Martin Armstrong sur les mouvements à venir pour l’or

http://www.armstrongeconomics.com/archives/35465

Pour atteindre un sommet sur un marché donné lors d’une phase de transition, 99% des acteurs doivent être bullish [haussiers]. De la même manière, pour atteindre un creux, 99% des acteurs doivent être bearish [baissiers]. Le marché fonctionne comme ça, point. Maintenant on commence à voir la tendance baissière se répandre dans les métaux précieux, car les promoteurs de l’or avancent tellement d’arguments fallacieux et d’excuses pour expliquer pourquoi ils ont tort, au point que ce groupe aide à renforcer cette attitude qui consiste à dénigrer ces métaux précieux parmi les investissements sérieux, et sans ces derniers il n’y a pas de marché haussier. [Le WSJ, Bloomberg, le Post, et Deutsche Bank font part de leur pessimisme.] L’or se dirige clairement vers le plus bas nécessaire [avant le rebond]…

L’or doit perdre tous ses amis, et les promoteurs de l’or doivent être discrédités. C’est comme cela que les marchés atteignent leur plus haut et leur plus bas, quel que soit le marché dont on parle. […] Il faut secouer l’arbre avant qu’un renversement de tendance ait lieu, quel que soit le marché. La majorité doit se tourner contre l’or, car, au final, ce sera le carburant qui alimentera le renversement de tendance – la couverture des shorts [vente sans avoir le produit], pas l’achat de base. Le plus bas sera une question de TEMPS et de PRIX, et quand cette combinaison sera atteinte, alors seulement la tendance s’inversera. Au lieu de jeter le blâme sur moi, essayez d’apprendre quelque chose si vous voulez jouer au jeu du marché…

Il y a des promoteurs de l’or qui prétendent pouvoir prouver que l’or papier [ETF] maintient le prix de l’or artificiellement bas. Si cela était vrai, ça s’appliquerait à tous les futures. De plus, ils n’ont aucun problème quand les prix montent. Si leur théorie était correcte, pourquoi acheter de l’or ? Laissez tomber et achetez des actions.

L’or papier est la seule raison pour laquelle l’or a un marché viable. Sans une chambre de compensation, n’importe quelle matière première devient illiquide. Comment fixez-vous le prix ? Cela devient comme de l’art. Sa valeur n’est plus qu’une question d’opinion…

L’or ajusté pour l’inflation (en $ de 1982)

Un investissement de 1.000$ en or en 1980 contre un investissement de 1.000$ dans le Dow montre que ce dernier a fait de l’argent et que le premier a perdu plus de 50% de sa valeur, étant donné que, ajusté pour l’inflation, l’or devrait être à 2.300$ pour retrouver la somme investie. L’or na pas vraiment été dans un marché haussier…

Aucun marché n’est à sens unique. Nous avons expliqué que le pic à la hausse de l’or était l’apogée d’un cycle de 13 ans et qu’une correction suivrait à partir de 2011. On a fourni l’objectif selon lequel l’or passerait sous la barre des 1.000$, et fourni également le timing pour le plus bas et le renversement de tendance. Cela s’appelle de l’analyse. Rien ne bouge dans une seule direction. Tous les marchés montent, baissent, puis montent à nouveau…

 

http://www.armstrongeconomics.com/archives/35498

Indice des Prix des Matières Premières US – le pouvoir d’achat de l’or a fluctué de tout temps –

La probabilité de l’effondrement du $ est maintenant à 0. La crise va se manifester d’abord en Europe. Le $ va monter car les capitaux chercheront à s’échapper et se mettre hors d’atteinte. La dette publique des US, à 18.000 milliards de $, représente une petite fraction de la dette globale de 160.000 milliards de $. C’est une question de perspective. De manière simple, l’or montera SEULEMENT quand tout sera en place. Il montera en proportion de la crise monétaire à venir, pas tout de suite.

L’or va continuer à baisser (suite) – Martin Armstrong

http://www.armstrongeconomics.com/archives/35296

Le problème de l’or c’est les vendeurs qui usent de sophismes pour vendre leur produit, convainquant tant de personnes de perdre tout ce qu’ils investissent. Le courrier haineux a recommencé, prétendant que je « dénigre les fans de l’or » comme si c’était un sport. Malheureusement, cela illustre comment certains couleront toujours avec le navire car ils sont mariés à un concept et sont incapables de voir le monde pour ce qu’il est réellement – complexe et dynamique – ce qui défie leur idée de ce que l’argent est.

