De la propagande

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Dans mon étude sur les sociétés communistes, j’en suis venu à la conclusion que l’objectif de la propagande communiste n’était pas de persuader ou convaincre, pas d’informer, mais d’humilier; par conséquent, moins elle correspondait à la réalité mieux c’était. Quand les individus sont contraints de rester silencieux alors qu’on leur raconte les mensonges les plus éhontés, ou pire quand ils sont forcés de répéter eux-mêmes ces mensonges, ils perdent une fois pour toute leur sentiment de probité. Accepter d’évidents mensonges est…dans une certaine mesure devenir mauvais soi-même. La capacité que l’on a à résister à tout  est ainsi érodée, voire même détruite. Une société de menteurs émasculés est facile à contrôler. Je pense que si vous examinez le politiquement correct, vous constaterez qu’il a le même effet et qu’il était prévu pour cela. »

 

Pourquoi la propagande fonctionne-t-elle? Parce que certains la veulent

Il existe le principe suivant en hypnotisme : un individu ne peut être hypnotisé contre son gré. Il doit donner son assentiment. Il doit être pleinement coopératif.

Il en va de même de la propagande. Pour que la propagande soit efficace, cela requière des sujets soumis. Comme l’écrivait le Professeur Nicholas O’Shaughnessy, la propagande est une « co-production à laquelle nous voulons bien participer. »

La propagande est typiquement définie comme la dissémination d’information particulièrement biaisées en soutien à une cause politique ou idéologique. Dans son livre de 1965 Propagande : la Formation des Attitudes des Hommes, le philosophe Jacques Ellul avance les caractéristiques de base de la propagande : elle empêche le dialogue, elle est destinée aux masses, elle utilise divers médias, elle est continue, elle n’est pas destinée à nous faire réfléchir.

Désactiver le Cerveau

Si telles sont les caractéristiques de la propagande, alors il n’est pas exagéré de dire que nous sommes cernés de tous côtés par cette dernière. La plupart des médias sont devenus des organes partisans et propagandistes. Ils offrent aux spectateurs un flux continu de vidéos, d’extraits audio, d’images, et d’articles – la plupart étant peu nuancés et apportant peu de valeur ajoutée – qui servent le but avoué de promouvoir une idéologie tout en affichant un mépris non dissimulé pour « l’opposition. » Et ils ont beaucoup de succès avec cette formule.

La raison pour laquelle ils ont tant de succès est, je le crains, que la plupart des gens de nos jours désirent subir cette propagande – bien qu’ils ne l’admettraient jamais. La plupart des gens veulent recevoir des ordres idéologiques d’une autorité. La plupart des gens n’ont aucun intérêt, et ne voit pas le bénéfice, à débattre des arguments mis en avant par ceux qui ont des positions différentes, à moins que ce soit dans le but de les ridiculiser. La plupart des gens veulent simplement choisir les médias qui correspondent le mieux à leurs camps idéologiques préconçus et s’immerger dans leurs flux informationnels.

Cette réalisation est malheureuse mais pas vraiment surprenante. Ces derniers siècles, nous avons assisté à une démocratisation massive du discours public et de la haute éducation en Occident. Un pourcentage croissant de la population est allé à l’école sur des périodes de plus en plus longues, et en a retiré l’impression qu’en conséquence de cette éducation, ses membres sont désormais des « penseurs critiques » illuminés dont les opinions ont bien plus de valeur que celles de la personne à côté d’eux.

Pourtant, dans le même temps, nous devons faire face à la question soulevée par Dorothy Sayers dans son fameux essai de 1947 « Les Outils Perdus de l’Apprentissage » :

« Cela vous a-t-il jamais semblé curieux, ou malheureux, qu’aujourd’hui, alors que le taux d’alphabétisation à travers l’Europe Occidentale est le plus élevé jamais enregistré, la population soit devenue sensible à l’influence de la publicité et de la propagande de masse à un point jusqu’ici jamais vu ni même imaginé ? »

Le fait est que bien que tout le monde passe par le système éducatif de nos jours, la plupart des gens ne se voient pas proposer les outils nécessaires pour former une pensée propre. La plupart ne se voient pas même enseigner la logique. La plupart ne se voient pas montrer comment entrer dans un débat rationnel.

Éviter la complexité

Et même si ces talents étaient mieux enseignés à l’école aujourd’hui, je doute fortement que notre situation serait bien meilleure. Si l’histoire et l’expérience indiquent quoi que ce soit, la dure réalité est que la plupart des gens soit n’ont pas les capacités intellectuelles pour faire face à des idées complexes et controversées, soit ils choisissent de ne pas subir la discipline nécessaire pour acquérir ces capacités.

Par le passé, lorsque des individus étaient confrontés à des idées nouvelles ou différentes, s’ils n’avaient pas eu accès à une éducation formelle ils pouvaient toujours se rabattre sur les valeurs et traditions portées par leur communauté. Cela leur fournissait une base solide – du « bon sens » – grâce auquel ils pouvaient estimer le mérite de ces opinions différant des leurs.

Mais aujourd’hui, l’hyper-individualisme, l’urbanisation croissante, l’éclatement de la famille, et les divisions idéologiques ont donné lieu à un déclin de la valeur formative de la communauté, et réduit notre accès au « bon sens » qu’elle peut fournir.

Peu sûrs d’eux intellectuellement parlant, socialement déracinés, beaucoup de gens désespèrent de trouver une figure d’autorité à laquelle s’accrocher, quelqu’un qui exprimera simplement leurs pensées et instincts qu’ils ne peuvent exprimer ou vivre adéquatement.

Est-il alors surprenant que tant de gens recherchent activement la propagande aujourd’hui, et que ceux qui la mettent à disposition soient si heureux de le faire ?

 

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Toute propagande doit être populaire et doit s’établir au niveau de compréhension du moins intelligent de ceux qu’elle cherche à atteindre.

 

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