou des empoisonnements alimentaires.)

D’après des documents déclassifiés de l’armée, les terminaux de Greyhound à San Francisco et Chicago furent les lieux où « six agents lancèrent des attaques secrètes » au cours d’une période de 7 jours. Des valises spécialement conçues répandirent la bactérie dans des terminaux bondés pour une exposition maximale. Des photos furent prises et d’autres soldats « collectèrent en secret des échantillons d’air à proximité des passagers » afin de déterminer si les civils avaient été infectés.

D’autres tests furent effectués plus tard avec des agents de la variole, cultivés en grandes quantités et convertis en une poudre mortelle destinée à être épandue. Une investigation du Sénat en 1975 mit à jour la coopération étroite entre la CIA et la SOD :

« L’association de la CIA avec Fort Detrich impliquait la SOD de cet établissement. Cette division avait la charge de développer des applications spéciales pour des agents et toxines destinés à la guerre biologique. Son principal client était l’armée des USA. Son intention était la mise au point à la fois d’agents adéquats et de moyens pour les répandre, à des fins de situations paramilitaires. Tant des agents standards de guerre biologique que des toxines dérivées furent testés par la division. »

Le Comité du Sénat trouva que la CIA avait masqué son implication afin de ne pas révéler cette activité anticonstitutionnelle au public américain. Le Comité affirma : « Bien que certains documents émanant de la CIA ont été découverts dans les fichiers du projet, il est clair que très peu de documentation de ces activités a été enregistrée. »

Un extrait d’un rapport de l’armée US détaille pourquoi la variole fut choisie comme agent. Ses caractéristiques ‘attractives’ sont les suivantes :

  1. La variole est hautement contagieuse en contact rapproché, elle se transmet facilement d’une personne infectée à des personnes susceptibles de l’être.
  2. Une longue période d’incubation d’une durée relativement constante permet aux agents missionnés de quitter le pays avant que le premier cas ne soit diagnostiqué.
  3. La durée de la maladie pour ceux qui s’en remettent est relativement longue.

p.76-78

 

Le 2 octobre 1970Robert McNamara [Trilatérale], désormais directeur de la Banque Mondiale, fit un discours devant des banquiers internationaux dans lequel il identifiait la croissance de la population comme « le sujet le plus grave auquel le monde sera confronté dans les années à venir. »

Dans son discours aux banquiers, McNamara expliqua que la croissance de la population menait à l’instabilité, et qu’une population de 10 milliards d’individus ne serait pas « contrôlable. »

Dixit McNamara : « Ce n’est pas un monde dans lequel aucun d’entre nous ne voudrait vivre. Un tel monde est-il inévitable ? Cela n’est pas certain mais il n’existe que deux façons d’éviter un monde à 10 milliards d’individus. Soit le taux de naissance actuel doit chuter encore plus rapidement, soit le taux de mortalité actuel doit augmenter. Il n’y a pas d’autre voie. » p.79

 

En novembre 1993, le programme de CBS-TV 60 Minutes produisit des preuves formelles que notre analyse [sur la guerre « contre » la drogue] est correcte. Les officiels de la DEA [Drug Enforcement Agency – organisme US de lutte contre la drogue], y compris l’ex-juge de la DEA Bonner accusèrent la CIA d’avoir importé une tonne de cocaïne pure en une traite depuis le Venezuela. Elle fut vendue dans les rues des USA.

Cette même opération de la CIA créa un réseau de trafic à Haïti à l’aide d’un « réseau des renseignements » utilisé comme couverture et opérant sous les ordres du Général Cedras.

500 kg de l’envoi vénézuélien furent saisis à l’aéroport de Miami. La DEA et les douanes furent ordonnés de laisser faire parce que la cocaïne était importée à l’approbation du gouvernement des États-Unis.

De plus, le Ministère de la Justice savait à propos de cet envoi et ne fit rien. Le Sénateur Boren (Skull & Bones) savait à propos de cet envoi et ne fit rien. Un Sénateur représentant le ppeuple américain ferma les yeux.