L’AP déclare que « les investisseurs sont à court de raisons de détenir de l’or. » L’AP est une agence de presse internationale, leurs articles sortent donc dans de nombreux journaux à travers le monde. L’AP a bien résumé l’affaire :

            Le dollar a monté ces derniers mois, diminuant l’attrait de l’or. L’économie US est plus solide, et les troubles sur les marchés chinois ainsi que la crise de la dette grecque ont échoué à restaurer l’attrait du métal comme un refuge vis-à-vis des troubles internationaux.

C’est malheureux, certains ne voient tout simplement pas qu’à cause de la structure fondamentalement malsaine de l’euro, l’or devait décliner et le dollar devait grimper. Ce n’est qu’une pièce du puzzle qui explique comment l’économie mondiale se détourne de l’Occident alors qu’elle meurt sous l’effet des théories du socialisme marxiste et se déplace vers l’Asie pour l’échéance de 2032. D’autres raisons incluent :

  • En augmentant la dette publique, ce qui fait exploser les impôts et par conséquent fait baisser la croissance. La chasse aux taxes des divers gouvernements est en train de détruire la LIQUIDITÉ et la libre circulation des capitaux.
  • L’ère technologique de la création destructrice se manifeste avec l’avènement d’internet où on remplace l’ancien avec le neuf qui requière moins de personnel.

Alors que les politiciens essaient de forcer l’augmentation du salaire minimum, les entreprises se tournent vers les robots, et cela entraîne une spirale déflationniste. Les robots remplacent les ouvriers, ce qui élimine les cotisations retraite et les frais de santé, qui sont devenus les coûts les plus importants nombre d’entreprises. Starbucks dépense plus en frais de soins qu’en café pour la revente. Cela fait partie de la DÉFLATION, mesurée non seulement en termes de prix, mais aussi de baisse du revenu disponible étant donné que les prix augmenteront à cause de l’inflation poussée par les prix plutôt que l’inflation causée par la demande qui est symptomatique d’un boom économique. Beaucoup trop de gens ignorent comment les choses marchent vraiment et ne peuvent pas voir au-delà d’une dimension unique avec une unique définition.

Pourtant, d’autres nous ont écrit, réalisant qu’il y a peut-être en effet quelque chose derrière ce concept selon lequel tout est connecté, concept qui forme une bonne partie de la philosophie asiatique. Ci-dessous est un e-mail que nous avons reçu :

Tout d’abord, votre perspicacité et votre compréhension approfondie m’ont éclairé sur la manière dont le monde fonctionne. Merci. J’accepte pleinement en particulier votre prémisse : que tout est connecté, dépendant de tout le reste. Votre mise en application de cette compréhension fondamentale de la pensée mystique – surtout les mystiques orientaux –  comme quoi rien ni personne n’a une existence indépendante du reste, est la première que je rencontre. Le maître bouddhiste Vietnamien, Thich Nhat Hanh, a formé un néologisme pour cela : « entre-être-té » [interbeing]. Si seulement les soi-disant maîtres du monde comprenaient cela. Au lieu de ça, ils poursuivent leurs rêves voués à l’échec de suprématie du Je et du Moi sur tout le reste et tout le monde, et par conséquent nous souffrons tous – temporairement. Tout change en permanence…

 Maintenant une question pratique : vous mentionnez des seuils [benchmarks] que l’or devrait atteindre au cours de sa chute, mais vous n’avez pas dit lesquels. J’imagine que cette info est contenue dans l’un des rapports spéciaux sur l’or affichés dans votre magasin. C’est ça ?

À l’origine je pensais déménager sur une plage et attendre que le monde s’effondre. Les clients de longue date ont plaidé pour que je reste. Le compromis a été ce gigantesque effort réalisé pour mettre Socrate sur internet, un projet qui me survivra – ma contribution à la société et ce que je laisse derrière moi. Accomplir ceci requière du personnel et des salaires. Il doit donc y avoir des bénéfices pour eux et pour que je puisse partir sachant qu’ils continueront sans moi avec Socrate prenant les décisions. De plus, les clients qui ont soutenu cet effort ont payé pour de telles informations, et leur point de vue est que ces informations ne devraient pas être fournies au monde gratuitement. Ils ont droit à cette exclusivité vu que d’autres prétendront que c’est le fruit de leur travail et qu’ils s’en serviront pour attirer des gens afin de leur vendre des produits qui vont finir par péter de toute façon.

