Citigroup Prend une Position Dominante sur les Produits Dérivés de Métaux Précieux

http://www.zerohedge.com/news/2015-07-04/why-did-citigroups-precious-metals-derivative-exposure-just-soar-1260

Il y a une semaine, quand nous avons analysé en détails le Rapport Bancaire Trimestriel des Activités sur Produits Dérivés de l’OCC [Office of Comptroller of the Currency ~ Bureau du Contrôle de la Monnaie, branche du Ministère des Finances US] (dans lequel nous avons trouvé que les quatre plus grandes banques US assurées par le FDIC [Federal Deposit Insurance Corporation ~ Société d’Assurance du Dépôt Fédéral] représentent plus de 90% – soit 185.500 [185 mille] milliards de $ – de tous les produits dérivés en cours qui, au 31 mars, s’élevaient à 203.000 milliards de $ ; rien de nouveau ici), nous avons trouvé quelque chose de fascinant : selon la mise à jour de l’OCC pour les produits dérivés, JP Morgan a littéralement pris une position de monopole sur le marché des produits dérivés de matières premières, lorsque, d’une position d’ « à peine » 226 milliards de $, le notionnel global de JPM sur ces produits a bondi de 1.690 % en un trimestre à 4.000 milliards [quatre mille milliards] de $, soit 96% du total de toutes les banques confondues.

D’aucuns, sans même avoir pris la peine de lire l’article, ont fait ce qu’ils font toujours lorsqu’ils réagissent aux articles de Zero Hedge : ils l’ont accusé d’avoir écrit un article erroné d’abord, puis d’avoir posé des questions, et ont apporté une réponse totalement incorrecte afin de montrer à quel point Zero Hedge avait tort car, devinez quoi, l’OCC avait bien évidemment ajouté par erreur des milliers de milliards de $ sur des données fondamentales, ce qui est bien plus logique.

Comme il arrive en général dans ces cas-là, Zero Hedge avait raison (on a eu droit à des excuses moqueuses mais, hey, au moins certains ont pu gonfler leur trafic temporairement en mentionnant ce site web ; incidemment, excuses acceptées), ce qui aurait pu être vérifié simplement en jetant un œil aux rapports bancaires, ici le Rapport Trimestriel ‘Regulatory Capital’ (RC-R), qui établit explicitement que la position de JPM sur les produits dérivés de gré à gré sur les matières premières a explosé pour atteindre 4.000 milliards de $.

Pour ceux trop feignants pour vérifier avant de tweeter, voilà le chiffre des produits dérivés de gré à gré de JPM avant, au 31 décembre 2014 :

Voilà les chiffres de JPM après, au 31 mars 2015 :

Qui plus est, en attendant la réponse de l’OCC à notre requête (on ne se fait pas d’illusions), personne n’a contesté notre affirmation (parce qu’elle est purement factuelle) qu’au premier trimestre 2015, l’OCC a décidé d’exclure l’or en tant que catégorie de matière première séparée (voir tableaux ci-dessus [dans le premier, le troisième paragraphe compte trois lignes de « Gold Contracts, » soit les contrats sur l’or ; ces lignes n’existent plus dans le second et ont été fusionnées dans les lignes 4 à 6, « Foreign Exchange Rate and Gold, » Or et Taux de Change de Devises]) pour l’amalgamer avec le Change de Devises pour une raison inconnue. Il semblerait qu’après tout, l’or soit bien une monnaie…

Pour résumer : comme nous l’avons dévoilé en premier (et nous serions ravis si d’autres soi-disant experts financiers faisaient autant d’efforts pour analyser les données fournies qu’ils en font pour vainement essayer de prouver que nous avons tort), JPM a bien pris une position de monopole sur le marché des matières premières de gré à gré, avec ses 4.000 milliards de $ dans les « Autres » produits dérivés de matières premières qui comptent pour 96% du total cumulé. On ne s’attend pas à ce que quiconque pose la question à Jamie Dimon lors des résultats trimestriels car c’est l’une de ces question à laquelle on ne veut pas avoir de réponse si l’on souhaite être réinvité le trimestre suivant.

Cependant, une question reste en suspens : qu’en est-il de Citigroup – non, pas JPM – avec la catégorie des Métaux Précieux ?

Voilà le graphique montrant la position de Citigroup sur les Métaux Précieux (principalement l’argent métal maintenant que l’or est mis dans le même lot que le change de devises), ces quatre dernières années. On notera l’augmentation de 1.260% [mille deux cent soixante %] sur les produits dérivés de métaux précieux au cours du dernier trimestre, d’à peine 3,9  milliards de $ à 53 milliards de $ !

Pour ceux d’une nature méfiante, la preuve existe dans les rapports de Citigroup lui-même,, que l’on peut trouver ici au 31 mars 2015, et là au 31 décembre 2014.

Une autre manière de montrer ce que Citi a fait avec la catégorie « Métaux Précieux » est le graphique suivant qui montre sa position en pourcentage du total cumulé.

Grimpant de 17,4% à plus de 70%, il n’y a qu’un mot pour décrire ce que Citigroup a fait au marché des produits dérivés de métaux précieux ex or (c.-à-d., presque exclusivement l’argent métal).

Monopole.

La question est alors : que fait Citi avec sa position en forte augmentation sur les métaux précieux (ex or), et pourquoi ce changement si fulgurant prend-il place précisément au moment où non seulement JPM monopolise l’intégralité de la catégorie « Autre » du marché des produits dérivés de matières premières sous la forme d’un incroyable notionnel cumulé de 4.000 milliards de $, mais en plus au cours du trimestre suivant, Citigroup lui-même a rédigé le premier jet du chapitre sur les swaps dans la loi Omnibus [obligeant les épargnants à « participer » de leur poche en cas de nouvelle crise financière.].

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Aussi : comment se fait-il qu’il soit légal pour JPM de prendre une position correspondant à 96% de tous les produits dérivés de matières premières [sur les maturités inférieures à 1 an] et pour Citigroup de prendre une position correspondant à 70% de tous les produits dérivés de métaux précieux [là encore, sur les maturités inférieures à 1 an] ? Même d’après des standards permissifs cela est illégal, mais ce qui rend la farce encore plus absurde et que tout ceci arrive dans des entités assurées par le FDIC !

La question finale, qui, nous en sommes absolument certains, restera sans réponse, est de savoir si oui ou non ces pics ont quelque chose à voir avec les récents mouvements des prix des métaux précieux, ou plutôt l’absence total de mouvement, alors même que l’Europe est sur le point de voir la première sortie de l’Eurozone par l’un de ses membres, et que le marché boursier chinois subit son pire krach depuis 2008. Oh, et on oubliait presque : avec JPM et Citi tous deux détenant plus de 50 % du marché des produits dérivés dans deux catégories fondamentales, qui est la contrepartie ?!

Nous avons soumis des questions à l’OCC concernant les mouvements sur les dérivés et de JPM sur les « matières premières » et de Citi sur les « métaux précieux, » tous deux bondissant de plus de 1.000% au dernier trimestre. Nous tiendrons informés nos lecteurs dès que nous recevrons plus d’informations, ce qui n’arrivera pas.

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