Seuls quelques officiels de la DEA firent leur boulot ! Culminant en ce programme de CBS en 1993. p.88

 

Le plus grand laboratoire de cocaïne de Colombie fut construit et géré par la CIA. Le Lieutenant-Colonel « Bo » Gritz a accusé et fourni des preuves du fait que le Triangle d’Or, le plus gros producteur d’héroïne au monde, a des liens avec Washington DC. On sait que la CIA a financé les rebelles afghans et les « contras » du Nicaragua grâce à des ventes de drogue. Il y a des tonnes de cas … en résumé, une large portion du trafic opère avec l’approbation de Washington. p.90

Triangle d’or & Afghanistan – 2 succès de la lutte pour la drogue

Le plus grand laboratoire de cocaïne de Colombie fut construit et géré par la CIA. Le Lieutenant-Colonel « Bo » Gritz a accusé et fourni des preuves du fait que le Triangle d’Or, le plus gros producteur d’héroïne au monde, a des liens avec Washington DC. On sait que la CIA a financé les rebelles afghans et les « contras » du Nicaragua grâce à des ventes de drogue. Il y a des tonnes de cas … en résumé, une large portion du trafic opère avec l’approbation de Washington. [Antony Sutton, La Trilatérale en Amérique, p.90]

 

Déposition du Lieutenant-Colonel James ‘Bo’ Gritz devant
la ~Commission du Congrès sur le Contrôle des Drogues~ Mardi 30 juin 1987

 

900 tonnes d’héroïne et d’opium entreront le monde libre depuis le ‘Triangle d’Or’ du sud-est asiatique cette année. La raison en est que les impôts des Américains et de l’équipement américain ont été utilisés pour construire une nouvelle route qui permettra à de grandes quantités de drogues de quitter les territoires Shan du Général Khun Sa, plutôt que d’être acheminées au compte-goutte par cheval ou par mule comme cela a été le cas jusqu’au début de cette année.

L’année dernière 600 tonnes d’opiacés sont sorties de cette zone. Les rapports de presse inclus dans ma déposition montrent qu’il est logistiquement impossible d’augmenter la production à 900 tonnes. La nouvelle route, facilement capable d’accommoder des camions de 10 tonnes, en permet non seulement la capacité, mais également la réalité. Le fait décevant est que cette nouvelle artère a été construite par le gouvernement thaïlandais avec de l’argent, des ouvriers, du temps, et des matériaux fournis par nos fonds de lutte contre la drogue.

De plus, il existe une forte possibilité que des éléments au sein du gouvernement américain soient les meilleurs clients de Khun Sa. Le fait est que pendant 15 ans les contribuables américains, à travers des corps législatifs tels que ce comité et des agences de l’exécutif telles que celles qui ont témoigné aujourd’hui, ont balancé des centaines de millions de $ dans des programmes de lutte contre la drogue en Thaïlande et Birmanie qui n’ont fait rien d’autre que d’alimenter les flux de drogues de l’Asie vers les USA. La preuve est statistiquement claire. Il y a 15 ans, le flux d’opiacés était de 60 tonnes ; cette année, il approchera ou dépassera les 900 tonnes.

[…]

Le Général Khun Sa est reconnu comme le seigneur de la drogue et contrôle le Triangle d’Or avec une armée bien disciplinée de 40.000 soldats Shan. Il a affirmé devant moi et devant trois autres témoins américains, sur vidéo, qu’il désirait grandement arrêter le trafic de drogue, mais que nous ne le laissions pas faire. Il a promis que si nous lui donnions n’importe quelle alternative économique, il ne se contentera pas de juguler le flux de drogues dans les zones qu’il contrôle, il l’arrêtera. Il a dit par exemple que pour 1/10ème de l’argent que nous donnons à l’heure actuelle aux Birmans pour la lutte contre la drogue, mis à disposition sous la forme d’aide économique et de substitution de cultures, il utilisera ses forces armées pour implémenter ce que nous ne pouvons faire et n’avons pas fait. Khun Sa a également stipulé que les Birmans doivent cesser d’utiliser les 12 hélicoptères Bell et avions donnés par les USA pour répandre de l’agent orange et des herbicides sur l’état Shan, son peuple, les animaux, la nourriture et l’eau. Tout ce que j’ai présenté jusqu’à présent est confirmé par des documents écrits et enregistrés mis à disposition du Comité.