Oui, les seuils sont les objectifs car ce n’est jamais le PRIX seul, il y a aussi le TEMPS. Ces deux objectifs doivent être atteints et ils sont dans ce rapport. Sommes-nous déjà au plus bas ? Non. Afin de l’atteindre, la MAJORITÉ doit être baissière [bearish]. La prévision est pour 600-700$. Les reversals baissiers clés hebdomadaires sont 1.084 et 1.075, suivis par 1.042 et 1.026. Il y a 4 de ces reversals comme support avant le passage sous les 1.000$.

Même ceux qui utilisent des retracements de Fibonacci s’attendaient aux seuils de 1.282, 885, et 243. Tous les sophismes des promoteurs de l’or se résume à de la propagande, si ce n’est de la fraude pure et simple, puisqu’ils ont souvent un service de vente d’or ou alors sont tellement investis dedans qu’ils ne peuvent voir au-delà de leur investissement personnel. Il est probable que certains soient payés par d’autres pour mettre à disposition des analyses bidon pour pouvoir trader contre les clients. Ils ont fait ça avec la bulle des dot.com.

Si on s’en tient à 1.084 pour la clôture hebdomadaire, on aura droit à un sursaut sur les deux prochaines semaines et tout le monde criera que le plus bas a été atteint, alors dépêchez-vous et achetez-en encore plus. Si la clôture se fait plus bas, on aura peut-être droit à une panique sur les deux semaines qui viennent et un test sur les hauts de 1980. Si cela arrive, les seuils à plus long terme seront encore plus bas. Alors on attend les chiffres.

Il y a toujours un risque que le DEUXIÈME SEUIL plutôt que le premier sera le plus bas final. Cela collerait mieux au modèle sur l’année entière, et il semble que ce qui arrivera après le 1er octobre sera tout SAUF normal. Les OPINIONS n’auront aucune importance car nous entrons dans une période dans laquelle seuls les ordinateurs seront capables de faire face au futur. Personne vivant aujourd’hui n’a traversé ce vers quoi nous nous embarquons, alors les OPINIONS ne signifieront pas grand-chose.

Le problème de l’or à l’avenir est le fait que la chasse aux impôts va possiblement l’éliminer comme moyen viable de transporter de la richesse comme ça a été le cas les siècles passés. On ne peut pas légalement stocker de l’argent dans un coffre-fort, prendre l’avion avec ou utiliser de l’or pour payer un café. La chasse à l’argent va sérieusement compromettre l’or comme moyen d’échange, sauf sur le marché noir, le réduisant à une drogue typique.

L’or va continuer à baisser – Martin Armstrong

L’or a commencé la semaine en Asie avec une forte baisse de 44$ pour un plus bas de 1.083$. C’est en parfait accord avec notre Cycle de Panique de cette semaine [en jaune foncé sur le graphe ci-dessus]. L’or chute rapidement, il va descendre sous la barre des 1.000$, ensuite on regardera le seuil des 600-700$.

On peut voir nos Modèles Énergétiques changer de direction, une correction vers le bas était donc attendue. Tout se déroule selon le modèle alors qu’on s’approche des échéances majeures prévues. Gardez à l’esprit que beaucoup vont commencer à refuser de vendre, alors que d’autres prétendront que les prix devraient repartir à la hausse, comme le fait l’U.S. Mint après avoir stoppé la production de Silver Eagles. Ce n’est pas BULLISH [qui permet/annonce une hausse du marché] – cela n’aura aucun impact sur les prix.

http://www.armstrongeconomics.com/archives/35149

Citigroup Prend une Position Dominante sur les Produits Dérivés de Métaux Précieux

http://www.zerohedge.com/news/2015-07-04/why-did-citigroups-precious-metals-derivative-exposure-just-soar-1260

Il y a une semaine, quand nous avons analysé en détails le Rapport Bancaire Trimestriel des Activités sur Produits Dérivés de l’OCC [Office of Comptroller of the Currency ~ Bureau du Contrôle de la Monnaie, branche du Ministère des Finances US] (dans lequel nous avons trouvé que les quatre plus grandes banques US assurées par le FDIC [Federal Deposit Insurance Corporation ~ Société d’Assurance du Dépôt Fédéral] représentent plus de 90% – soit 185.500 [185 mille] milliards de $ – de tous les produits dérivés en cours qui, au 31 mars, s’élevaient à 203.000 milliards de $ ; rien de nouveau ici), nous avons trouvé quelque chose de fascinant : selon la mise à jour de l’OCC pour les produits dérivés, JP Morgan a littéralement pris une position de monopole sur le marché des produits dérivés de matières premières, lorsque, d’une position d’ « à peine » 226 milliards de $, le notionnel global de JPM sur ces produits a bondi de 1.690 % en un trimestre à 4.000 milliards [quatre mille milliards] de $, soit 96% du total de toutes les banques confondues.

