Antony Sutton – Suicide d’État : Aide Militaire à l’Union Soviétique II

La communauté scientifique américaine fait également deux poids deux mesures concernant l’aide à l’Union Soviétique.
La communauté scientifique, ou du moins un large fragment, fait la distinction entre différents types de régimes totalitaires, ayant une préférence pour l’un mais pas pour l’autre. En 1939, un groupe de physiciens américains proéminents, incluant Einstein et Weisskopf, se mit d’accord pour limiter la publication d’informations sur l’énergie atomique et ses applications militaires. Cette autocensure fut amenée par la menace du penchant auto-proclamé d’Hitler pour l’agression et son antisémitisme féroce. C’était une décision éminemment acceptable. En revanche, quand on en vient à l’Union Soviétique, qui souffre de ce même penchant pour l’agression et l’antisémitisme, la communauté scientifique (y compris Weisskopf) se déclare en faveur de la publication d’informations sur l’énergie atomique et pour l’aide technique sur les points essentiels. Pour donner un exemple, l’accélérateur linéaire soviétique Serpokhov n’a été rendu possible que grâce à l’assistance soutenue par Weisskopf, président du Comité Consultatif sur la Physique des Hautes Énergies de la Commission sur l’Énergie Atomique. Il existe un élément d’égoïsme dans ceci, parce que si les Soviétiques ont un accélérateur massif (qu’ils ne peuvent pas construire eux-mêmes), les scientifiques américains ont alors un moyen d’aiguillonner le Congrès pour obtenir la construction de machines encore plus grandes aux USA. Cela n’a pas manqué puisqu’en 1970 le Congrès a voté un budget de 250 millions de $ pour l’unité à 200 GeV de Weston, Illinois. À l’évidence, les scientifiques pousseront maintenant pour plus d’assistance technique aux Soviétiques puis reviendront devant le Congrès et, pointant du doigt « le progrès extraordinaire » des Soviétiques, déclareront que les USA ne doivent pas « se laisser dépasser. » Et ainsi de suite, toujours aux frais du contribuable et de la sécurité nationale. p.38

Les usines conçues et construites en 1929-1932 sous le plan Kahn [Albert Kahn, Inc., Detroit] étaient de taille véritablement gigantesque – bien plus grande que les unités conçues et construites par cette même compagnie dans le reste du monde – et, en plus, avaient des ateliers distincts pour la fabrication d’intrants et de pièces détachées. L’usine d’Elmash dans l’Oural, dans le « tringle d’acier » de Staline, multiplia la capacité de fabrication soviétique d’équipements électriques par un facteur de sept. L’usine Khemz à Kharkov, conçue par General Electric, avait une capacité de fabrication de turbines électriques deux fois et demie plus grande que la principale usine de GE à Shenectady. Magnitogorsk, elle aussi dans le « tringle d’acier, » une réplique de l’usine d’U.S. Steel à Gary, Indiana, était la plus grande usine de fer et d’acier jamais construite. p.43

D’après les documents de Clemenceau, Raymond Robins, un acteur richissime de Wall Street, « fut capable d’envoyer une mission subversive de Russes Bolchéviques en Allemagne pour lancer une révolution là-bas. »
William B. Thomson, directeur de la Banque de la Réserve Fédérale de New York, d’après ses propres déclarations à la presse (Washington Post, 2 février 1918), délivra 1 million de $ afin d’aider les Bolchéviques.  p.47

…les interventions à la foi de Mourmansk et en Sibérie, notées dans les livres d’histoire modernes comme toutes deux des interventions hostiles, furent accomplies par les alliés occidentaux avec la permission express et la coopération des soviétiques. La véritable histoire de la participation américaine dans la révolution bolchévique reste encore à être découverte. p.47-48

En mars 1939, le Département d’État approuva une proposition (déjà approuvée par le Ministère de la Marine) par laquelle l’Electric Boat Company de Groton, Connecticut, fournirait les plans, les spécifications, et l’aide à la construction à l’Union Soviétique pour un sous-marin. p.50

 

Les fournitures américaines à l’Union Soviétique via l’accord Lend Lease 1941-1946

La Catégorie I incluait les avions et équipements pour avions. Un total de 14.018 avions furent envoyés, dont des avions de chasse, des bombardiers légers, des bombardiers moyens, un bombardier lourd, des avions de transport, des hydravions à coque, des avions d’observation, et des avions d’entraînement. De plus, des simulateurs de vol, une quantité considérable de plaques en acier perforées utilisées pour des pistes d’atterrissage improvisées ainsi que de l’équipement de communication furent envoyés.