[…]

J’ai essayé de toutes les manières possibles de coopérer avec le comité et ses membres. J’ai fourni des cassettes vidéo, seulement pour être informé que le président a bloqué leur distribution…J’ai reçu une lettre par courrier la semaine dernière. Elle émanait de Khun Sa. L’enveloppe scellée et agrafée avait été ouverte. À l’intérieur, le pamphlet, qui était également agrafé, avait été ouvert et son contenu volé. J’avais demandé à Khun Sa de transcrire son enregistrement, le signer de sa main en présence de deux témoins. On m’a assuré que ce document se trouvait dans l’enveloppe ouverte…

[…]

Votre objectif est de représenter les intérêts américains dans le contrôle de la drogue. Vous influencez grandement comment nos impôts sont utilisés et ainsi avec quelle efficacité les agences gouvernementales font leur travail. Mon objectif est de ramener à la maison les prisonniers de guerre tant qu’ils sont encore en vie. Ni l’un ni l’autre n’avons pu faire beaucoup de progrès parce que je suis convaincu qu’il y a des individus au sein du gouvernement qui nous font tête à tous les deux. Si les prisonniers de guerre rentraient chez eux, l’enquête qui en résulterait exposera leur implication dans le trafic de drogue ; si les drogues s’arrêtent, leur source de revenus disparaît.

[…] [Antony Sutton, La Trilatérale en Amérique, Annexe]

Opium production in Afghanistan 1994 - 2015 (Tons)

À l’été 2001 les Talibans avaient réussi à éradiquer la production d’opium qu’il considéraient comme en violation de la charia. Heureusement est venue l’invasion de l’OTAN et la production d’opium à pu repartir de plus belle. L’Afghanistan est désormais le premier producteur mondial d’héroïne tout ça grâce à la présence des forces alliées occidentales! Wouhouhh, un succès de plus pour le monde libre!

The spice must flow…

La CIA et la Guerre Froide Culturelle III

S’en suivit une volée de télégrammes entre le Département d’État et les missions USIA [Agence d’Information des États-Unis] (Berlin, Brême, Düsseldorf, Francfort, Hambourg, Munich, Hanovre, Stuttgart,  Fribourg, Nuremberg, Paris) alors que l’interdiction des livres s’accélérait : ‘Enlevez tous les ouvrages de Sartre des collections de toutes les Amerika Hauser.’ ‘Tous les ouvrages des auteurs suivants doivent être enlevés : Dashiell Hammett, Helen Kay, Gene Weltfish, Langston Hughes, Edwin Seaver, Bernhard Stern, Howard Fast. […] John Abt, J. Julius, Marcus Singer, Nathan Witt. […] W. E. B. Dubois, William Foster, Maksim [sic] Gorki, Trofim Lysenko, John Reed, Agnes Smedley.’ Herman Melville fut harponné, et tous les livres illustrés par Rockwell Kent furent retirés. […]
Le nombre moyen d’ouvrages envoyés vers l’étranger par l’USIA en 1953 plongea de 119.913 à 314. Nombre de livres retirés des bibliothèques avaient été brûlés par les nazis. Condamnés au pilori pour la seconde fois furent La Montagne Magique de Thomas Mann, les Œuvres choisies de Tom Paine, la Théorie de la Relativité d’Albert Einstein, les écrits de Sigmund Freud, Pourquoi Je Suis Devenue Socialiste d’Helen Keller, et Dix Jours qui Ébranlèrent le Monde de John Reed. L’essai de Thoreau De la Désobéissance Civile fut banni par les USA en même temps qu’il fut interdit par la Chine maoïste.  p.193-194

‘…encore aujourd’hui, on accorde aux communistes et sympathisants communistes une certaine respectabilité dans les cercles intellectuels et culturels que l’on n’aurait jamais accordé à un nazi ou un néo-fasciste.’ p.227

…l’absolutisme en politique, qu’il prenne la forme du maccarthysme, d’un anti-communisme libéral, ou du stalinisme, n’était pas une question de gauche ou de droite, il cherchait à ne pas laisser l’Histoire dire la vérité. ‘C’est tellement corrompu, il ne s’en rend même pas compte,’ dit Jason Epstein. ‘Quand ces gens parlent d’une « contre-intelligentsia », ce qu’ils font c’est qu’ils créent un système de valeurs faux et corrompu destiné à soutenir l’idéologie dans laquelle ils sont engagés sur le moment. La seule véritable chose à laquelle ils sont voués c’est le pouvoir, et l’introduction de stratégies tsaristes-stalinistes dans la politique américaine. Ils sont tellement corrompus qu’ils ne s’en rendent probablement pas compte. Ce sont de mesquins apparatchiks menteurs. Des gens qui ne croient en rien, qui sont contre quelque chose, ne devraient pas partir en croisade ou commencer des révolutions.’ p.229