D’aucuns, sans même avoir pris la peine de lire l’article, ont fait ce qu’ils font toujours lorsqu’ils réagissent aux articles de Zero Hedge : ils l’ont accusé d’avoir écrit un article erroné d’abord, puis d’avoir posé des questions, et ont apporté une réponse totalement incorrecte afin de montrer à quel point Zero Hedge avait tort car, devinez quoi, l’OCC avait bien évidemment ajouté par erreur des milliers de milliards de $ sur des données fondamentales, ce qui est bien plus logique.

Comme il arrive en général dans ces cas-là, Zero Hedge avait raison (on a eu droit à des excuses moqueuses mais, hey, au moins certains ont pu gonfler leur trafic temporairement en mentionnant ce site web ; incidemment, excuses acceptées), ce qui aurait pu être vérifié simplement en jetant un œil aux rapports bancaires, ici le Rapport Trimestriel ‘Regulatory Capital’ (RC-R), qui établit explicitement que la position de JPM sur les produits dérivés de gré à gré sur les matières premières a explosé pour atteindre 4.000 milliards de $.

Pour ceux trop feignants pour vérifier avant de tweeter, voilà le chiffre des produits dérivés de gré à gré de JPM avant, au 31 décembre 2014 :

Voilà les chiffres de JPM après, au 31 mars 2015 :

Qui plus est, en attendant la réponse de l’OCC à notre requête (on ne se fait pas d’illusions), personne n’a contesté notre affirmation (parce qu’elle est purement factuelle) qu’au premier trimestre 2015, l’OCC a décidé d’exclure l’or en tant que catégorie de matière première séparée (voir tableaux ci-dessus [dans le premier, le troisième paragraphe compte trois lignes de « Gold Contracts, » soit les contrats sur l’or ; ces lignes n’existent plus dans le second et ont été fusionnées dans les lignes 4 à 6, « Foreign Exchange Rate and Gold, » Or et Taux de Change de Devises]) pour l’amalgamer avec le Change de Devises pour une raison inconnue. Il semblerait qu’après tout, l’or soit bien une monnaie…

Pour résumer : comme nous l’avons dévoilé en premier (et nous serions ravis si d’autres soi-disant experts financiers faisaient autant d’efforts pour analyser les données fournies qu’ils en font pour vainement essayer de prouver que nous avons tort), JPM a bien pris une position de monopole sur le marché des matières premières de gré à gré, avec ses 4.000 milliards de $ dans les « Autres » produits dérivés de matières premières qui comptent pour 96% du total cumulé. On ne s’attend pas à ce que quiconque pose la question à Jamie Dimon lors des résultats trimestriels car c’est l’une de ces question à laquelle on ne veut pas avoir de réponse si l’on souhaite être réinvité le trimestre suivant.

Cependant, une question reste en suspens : qu’en est-il de Citigroup – non, pas JPM – avec la catégorie des Métaux Précieux ?

Voilà le graphique montrant la position de Citigroup sur les Métaux Précieux (principalement l’argent métal maintenant que l’or est mis dans le même lot que le change de devises), ces quatre dernières années. On notera l’augmentation de 1.260% [mille deux cent soixante %] sur les produits dérivés de métaux précieux au cours du dernier trimestre, d’à peine 3,9  milliards de $ à 53 milliards de $ !

Pour ceux d’une nature méfiante, la preuve existe dans les rapports de Citigroup lui-même,, que l’on peut trouver ici au 31 mars 2015, et là au 31 décembre 2014.

Une autre manière de montrer ce que Citi a fait avec la catégorie « Métaux Précieux » est le graphique suivant qui montre sa position en pourcentage du total cumulé.

Grimpant de 17,4% à plus de 70%, il n’y a qu’un mot pour décrire ce que Citigroup a fait au marché des produits dérivés de métaux précieux ex or (c.-à-d., presque exclusivement l’argent métal).

Monopole.

