Le Venezuela est au bord de l’effondrement social

http://www.zerohedge.com/news/2016-05-14/venezuela-coup-imminent-interview-national-guardsman

https://panampost.com/panam-staff/2016/05/14/venezuela-is-on-the-brink-of-social-collapse-national-guardsman/

Le Venezuela est au bord de l’effondrement social dit un soldat de la Garde Nationale

[…]

Le PanAm Post a eu l’occasion d’interviewer un soldat de la Garde National Bolivarienne qui a demandé à rester anonyme vu que son opinion pourrait le mettre en danger.

Pourquoi l’état a-t-il lancé une offensive contre les groupes criminels ?

La situation devenait intenable pour des raisons politiques. L’état n’a aucun moyen de contrôler les groupes criminels. Le chaos règne dans les prisons du pays. Le chaos règne dans les rues elles-mêmes. Le personnel de sécurité de l’état n’est pas armé.

Le régime de Maduro a créé l’Organisation pour la Protection et la Libération du Peuple (OLP) afin de combattre le crime organisé. Cette organisation a-t-elle commis elle aussi des actes illégaux ?

D’un point de vue légal, oui. D’un point de vue de la population en général, non, parce qu’elle tolère des méthodes sévères contre les groupes criminels.

Mais ne tuent-ils que des criminels ?

Dans la plupart des cas.

L’OLP ne lance-t-il des opérations que pour strictement mettre fin à la violence des gangs ?

C’est leur tâche principale. Mais il y a également un élément politique. La création de l’OLP fut une mesure désespérée. Le gouvernement avait laissé libres les gangs de faire ce qu’ils voulaient. Il les a armés et maintenant il les attaque.

L’OLP est-il en guerre contre les gangs et contre des officiels du gouvernement en même temps ?

Oui parce qu’il ne peut pas les contrôler. Ils sont devenus trop puissants. Ils sont armés et enseignent la stratégie militaire. Ces criminels avant se battaient entre eux. Maintenant il y a un cessez-le-feu et ils combattent les militaires et autres forces de sécurité à la place. Ils disent, « tant qu’on les tue, on survivra. »

L’état bénéficie-t-il du fait d’armer les gangs ? Qu’est-ce que le régime cherche à accomplir ?

Leur but est d’avoir des groupes armés de leur côté en cas de troubles politiques. C’est le but ultime. Les lois de désarmement ne concernent que les gens innocents. Les criminels ont beaucoup plus d’armes que nous à la Garde Nationale. Ils ont aussi beaucoup plus de pouvoir. On ne peut plus les contrôler maintenant. Toute solution arrivera trop tard.

La crise économique et la crise de la santé publique deviennent incontrôlables. Les forces de sécurité sont incompétentes, mais le gouvernement devait réaliser que les criminels nous tueraient tous avant d’agir contre lui.

Quel est le niveau de corruption de la Garde Nationale ?

Il y a de la corruption au sein de la Garde Nationale, et il y en a toujours eu. La différence c’est qu’avant, le système était plus efficace. La Garde Nationale est entrée en décrépitude quand elle est devenue politique. Depuis que nous nous sommes mis à voter afin de prendre part à la vie politique de notre pays, la paix n’existe plus dans les rangs.

Maintenant des pressions sont exercées sur nous parce que nous devons obéir à la constitution, mais nous devons également être loyaux à nos officiers supérieurs même quand leurs ordres ne correspondent pas aux lois. Si leurs ordres contreviennent aux lois, vous ne pouvez pas les suivre. Alors un fossé se creuse entre les forces de sécurité et les autres institutions.

Le gouvernement dispose d’un appareil à des fins de persécution et d’espionnage, alors vous ne pouvez pas émettre d’opinion négative vis-à-vis des fonctionnaires. Les forces de sécurité elles-mêmes sont infiltrées par des informateurs. Vous devez faire attention à tout ce que vous dites.

Tous ces soulèvements militaires dénonçant le gouvernement, ces tentatives pour renverser le gouvernement – sont-ils réels ?

Non, la plupart sont faux. Il n’y aura pas de tentative de coup d’état au Venezuela.

Pourquoi pas ?

À l’heure actuelle, tous les éléments des forces armées sont sous contrôle. Un coup d’état a lieu quand vous atteignez un point d’inflexion et que quelqu’un en haut de l’échelle des forces armées décide qu’il est temps d’agir contre le gouvernement. À ce moment au Venezuela, il existe des divisions politiques au sein des forces armées. Il n’y a ni l’unité nécessaire ni l’organisation nécessaire pour qu’un coup d’état ait lieu. De plus, les officiers craignent les informateurs du gouvernement. Tout le monde est sur ses gardes.