[Président des USA Harry Truman en 1948 après une visite à la National Gallery:] ‘C’est un plaisir d’observer la perfection et ensuite de penser  aux modernes fainéants et insensés. C’est comme comparer Christ et Lénine.’ p.252

Au Congrès [des USA], une campagne fut lancée par un Républicain du Missouri, George Dondero, qui déclara que le modernisme faisait tout simplement partie d’un complot mondial destiné à affaiblir la résolution américaine. ‘Tout art moderne est communiste,’ annonça-t-il… ‘Le cubisme vise à détruire par un désordre arrangé. Le futurisme vise à détruire via le mythe de la machine…Le dadaïsme vise à détruire par le ridicule. L’expressionnisme vise à détruire en copiant le primitif et l’insensé. L’abstractionnisme vise à détruire par la création de brainstorms… Le surréalisme vise à détruire par la négation de la raison.’ p.253

[Tom Braden, CIA, à propos de la Guerre Froide culturelle] ‘…C’est une des raisons pour lesquelles cela devait être fait officieusement ; ça devait être officieux parce que cela aurait été refusé s’il avait fallu organiser un vote démocratique. Afin d’encourager l’ouverture, nous devions opérer en secret.’ Là encore on retrouve ce sublime paradoxe de la stratégie américaine pendant la Guerre Froide culturelle : afin de promouvoir l’acceptation de l’art produit en (et vanté comme l’expression de la) démocratie, le procédé démocratique lui-même devait être contourné. p.257

[Eva Cockroft dans un article de 1974 ‘Expressionnisme Abstrait : Arme de la Guerre Froide’] : ‘Les liens entre la politique de la Guerre Froide culturelle et le succès de l’expressionnisme abstrait ne sont pas une simple coïncidence…En termes de propagande culturelle, les fonctions à la fois de l’appareil culturel de la CIA et les programmes internationaux du MoMA [Musée d’Art Moderne] étaient proches et, en fait, se supportaient mutuellement.’ p.263

En 1948, Lincoln Kirstein, ex-activiste du MoMA, se plaignait dans Harper’s que le musée ‘a fait son boulot presque trop bien’ en se transformant en ‘une académie abstraite moderne’ dont il définissait les principes comme ‘l’improvisation comme méthode, la déformation comme formule, et la peinture…comme un amusement manipulé par des décorateurs d’intérieur et des vendeurs sous pression’. p.265

La CIA et la Guerre Froide Culturelle II

Il fut un temps où le New York des années 1930 fut décrit comme ‘la partie la plus intéressante de l’Union Soviétique’. p.47

En avril [1949], Henry Luce, propriétaire et directeur de rédaction de l’empire Time-Life, supervisa personnellement une double page dans le magazine Life attaquant les dégradations du Kremlin  et de ses ‘dupes’ américaines. Montrant cinquante photos d’identité, l’article était une attaque ad hominem qui préfigurait les listes noires officieuses du sénateur McCarthy. Dorothy Parker, Norman Mailer, Leonard Bernstein, Lillian Hellman, Aaron Copland, Langston Hughes, Clifford Odets, Arthur Miller, Albert Einstein, Charlie Chaplin, Frank Lloyd Wright, Marlon Brando, Henry Wallace – tous furent accusés de fréquenter le communisme. Ceci venait du même magazine Life qui en 1943 avait alloué un numéro entier à l’URSS, affichant Staline sur la couverture, et louant le peuple russe et l’Armée Rouge. p.52

Sous-estimer le rôle du gouvernement britannique dans la fabrication d’une image chaleureuse de Staline durant l’alliance du temps de la guerre revient à ignorer l’une des vérités fondamentales de la Guerre Froide : l’alliance entre le monde libre et la Russie contre les nazis fut le moment où l’histoire elle-même semble avoir conspiré pour former l’illusion que le communisme était un système politique acceptable. Le problème auquel le gouvernement britannique dut faire face après la 2ème GM était de savoir comment démonter les fausses vérités qu’il avait systématiquement construites ou défendues durant les années précédentes. p.58