La question est alors : que fait Citi avec sa position en forte augmentation sur les métaux précieux (ex or), et pourquoi ce changement si fulgurant prend-il place précisément au moment où non seulement JPM monopolise l’intégralité de la catégorie « Autre » du marché des produits dérivés de matières premières sous la forme d’un incroyable notionnel cumulé de 4.000 milliards de $, mais en plus au cours du trimestre suivant, Citigroup lui-même a rédigé le premier jet du chapitre sur les swaps dans la loi Omnibus [obligeant les épargnants à « participer » de leur poche en cas de nouvelle crise financière.].

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Aussi : comment se fait-il qu’il soit légal pour JPM de prendre une position correspondant à 96% de tous les produits dérivés de matières premières [sur les maturités inférieures à 1 an] et pour Citigroup de prendre une position correspondant à 70% de tous les produits dérivés de métaux précieux [là encore, sur les maturités inférieures à 1 an] ? Même d’après des standards permissifs cela est illégal, mais ce qui rend la farce encore plus absurde et que tout ceci arrive dans des entités assurées par le FDIC !

La question finale, qui, nous en sommes absolument certains, restera sans réponse, est de savoir si oui ou non ces pics ont quelque chose à voir avec les récents mouvements des prix des métaux précieux, ou plutôt l’absence total de mouvement, alors même que l’Europe est sur le point de voir la première sortie de l’Eurozone par l’un de ses membres, et que le marché boursier chinois subit son pire krach depuis 2008. Oh, et on oubliait presque : avec JPM et Citi tous deux détenant plus de 50 % du marché des produits dérivés dans deux catégories fondamentales, qui est la contrepartie ?!

Nous avons soumis des questions à l’OCC concernant les mouvements sur les dérivés et de JPM sur les « matières premières » et de Citi sur les « métaux précieux, » tous deux bondissant de plus de 1.000% au dernier trimestre. Nous tiendrons informés nos lecteurs dès que nous recevrons plus d’informations, ce qui n’arrivera pas.

JP Morgan Monopolise le Marché des Dérivés de Matières Premières (Zero Hedge)

http://www.zerohedge.com/news/2015-06-29/jpm-just-cornered-commodity-derivative-market-and-time-we-have-proof

Depuis des années on a eu droit à des spéculations, des rumeurs, du bouche à oreille que JP Morgan avait monopolisé les matières premières US. Enfin, on en a la preuve écrite.

Traditionnellement, nous regardons le Rapport Bancaire Trimestriel des Activités sur Produits Dérivés de l’OCC [Office of Comptroller of the Currency ~ Bureau du Contrôle de la Monnaie, branche du Ministère des Finances US] afin de voir quel était la banque américaine la plus importante en terme de notionnel global des produits dérivés. La raison en étant que, comme en de nombreuses occasions par le passé, on y trouve des résultats stupéfiants, par exemple dernièrement en janvier quand nous avons écrit que, pour la première fois, Citigroup était passé devant JPM comme première banque US en termes de notionnel de produits dérivés [le notionnel étant le montant du contrat], avec 70.000 milliards de $ [soixante-dix mille] comparé aux 65.300 milliards de $ de JPM, à la fin du troisième trimestre de 2014, expliquant également pourquoi Citigroup avait écrit le brouillon ayant servi au chapitre sur les swaps dans la loi Omnibus [obligeant les épargnants à « participer » de leur poche en cas de nouvelle crise financière.]

Total du Notionnel des Produits dérivés (Milliers de Milliards de $) JPM vs Citi

Et si cette fois il y avait peu d’information intéressante au niveau global (JPM est repassé devant Citi au quatrième trimestre, avant de la laisser à nouveau en ce premier trimestre 2015 avec 56.200 milliards de $ de notionnel contre 56.600 milliards pour Citi, et 52.000 milliards pour Goldman, comme rapporté par Bloomberg plus tôt), et si le notionnel global a en fait chuté de 220.400 milliards de $ au quatrième trimestre 2014 à 203.100 milliards au premier trimestre 2015, le plus bas niveau depuis 2008…

Total du Notionnel des Produits Dérivés par Catégories (en noir, le cumulé)

…une information à couper le souffle émerge lorsque regarde les différentes composantes de ce total.

Pièce à conviction 12 : Montant des Notionnels des Contrats de Matières Premières par Maturité : même un régulateur du CFTC [Commodity Futures Trading Commission ~ Commission sur le Trading des Futures [type de produit dérivé] sur Matières Premières] pourrait repérer la donnée aberrante dans ce lot.

Montant des Notionnels des Contrats Actions et Matières Premières par Maturité

Ce que le graphique ci-dessus montre, c’est qu’après avoir oscillé entre 200 et 250 milliards de $ ces cinq dernières années, au premier trimestre 2015 le montant des matières premières d’une maturité inférieure à 1 an a explosé à un niveau jamais vu de 3.900 milliards de $ !