La Catégorie II comprenait des fournitures militaires de tous types. Quelques 466.968 véhicules furent fournis. Les véhicules de combat comprenaient 1.239 tanks légers, 4.957 tanks moyens, 2.000 canons automoteurs, 1.104 autochenilles blindées [half-tracks], 2.054 Scout Cars blindés. Les 2.293 véhicules militaires de service incluaient 1.534 camions de réparation, 629 transporteurs de tanks. Les camions comprenaient 47.728 jeeps, 24.564 camions de 750 kg, 148.664 camions de 1,5 T, 182.938 camions de 2,5 T, et des quantités plus petites de camions amphibies de 2,5 T, de camions de 5 T, et de camions spécialisés. On envoya également 32.200 motos, 7.570 tracteurs à chenilles avec 3.216 moteurs de tracteurs supplémentaires. Tous les véhicules étaient fournis avec des pièces détachées et des munitions en accord avec les standards de l’armée US.

325.784 tonnes d’explosifs furent envoyées, dont 129.667 tonnes de poudre ne produisant pas de fumée, et 129.138 tonnes de TNT. L’équipement de communication sans fil incluait pas moins de 35.779 stations radio (1 kW et moins) et les équipements connexes, y compris des stations radio plus puissantes, des localisateurs radio, 705 appareils pour déterminer la direction radio, 528 altimètres radio, 800 boussoles radio, 63 relais radio, et de grandes quantités de tubes radio, de composants, d’accessoires, et d’équipement pour les tests et mesures. Des machines de construction d’une valeur supérieure à 10 millions de $ comprenaient 5.599.000 $ d’équipement destiné à la fabrication de routes et d’avions, 2.459.000 $ en équipement à fixer à l’avant de tracteurs, 2.099.000 $ de bétonnières et de machines à poser des pavés, et 365.000 $ d’équipement destiné à la construction de chemins de fer. L’équipement pour chemins de fer incluait 1.900 locomotives à vapeur, 66 locomotives à moteur électrique-diesel, 9.920 wagons plats, 1.000 wagons à déversement latéral [Modalohr], 120 wagons-citernes, et 35 wagons [heavy machinery], pour un total de 13.041 unités. Les autres éléments militaires envoyés comprenaient 15 ponts par câbles, 5 pipelines portables, 62 citernes de stockage portables, 100.000 lampes-torches à piles, et 13 ponts flottants.

La Catégorie III comprenait les équipements de la marine. Les navires non destinés au combat incluaient 90 vaisseaux [dry-cargo], 10 tankers, 9 tankers Wye, 3 brise-glace, 20 remorqueurs, 1 schooner à vapeur, 2.398 bateaux pneumatiques, 1 motor launch [navire militaire], 2 ateliers de réparations flottants.  Les navires de combat envoyés à l’Union Soviétique comprenaient 46 chasseurs de sous-marins de 33 mètres, 57 chasseurs de sous-marins de 20 mètres, 175 torpilleurs, 77 démineurs, 28 frégates, 52 petits bâtiments de débarquement, 8 bâtiments de débarquement de chars, et 6 péniches. La machinerie de propulsion des navires incluait 3.320 moteurs diesels, 4.297 moteurs gasoil, 108 moteurs au gaz de bois, 2.150 moteurs hors-bord, 254.000$ d’hélices pour bateaux et d’arbres mécaniques, 50.000 $ d’instruments de direction, 40 batteries de stockage pour sous-marins, et diverses pièces et équipements (pour une valeur de 2.744.000 $) pour la machinerie de propulsion de navire. Les équipements de marine spécialisés comprenaient 1.047.000 $ d’équipement de plongée et de stations de sauvetage, 109.000 $ d’appareils pour l’embarcadère/débarcadère, une chambre de secours sous-marine, un évaporateur [pour faire de l’eau douce à partir d’eau de mer] évalué à 36.000 $, et divers équipements pour 44.000 $.  Furent envoyés également des équipements de chalutage pour démineurs pour 3.778.000 $, des équipements mécaniques et électriques pour remorqueurs pour 545.000 $, des équipements mécaniques et électriques pour transbordeurs pour 1.717.000 $. Une grande quantité de pièces d’artillerie de marine et de munitions comprenait 1.849 canons Oerlikon et pour 2.692.000 $ de canons pour navires [naval guns]. p.51-52

 

Pourquoi le Département d’État a-t-il passé un accord en 1966 pour permettre à un ingénieur soviétique d’entrer aux USA et d’étudier la fabrication d’accéléromètres seulement quelques mois après qu’un autre Soviétique a été empêché par le FBI d’acheter un accéléromètre? p.56

Les roulements à billes font partie intégrante de tous les systèmes d’armement ; aucun substitut n’est connu. L’intégralité de la capacité de production de roulements à billes de l’Union Soviétique trouve son origine en Occident…Tous les tanks soviétiques et les véhicules militaires fonctionnent à l’aide de roulements à billes fabriqués sur des machines occidentales ou sur des copies de machines occidentales. Tous les missiles soviétiques et les systèmes connexes dont les systèmes de guidage ont des roulements à billes fabriqués sur des machines occidentales ou sur des copies soviétiques de ces machines. p.56-57

Où est le Congrès ? Où est la presse ? On est tellement avancé sur le chemin du suicide d’État que nous fournissons désormais des roulements à billes pour les systèmes de guidage des missiles soviétiques et personne ne prend la peine de s’insurger. p. 62

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