‘Le public français est largement, et de manière choquante, ignorant de la vie et de la culture américaines,’ écrivit [Sidney] Hook. ‘Son image de l’Amérique est un patchwork d’impressions dérivées de la lecture de romans sur les manifestations et la révolte sociales (Les Raisins de la Colère de Steinbeck est pris pour un compte-rendu fidèle et représentatif), les romans de la dégénérescence américaine (Faulkner) et l’ineptie (Sinclair Lewis), du visionnage de films américains, et de l’exposition à un barrage communiste incessant qui s’infiltre dans la presse non communiste. La rééducation informationnelle du public français me semble être la tâche la plus fondamentale et la plus pressante de la politique démocratique américaine en France, un objectif vers lequel presque rien d’effectif n’a été fait.’

En réalité, ce que [Hook] proposait était l’expurgation des expressions du style de vie américain qu’il jugeait être en conflit avec la ‘politique démocratique’ du gouvernement à l’étranger. C’était une distorsion phénoménale des principes même de la liberté d’expression, irréconciliable avec les prétentions d’une démocratie libérale au nom de laquelle cela était proposé. p.70

Alors qu’il [Irving Brown] soutenait énergétiquement le Congrès [de Berlin sur la Liberté Culturelle – propagande US anti-soviétique], son inclination naturelle était de dépenser l’argent disponible pour financer Force Ouvrière, appuyée par la CIA, dans ses tentatives de casser les syndicats de dockers à Marseille, où les fournitures et l’approvisionnement en armes du plan Marshall faisaient face à un blocus quotidien. p.94

L’objectif dans le soutien des groupes gauchistes [dont la gauche non communiste] n’était pas de les détruire ni même de les dominer, mais plutôt de maintenir une proximité discrète et de surveiller la pensée desdits groupes ; de leur fournir un moyen d’expression qui serve de soupape d’évacuation [à leur colère] ; et, en dernier recours, d’exercer un droit de veto sur leur communication au grand public et éventuellement leurs actions, au cas où ils deviendraient trop ‘radicaux’. p.98

…l’Union Soviétique dépensait plus en propagande culturelle en France seule que les Etats-Unis dans le monde entier. p.115

La liberté culturelle n’était pas donnée. Au cours des 17 années suivantes, la CIA allait pomper des dizaines de millions de $ dans le Congrès pour la Liberté Culturelle et autres projets connexes. Avec un engagement de ce type, la CIA agissait de facto comme le Ministère de la Culture américain. p.129

…sur la période 1963-66, des 700 subventions de plus de 10.000$ données par 164 fondations, au moins 108 incluait un financement partiel ou complet venant de la CIA. p.134-135