Qu’adviendra-t-il du mécontentement actuel ?

L’armée et la Garde Nationale sont dans l’expectative. Je peux vous garantir que nous mécontents. Mais il y a toute une structure au-dessus de nous, alors il n’est pas facile d’agir. Nous essuyons des critiques de tous les côtés. Où que j’aille, je me retrouve face à face avec les plaintes et déceptions des civils. Je pense aussi que l’opposition n’a pas réussi à tirer parti des occasions qu’elle a eues de renverser le gouvernement.

Que voulez-vous dire ?

Par exemple, quand elle a gagné les élections parlementaires en décembre dernier, l’atmosphère était tendue. Les instances dirigeantes dans leur ensemble savaient ce qui allait se passer. Et nous aussi. L’ancien président de l’Assemblée, Diosdado Cabello, était prêt à amener les forces armées dans les rues contre l’opposition, mais Padrino López, le Ministre de la Défense, ne l’a pas permis.

Que s’est-il passé exactement le 6 décembre ?

Les récits sont exacts. Ce jour-là il y eut une discussion agitée entre Padrino López et Cabello. López dit à Cabello que, s’il ordonnait à ses troupes de descendre dans la rue, il dirait à l’armée de le tuer.

Mais Padrino López n’a-t-il fait cela que pour sauver sa peau ?

Bien sûr. Il aurait été responsable si l’armée s’était mise à massacrer le peuple. López n’allait pas permettre que ça arrive. Alors ce jour-là on donna l’ordre à l’armée de protéger l’opposition.

De quel côté est Padrino López ? Ce jour-là, une rumeur a circulé selon laquelle il défendait l’opposition.

Padrino López est intelligent, et je ne doute pas qu’il soutient les politiques héritées de Chávez. Mais toutes les branches des forces armées sont mécontentes de la situation actuelle. Imaginez si un jour ils laissent Diosdado Cabello commettre un massacre. Si une telle chose arrive, l’armée soutiendra le président maduro.

Quel rôle a joué la Garde Nationale Bolivarienne lors des dernières manifestations ? Pourquoi l’armée est-elle restée silencieuse ?

Il y a deux situations différentes. Comme je l’ai dit, les services de renseignement du gouvernement sont un obstacle à toute action. Le risque de ne pas obéir à des ordres est très grand, mais il y a un fort mécontentement et ressentiment dû aux mesures prises par la Garde Nationale Bolivarienne et autres officiels.

Si le mécontentement est si répandu, pourquoi personne ne parle-t-il de coup d’état ?

On l’a déjà vu. Le coup d’état, on espère, ne sera pas répété. On se souvient de ce qui s’est passé en 2002 avec Chávez et on ne veut pas que la même chose arrive dans le futur.

On attend plutôt que les choses dégénèrent vraiment. Cela arrivera dans les mois qui viennent. La situation est extrêmement volatile et le statu quo ne peut durer. Nous assistons à des pillages quotidiens dans les supermarchés, et les gens manifestent.

La crise à Guri Dam (la centrale hydroélectrique la plus importante du Venezuela) va empirer. Tout va empirer puis il y aura une implosion.

À ce moment-là, le futur du pays sera décidé. Je ne pense pas qu’on ait longtemps à attendre.

Êtes-vous certain que quelque chose de drastique va se produire bientôt ?

Sans aucun doute. La Garde Nationale Bolivarienne en a déjà discuté.

La situation au Venezuela n’a jamais été aussi mauvaise. Le point de rupture est proche, mais pas encore à portée. Mon conseil est que les gens se préparent, qu’ils cherchent de la nourriture puis qu’ils la stockent. À l’évidence, quand l’implosion de produira, elle ne durera pas longtemps. Je crois qu’elle durera plus ou moins une dizaine de jours, mais ce sera une période difficile.

Il y aura un état d’urgence et cela mettra fin à la crise.

Qu’arrivera-t-il au référendum proposé par l’opposition pour démettre le président Maduro de ses fonctions ?

Ce n’est pas une option sérieuse. Le régime a montré qu’il peut violer la constitution sans y réfléchir à deux fois. Ils accepteront le référendum, mais seulement s’ils savent qu’ils pourront gagner par quelque méthode que ce soit. La situation basculera seulement quand la faim et le manque d’électricité forceront les gens à prendre les choses en main.

Les forces armées sont-elles en faveur d’un effondrement sociétal ?

Nous sommes vraiment désireux d’intervenir si le pays devient la proie d’une catastrophe sociale. C’est comme avoir de l’eau dans une casserole qui commence à bouillir lentement. Il va y avoir un moment où, si on n’éteint pas le gaz, l’eau va commencer à déborder et causer des dégâts.

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