Malheureusement, l’OCC ne fournit aucune explication quant au pourquoi d’une telle ascension fulgurante des dérivés de matières premières au sein du système bancaire US au premier trimestre, alors nous avons décidé de creuser.

Ce que nous avons trouvé est ce que les gens qui, depuis des années, ont accusé JPM de monopoliser le  marché des matières premières savaient : car c’est la position de JPM sur les dérivés de matières premières de maturité inférieure à 1 an qui a explosé d’à peine 131 milliards de $ à un gargantuesque et jamais vu 3.800 milliards de $ !

En fait, comme le montre le graphique ci-dessous, alors qu’historiquement JPM comptait pour à peine plus de 50% des positions sur matières premières parmi les banques commerciales US, au cours du premier trimestre 2015, ce pourcentage a atteint la proportion stratosphérique de 96%, qui, par définition, revient à monopoliser le marché !

Position Globale de JPM sur les Produits Dérivés de Matières Premières, Maturité Inférieure à 1 an

Nous ignorons ce qui a poussé la position de JPM sur les dérivés à ce montant jamais atteint, mais les chiffres semblent être anormaux à la fois de manière absolue et de manière relative, surtout lorsque l’on considère qu’aucune autre banque n’a renforcé sa position sur les produits dérivés avec une telle vigueur.

Alors qu’est-ce qui se passe ici ?

Nous avons décidé de continuer à creuser lorsque nous sommes tombés sur quelque chose d’encore plus troublant. Car si dans les mises à jour trimestrielles précédentes, l’OCC faisait la distinction entre les catégories FX [opérations de change de devises] et Or comme deux types de produits dérivés séparés comme on le voit sur un graph récent du quatrième trimestre 2014…

…au premier trimestre 2015, là encore de manière inexpliquée, l’OCC a décidé d’agréger ces deux produits ensemble, rendant ainsi impossible toute analyse crédible du total des notionnels pour les produits dérivés sur l’or seul ! Attendez, on pensait que d’après l’ex-président Ben Bernanke, l’or est tout sauf une monnaie : l’OCC n’est-il tout à coup plus d’accord avec cette évaluation ?

Qui plus est, alors que dans tous les rapports précédents, dans le tableau 9, les notionnels des produits dérivés sur l’or étaient détaillés explicitement, comme on le voit ci-dessous au quatrième trimestre 2014 :

Depuis le premier trimestre 2015, la section « Or » du tableau 9 n’existe plus (bien que l’on puisse voir qu’alors que JPM a monopolisé les « matières premières, » c’est chez Citi que le montant global des notionnels de produits dérivés sur « métaux précieux » bondit fortement, là encore pour des raisons inconnues).

On pourrait presque penser que l’OCC essaye de cacher quelque chose à la demande des banques commerciales US. Du coup, si nous ne savons plus ce que le total exact des produits dérivés sur l’or est – pour une raison inexpliqué – nous savons que le total cumulé FX + Or a atteint un plus haut historique.

Et si l’OCC a fait tout ce qu’il a pu pour masquer la ligne « Or » en la fourrant avec la ligne « FX, » il a gardé la catégorie « Métaux Précieux » telle quelle, bien qu’on puisse penser qu’elle sera elle aussi agrégée à « FX + Or » incessamment sous peu.

C’est ce graphique qui montre quelque chose de très inhabituel en ce qui concerne l’activité des banques commerciales US dans le domaine des métaux précieux.

Montant des Notionnels des Contrats sur l’Or et les Métaux Précieux par Maturité

En résumé, voici ce que nous savons :

  • Au premier trimestre 2015, JPM a monopolisé le marché des produits dérivés sur matières premières, avec une position globale d’un peu plus de 000 milliards de $, une augmentation de 1.691 % [mille sept cents %] par rapport aux 226 milliards de ù du trimestre précédent !

Ce que nous ne savons pas :

  • Pourquoi l’OCC a-t-il effectivement décidé d’éliminer le détail pour les produits dérivés sur l’or en l’amalgamant avec les FX ?
  • Pourquoi y a-t-il eu une augmentation de 237% du montant total des contrats de métaux précieux (incluant l’or) dans le trimestre, de 22,4 milliards à 75,6 milliards de $ ?

Nous avons envoyé un e-mail à l’OCC demandant des clarifications fort nécessaires, mais on ne se fait pas trop d’illusions.