Le plan ‘doctrinaire’ ou ‘stratégique’ du PSB [Psychological Strategy Board] fut à l’origine proposé comme un document stratégique appelé PSB D-33/2. Le document lui-même est toujours classifié, mais dans un long mémo interne un officier inquiet du PSB, Charles Burton Marshall, cita librement les passages qui lui causaient le plus de problèmes. ‘Comment un gouvernement [peut-il] interposé avec un vaste système doctrinal de son cru sans prendre la coloration du totalitarisme ?’demanda-t-il. ‘Le document n’en indique aucun. En effet, il accepte l’uniformité comme un substitut pour la diversité. Il postule un système justifiant « un type particulier de croyance et de structure sociales », fournissant « un ensemble de principes pour les aspirations humaines », et embrassant « tous les champs de la pensée humaine » – « tous les champs des intérêts intellectuels, de l’anthropologie et des créations artistiques à la sociologie et la méthodologie scientifique. »’ Marshall (qui allait devenir un fervent opposant au PSB) continua en critiquant l’appel du document à ‘ « une machinerie » destinée à produire des idées représentant « le style de vie américain » sur « une base systématique et scientifique. »’ ‘Il anticipe « une production doctrinale » sous un « mécanisme de coordination, »’ nota Marshall. ‘Il affirme « la priorité [premium] donnée à une action rapide et positive permettant de galvaniser la création et la distribution d’idées »…Il prévoit un « mouvement intellectuel à long terme » comme naissant de cet effort et ayant l’objectif non seulement de contrer le communisme mais en fait de « casser les schémas de pensée doctrinaires mondiaux » fournissant une base intellectuelle aux « doctrines hostiles aux objectifs américains. »’ Sa conclusion était sans appel : ‘C’est aussi totalitaire qu’on peut l’être.’
Marshall avait également un problème avec le fait que le PSB comptait sur ‘« des théories sociales non rationnelles »’ qui mettaient l’accent sur le rôle d’une élite ‘ « d’une manière faisant penser à Pareto, Sorel, Mussolini et autres. »’… ‘Les individus sont relégués au dernier rang,’ Marshall continua. ‘La supposée élite émerge comme étant le seul groupe qui compte. L’élite est définie comme « ce groupe numériquement restreint capable de et intéressé par la manipulation de sujets doctrinaux », les hommes d’idées qui tirent les ficelles intellectuelles « en formant, ou au moins en prédisposant, les attitudes et opinions » de ceux qui, à leur tour, mènent l’opinion publique.’… L’utilisation d’élites locales devait servir à cacher l’origine américaine de cet effort ‘en sorte qu’il paraisse être un développement indigène’. Mais cela n’était pas juste destiné aux étrangers. Bien que le document niait toute intention d’utiliser de propagande à l’encontre des Américains, il s’engageait en faveur d’un programme d’endoctrinement dans les forces armées en injectant les idées justes dans les bandes dessinées des soldats, et en incitant les chapelains à les propager. p.149-150

La CIA et la Guerre Froide Culturelle I

Frances Stonor Saunders

Qui mène la danse ? La CIA et la Guerre froide culturelle (épuisé)

Les individus et institutions subventionnés par la CIA devaient prendre part à une vaste campagne de persuasion, une guerre de propagande dans laquelle ‘propagande’ était défini comme ‘n’importe quel effort ou mouvement organisé pour disséminer de l’information ou une doctrine particulière au moyen d’informations, d’attractions ou arguments spéciaux destinés à influencer les pensées et actions de n’importe quel groupe donné.’ Un élément vital de cet effort était la ‘guerre psychologique’, qui était définie comme ‘l’utilisation planifiée par une nation de la propagande et d’activités autres que le combat et qui communiquent des idées et de l’information destinées à influencer les opinions, les attitudes, les émotions et le comportement de groupes étrangers en sorte que cela aidera à l’accomplissement des objectifs nationaux.’ De plus, le ‘type de propagande le plus efficace’ était défini comme celui grâce auquel ‘le sujet de dirige dans la direction que vous souhaitez pour des raisons qu’il croit être siennes’. p.4

En tant que compositeur, [Nicolas] Nabokov fut assigné à la section musique [de la Division du Contrôle de l’Information, branche de l’US Strategic Bombing Survey en Allemagne en 1945], où on attendait de lui qu’il ‘établisse des armes psychologiques et culturelles efficaces pour détruire le nazisme et promouvoir le désir sincère d’une Allemagne démocratique. Sa tâche fut ‘d’éjecter les nazis de la vie musicale allemande et d’autoriser les musiciens allemands (leur donner le droit d’exercer leur profession) qui croyaient être des Allemands « propres »,’ et de ‘contrôler les programmes des concerts allemands et de faire en sorte qu’ils ne deviennent pas des représentations nationalistes.’ p.13

En plus de Furtwängler, Herbert von Karajan et Elisabeth Schwarzkopf furent tous deux bientôt exonérés par des commissions alliées, en dépit de leur passé douteux. Dans le cas de von Karajan, cela n’était pour ainsi dire pas nié. Il était membre du parti depuis 1933, et n’hésitait jamais à débuter ses concerts avec ce morceau favori des nazi qu’était ‘Horst Wessel Lied’. Ses ennemis l’appelaient ‘SS Colonel von Karajan’. Mais en dépit de son approbation du régime nazi, il fut rapidement remis en place comme chef incontesté du Philharmonique de Berlin, l’orchestre qui dans les années suivant la fin de la guerre fut présenté comme le rempart symbolique du totalitarisme soviétique. p.15

