De la démocratie à la dictature…sans un coup de feu – Jan Kozak

Jan Kozak – Not a Shot is Fired

Jan Kozak, membre du Secrétariat du Parti Communiste en Tchécoslovaquie raconte comment son parti a réussi à prendre le pouvoir sans un coup de feu, à l’insu du peuple.

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Tout d’abord, le pouvoir législatif, à tous les échelons gouvernementaux – local, national, et étatique – est manipulé par une pression « d’en haut » ; ensuite, le pouvoir du peuple est manipulé par une pression « d’en bas. » Dans le même temps, on promeut une « large popularisation des demandes et des slogans de la politique des communistes, » servant « de moyen à l’éducation révolutionnaire des masses populaires. » (p. 19) Graduellement, et sous l’action législative conjointe, les entreprises, l’industrie, l’agriculture, la finance, les professions libérales, et même les conditions de vie, tombent sous la coupe de l’État. (p. 20)

Ainsi, par « une voie démocratique et constitutionnelle, » la branche législative est reconstituée « en un instrument pour la transformation de l’état entier et de son appareil…[et la] transformation révolutionnaire d’une société capitaliste en une société socialiste…[se poursuit] de manière absolument légale. » (p. 33-34)

En tant qu’institution, le législatif « ne peut pas disparaître de la vie courante, » alors la technique le concernant est accommodante : « Il est donc nécessaire de travailler avec et de l’utiliser… » (p. 35)

Le mécanisme en équilibre délicat de l’autogestion est employé, intelligemment et avec grand soin, afin de détruire son caractère et lui-même. Et aucune action n’a besoin d’être identifiée comme étant inspirée par les communistes.

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Voici la méthode par laquelle un gouvernement démocratique, par représentation, est métamorphosé en un état socialiste par des moyens légaux et démocratiques. Les étapes sont graduelles, obscures, et passent inaperçues.

Comment la technique fonctionne-t-elle ?

Pour répondre à un besoin, une « législation » est suggérée, n’impliquant aucune autorité, explicite ou implicite. Elle met en place une « agence. » Celle-ci, une fois établie, suit le comportement normal d’une agence. Le besoin est alors défini plus précisément. Une once d’autorité est requise. Les pressions sont organisées, réelles et artificielles, d’ « en haut » comme d’ « en bas. » L’autorité requise est votée, et les pressions se dissipent. Au bout d’un moment, une autorité plus forte est suggérée, et de nouvelles pressions apparaissent. Mais au bon moment l’autorité est là ; un nouvel instrument de l’exercice du pouvoir est né, autonome. Cet instrument peut être local, régional, ou national. La clé est le mot autorité. Au début, ce mot est rarement employé.

La forme du gouvernement est une coquille vide. Sa philosophie et son contenu ont disparu. La personne, l’individu, qui une année est libre et indépendant, est plus limité l’année suivante. Puis un peu plus, puis un peu plus. Tout d’un coup, du jour au lendemain, il n’est plus une personne. Il est un rouage, actionné inexorablement par l’appareil monolithique d’état.

Et pas un coup de feu n’a été tiré.

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