Pendant ce temps au Venezuela, les morgues sont pleines…

http://www.zerohedge.com/news/2016-04-10/its-pure-chaos-now-there-no-way-back-venezuela-hits-rock-bottom-its-morgues-overflow

Lorsqu’on a estimé l’hyperinflation du Venezuela, en janvier elle devait atteindre 720% pour 2016, ce qu’elle est en passe de largement dépasser…

…on a écrit « Voilà à quoi ressemble la mort d’une nation » dans lequel nous disions « il n’y a aucune bonne nouvelle pour les citoyens qui souffrent depuis longtemps dans ce « paradis socialiste, » qui à tout moment va peut-être être abaissé à sa vraie valeur d' »enfer socialiste. »

Les nouvelles par la suite selon lesquelles le Venezuela liquidait ouvertement ses réserves d’or pendant que son président, dans un amusant rebondissement, a annoncé la semaine passée que désormais chaque vendredi serait férié, afin de réduire la consommation d’électricité, a tout juste confirmé que la fin est proche pour cette nation sud-américaine autrefois florissante.

Malheureusement, bien que nous ayons averti depuis des années le public quant à la dévastation économique inévitable du Venezuela, nous disions que ce n’état qu’une question de temps avant que le chaos ne s’étende plus largement à la société entière et mène à l’effondrement absolu.

Cela est peut-être déjà le cas vu que le Financial Times admet maintenant, après avoir visité la principale morgue de Caracas, que le Venezuela risque de sombrer dans le chaos.

Revenons à la morgue centrale de Caracas, où le correspondant du FT Andres Schipani écrit que la pestilence oblige tout le monde à se boucher les narines. « Maintenant les choses sont pires que jamais, » dit Yuli Sanchez. « Ils tuent les gens et personne n’est puni tandis que les familles doivent garder leur douleur pour elles-mêmes. »

Le neveu de 14 ans de Mrs Sanchez, Oliver, a reçu cinq balles de malandros, brigands, alors qu’il était à l’arrière de la moto d’un de ses amis. Son oncle, Luis Mejia, a noté qu’en deux semaines, trois membres de leur famille ont reçu des balles, dont deux jeunes abattus par la police.

Cela ressemble fortement à Chicago le vendredi…sauf qu’au Venezuela les choses sont encore pires: « une crise économique, sociale, et politique à laquelle doit faire face Nicolas Maduro, le président impopulaire du Venezuela, est aggravée par une montée de la violence qui fait resurgir les craintes que ce pays riche en pétrole risque de devenir un état défaillant. »

Même les employés de la morgue se demandent s’ils ne devraient pas jeter l’éponge.

« Que peut-on faire? » se demande Mr Mejia. « Jeter l’éponge. » L’employé de la morgue chargé de gérer les cadavres remarque qu’une décennie plus tôt il recevait 7 à 8 corps chaque w-e. Ces jours-ci, dit-il, ce chiffre a bondi à entre 40 à 50: « C’est désormais plus dangereux que l’ouest sauvage. »

Les critiques disent que le gouvernement vénézuélien est de – en – capable d’approvisionner les citoyens en eau, électricité, santé ou une économie fonctionnelle qui peut fournir les besoins de bases ou les médicaments indispensables, encore moins la sécurité personnelle.

En d’autres termes, un effondrement économique complet. Voilà à quoi ça ressemble:

  • Le mois dernier seul les Vénézuéliens ont appris l’exécution sommaire d’au moins 17 chercheurs d’or apparemment du fait d’une mafia minière, la mort de deux officiers de police supposément du fait d’un groupe d’étudiants qui ont conduit un bus dans une barricade, et une prise d’otages dans une prison aux mains d’un gang de criminels possédant des grenades. Mercredi, trois policiers ont été tués quand un gang armé a extirpé un de ses membres d’une cellule dans la capitale.
  • Au moins 10 personnes ont été tuées dans les bidonvilles de Caracas après une confrontation entre des criminels locaux armés de fusils d’assaut, alors qu’un maire local était abattu devant sa maison dans l’état de Trujillo le mois dernier. Il y a plusieurs signalements de lynchages.
  • Tout cela crée un malaise généralisé que Mr Maduro est incapable de maintenir l’ordre… Il y a un manque de biens de base. Les analystes préviennent que la crise économique risque de se transformer en crise humanitaire.

Certains refusent de reconnaître qu’un état fondé sur une telle richesse pétrolière peut être un état défaillant:

  • « L’Etat défaillant est un concept nébuleux souvent utilisé à la légère. Ce n’est pas le cas du Venezuela aujourd’hui, » dit Moises Naim, membre du Carnegie Endowment for International Peace.
    « La preuve de la faillite d’un état est concrète dans un pays assis sur les plus vastes réserves de pétrole au monde. »

Hélas, le Venezuela est précisément devenu un état défaillant: le pays est déjà l’un des plus dangereux au monde. L’Observatoire Vénézuélien de la Violence, un think-tank local, dit que le taux d’homicide a augmenté l’année dernière pour atteindre 92 meurtres pour 100.000 habitants. Le procureur de la république cite un chiffre plus bas de 58 homicides pour 100.000 habitants. En augmentation depuis 19 pour 100.000 habitants en 1998, avant qu’Hugo Chavez ne prenne le pouvoir.

C’est encore pire car en plus de cette augmentation des homicides, le gouvernement lui-même […]

  • Leurs études montrent que les raids de la police et de l’armée sur les communautés à faibles revenus du Venezuela ont mené à des allégations généralisées d’abus, y compris des meurtres extrajudiciaires, des détentions arbitraires de masse, des mauvais traitements sur les prisonniers, des évictions forcées, la destruction de maisons, et des déportations arbitraires.

Et comme tous les autres gouvernements défaillants, l’administration de Maduro est prompte à rejeter la faute, accusant plutôt de violence à l’intérieur de ses frontières des groupes paramilitaires Colombiens d’extrême-droite « engagés dans une guerre contre sa révolution. » […]

Pour beaucoup de Vénézuéliens ce n’est plus un problème d’à qui attribuer la faute: « C’est une politique de l’état de laisser l’anarchie s’ancrer, » explique un ancien policier. […]

« Au Venezuela c’est désormais le chaos le plus total. Il me semble qu’il n’y a aucun moyen de revenir en arrière, » dit l’ex-policier. Il a raison.

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