William Donovan, chef du Service de Renseignements US en temps de guerre, prononça un jour une phrase restée célèbre : ‘J’embaucherai Staline si je pensais que cela nous aiderait à vaincre Hitler.’ Dans un retournement de veste trop facile, il était désormais évident que les Allemands ‘devaient devenir nos nouveaux amis, et les Russes-sauveurs l’ennemi’. Pour Arthur Miller, ceci était ‘une chose ignoble. Il m’a semblé dans les années qui suivirent que ce changement radical, ôter les étiquettes Bien et Mal à une nation pour les coller à une autre, contribua à éroder la notion même d’un monde ne serait-ce que théoriquement moral. Si l’ami du mois passé pouvait si rapidement devenir l’ennemi de ce mois-ci, quelle profondeur de réalité le bien et le mal pouvaient-ils avoir ? Le nihilisme – encore pire, l’amusement fatigué – envers le concept même d’un impératif moral, qui allait devenir le signe de la culture internationale, naquit au cours de ses huit à dix années de réalignement suite à la mort d’Hitler.’ p.16

La promotion d’artistes noirs allait devenir une priorité urgente pour les soldats Américains de la Guerre Froide. p.20

En accord avec les universitaires, auteurs et directeurs de pièces américains, un vaste programme théâtral fut lancé. Des pièces de Lillian Hellman, Eugene O’Neill, Thornton Wilder, Tennessee Williams, William Saroyan, Clifford Odets et John Steinbeck furent présentées à un public enthousiaste, amassé dans des théâtres glacés où des stalactites menaçantes pendaient des plafonds. Suivant le principe de Schiller d’un théâtre comme ‘moralische Anstalt’ [institution morale], selon lequel les hommes peuvent assister à la représentation des principes de base de la vie, les autorités américaines établirent une liste des leçons morales souhaitables. Ainsi, sous la rubrique ‘Liberté et Démocratie’ vinrent Peer Gynt d’Ibsen, Le Disciple du Diable de Shaw, et Abe Lincoln dans l’Illinois de Robert Sherwood. ‘Le Pouvoir de la Foi’ se trouvait exprimé dans les drames de Faust, Goethe, Strindberg, Shaw. ‘L’Égalité de l’Homme’ était le message à tirer de Lower Depths de Maxim Gorki et du Médée de Franz Grillparzer. Sous la rubrique ‘Guerre et Paix’ on trouvait Lysistrate d’Aristophane, La Fin du Voyage de R. C. Sherriff, Skin of our Teeth de Thornton Wilder, et A Bell for Adano de John Hersey. ‘Corruption et Justice’ était le thème d’Hamlet, de Revisor de Gogol, du Mariage de Figaro de Beaumarchais, et de l’œuvre d’Ibsen en général. Cela continuait avec ‘Le Crime Ne Paie Pas’, ‘La Morale, les Goûts et les Manières’, ‘La Poursuite du Bonheur’, jusqu’à ‘L’Exposition au Nazisme’. Furent jugées inappropriées ‘pour l’état mental et psychologique présent des Allemands, toutes les pièces acceptant la maîtrise aveugle du destin qui mène à une inévitable destruction et autodestruction, comme les classiques grecs.’ Furent également placés sur la liste noire Jules César et Coriolan [de Shakespeare] (‘glorification de dictateurs’) ; Prinz von Homburg et Kleist (‘chauvinisme’) ; Living Corpse de Tolstoï (‘une critique juste de la société mène à des fins antisociales’) ; toutes les pièces de Hamsun (‘de l’idéologie nazie pure et simple’), et toutes les pièces par qui que ce soit d’autre qui ‘[ont servi] le nazisme’.

Ayant en tête l’injonction de Disraeli selon laquelle ‘un livre peut être aussi terrible qu’une bataille’, un vaste programme de livres fut lancé, destiné en priorité à ‘projeter la version Américaine [de l’histoire] au lecteur allemand de la manière la plus efficace possible’. Avec l’aide de maisons d’éditions commerciales, le gouvernement d’occupation assura l’approvisionnement permanent de ‘livres génériques’ jugés ‘plus acceptables que les publications du gouvernement, parce qu’ils n’ont pas le relent de la propagande’. p.21-22

‘Il y a deux célèbres « derniers mots »,’ Bohlen aimait à dire. ‘Le premier est « l’alcool ne me fait aucun effet » ; et l’autre est « Je comprends les Russes. »’ p.36